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DECRYPTAGE - Vainqueurs des Lions de l’Atlas en 2022 au Qatar, les Bleus n’auront pas droit à l’erreur ce jeudi en quarts de finale, à Boston.
Quatre années dans le football résonnent parfois comme une éternité. Les matchs s’enchaînent, les saisons défilent et les souvenirs s’empilent. Il n’y a qu’à voir l’allure de l’équipe de France contre le Maroc en demi-finale du Mondial 2022 au Qatar pour se rendre compte que le temps passe. Vite. Très vite. Hugo Lloris, Raphaël Varane, Antoine Griezmann, Olivier Giroud étaient titulaires pour la victoire des Bleus contre les Lions de l’Atlas (2-0, but de T. Hernandez et Kolo Muani)… Des sommités du football français, aujourd’hui retirées du monde international, qui seront devant leur télévision ce jeudi (22 heures, M6, beIN Sports) pour supporter la sélection de Didier Deschamps. Avec un rêve en bandoulière : que la quête tricolore se poursuive. Plus que trois matchs. Trois rendez-vous pour laisser une trace de plus dans la légende. Et embarquer tout un pays dans la liesse.
Retrouvailles face à un Maroc revenchard
Les retrouvailles entre Français et Marocains, aux liens qui convoquent l’histoire et dépassent largement le cadre du football, font saliver et s’avancent comme la plus belle affiche des quarts de finale de cette édition 2026. De la demi-finale 2022 à Doha, que personne n’a oublié, ils ne sont plus que sept à l’avoir débuté (Koundé, Dembélé, Mbappé et Ounahi, Mazraoui, Hakimi, Bounou). Forcément, les regards seront tournés vers les duels entre les deux meilleurs amis du monde, Kylian Mbappé et Achraf Hakimi, qui avaient profité de leurs retrouvailles il y a quatre ans pour préparer leurs vacances à venir. Manière de s’aérer l’esprit pour mieux se faire mal.
Après la (vraie) bataille du huitième de finale contre le Paraguay (1-0), à ranger dans la catégorie combat de rue, l’équipe de France espère être arbitrée décemment à ce niveau de la compétition. La Fifa, joueuse et jamais la dernière pour se faire remarquer après s’être couchée devant les volontés de Donald Trump, a donné les clés de la rencontre à un arbitre… argentin, M. Facundo Tello. Une manière de ne pas faire de jaloux avec le sifflet français François Letexier, qui a officié lors du très mouvementé Argentine-Égypte (3-2) mardi, et subi les tombereaux d’insultes de la nation africaine, mécontente de ses décisions. Les Bleus, forts d’une maîtrise et d’un sang-froid à toute épreuve dans la fournaise de Philadelphie, ne veulent pas « faire de paranoïa ». Ils ont raison, ce serait une erreur. Et la grandeur du rendez-vous réclame autre chose.
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Entre deux équipes invaincues cet été, le football doit reprendre sa place et offrir le spectacle que tout le monde attend. Du jeu, des intentions, des duels, de l’agressivité et pourquoi pas un peu de folie entre deux pays qui se connaissent par cœur. Si l’on met de côté la finale de la Coupe d’Afrique des nations face au Sénégal (1-0), dont l’issue se jouera devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), les Lions de l’Atlas se présentent invaincus… depuis le 30 janvier 2024. Signe d’une sélection remarquable de régularité, en dépit du changement de sélectionneur avec l’intronisation de Mohamed Ouahbi (champion du monde U20) en mars dernier à la place du très controversé Walid Regragui. En tenant tête au Brésil (1-1), puis en sortant les Pays-Bas (1-1, 3-2 tab) en 16e de finale, les Marocains ont prouvé leur capacité de résistance et validé leur place dans le gratin mondial. Réussir une fois une prouesse est louable. La reproduire et être présent à ce niveau sur deux coupes du monde légitiment un statut et une vraie ambition.
Les Bleus sont prévenus et le savent mieux que personne. Les Marocains sont les adversaires les plus redoutables qui se présentent sur leur route au Gillette Stadium, enceinte déjà foulée contre l’équipe B de Norvège (3-1) en phase de poules. Pas d’orages en vue ou d’interruptions à rallonge, un grand soleil est attendu. En dehors d’un Aurélien Tchouaméni aux adducteurs qui sifflent, Didier Deschamps peut compter sur toutes ses forces vives. Avec son attaque de feu (14 buts, pas mieux en 2026), sa défense de fer (2 buts encaissés, 3e meilleure du tournoi) et une forme de déséquilibre qui sera testée en grandeur nature du côté de Foxborough. L’heure n’est pas à penser à d’éventuelles retrouvailles avec l’Espagne - qui défie la Belgique vendredi - mais à passer l’obstacle marocain. Jusqu’à maintenant, l’équipe de France a respecté le jeu. En tentant d’en offrir. Ce n’est pas le lieu, ni le moment de changer les bonnes habitudes. L’été ne fait que commencer. Place aux vrais frissons.


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