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Une école primaire de Saskatoon, en Saskatchewan, l’école Chief Whitecap, a complètement revu sa journée annuelle d’athlétisme afin de la rendre plus inclusive et moins centrée sur la performance. L’initiative vise à encourager tous les élèves à participer, y compris ceux qui ne se reconnaissent pas dans les sports compétitifs traditionnels.
Dans cette école, la formule classique des courses et des sauts obligatoires a été remplacée par un système plus flexible, où les élèves choisissent leurs activités à l’aide de cartes de bingo à compléter.
Ils peuvent, par exemple, courir le 100 mètres pour le plaisir contre un camarade ou être chronométrés par un enseignant s’ils souhaitent se mesurer à des standards plus compétitifs.
Le vice-principal, Lynden Proctor explique que l’objectif est de rendre la journée plus positive pour tous les élèves.
Comment pouvons-nous servir les élèves qui se reconnaissent dans cette journée, tout en créant une journée excitante et joyeuse pour ceux qui ne se voient pas comme des athlètes?, a-t-il indiqué.
Selon lui, certaines activités, comme les arts du cirque ou des jeux de mouvement permettent aussi de développer l’intérêt pour l’activité physique.
Repenser l’éducation physique et ses effets sur les élèves
Pour des chercheuses en éducation, le modèle traditionnel des journées d’athlétisme peut avoir des effets négatifs sur certains enfants.
Sara Schroeter, professeure à l’Université de Regina, souligne que ces événements exposent constamment les élèves au regard des autres, ce qui peut générer gêne ou anxiété.
Dans l’éducation physique, chaque élève est exposé… alors que, dans d’autres matières, ils travaillent surtout à leur pupitre, explique-t-elle.
Avec Alexandra Stoddart, elle a étudié les impacts de ces journées et constate que la comparaison directe entre élèves peut aussi entraîner des sentiments de honte chez ceux qui terminent derniers.

Un étudiant se dépasse lors de l'épreuve de saut en longueur.
Photo : Soumise par Lynden Proctor
Inclusion et diversité de genre au cœur des réflexions
Les chercheuses estiment également que la structure compétitive des journées d’athlétisme peut exclure certains élèves issus de la diversité de genre.
Comme les compétitions régionales sont souvent divisées par genre, les écoles reproduisent cette logique dans leurs propres événements, ce qui peut poser problème.
Au niveau supérieur, c’est très binaire, et il faut réfléchir à des alternatives où le genre n’est pas un critère, souligne Alexandra Stoddart.
Le parent Kris Dueck, à Regina, témoigne des impacts possibles sur les jeunes non binaires. Son enfant, passionné de course de fond, a perdu son intérêt pour le sport après une année de compétition scolaire.
C’était difficile de voir leur passion disparaître parce qu’ils ne se sentaient pas inclus , raconte-t-il.
Vers une culture du mouvement plutôt que de la performance
Pour les chercheuses, la clé du changement réside dans la consultation des élèves et dans la diversification des activités proposées.
Elles suggèrent des jeux plus ludiques et créatifs, comme des courses thématiques ou des activités inspirées du jeu, afin de susciter l’envie de bouger.
Le vice-principal Lynden Proctor, insiste sur cette vision à long terme.
L’objectif ultime est de développer un amour du mouvement pour la vie et de montrer qu’il existe plusieurs façons d’y parvenir , affirme-t-il.
Avec les informations de Maeve Ellis


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