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Le musicien Ashley MacIsaac, lauréat d'un prix Juno, a mis fin à sa poursuite civile contre Google, qu’il accusait de diffamation pour l'avoir faussement identifié comme un délinquant sexuel dans un résumé généré par intelligence artificielle (IA). Une professeure de droit soupçonne le géant du Web d’avoir conclu une entente pour éviter un procès qui aurait soulevé des questions juridiques importantes concernant les résultats de l'IA, la responsabilité et la diffamation.
Le 29 juillet dernier, l’avocat de M. MacIsaac, Gabriel Latner, a déposé un avis de désistement auprès de la Cour supérieure de justice de l'Ontario pour mettre fin à la poursuite pour diffamation.
L’artiste de 51 ans originaire du Cap-Breton avait porté plainte en février dernier, après avoir découvert que l'outil d'IA de Google affirmait à tort qu'il était reconnu coupable d'une série d'infractions, notamment d'agression sexuelle, d'incitation de mineurs sur Internet et de tentative d'agression sur un mineur, et qu'il était inscrit au registre national des délinquants sexuels pour plus de 20 ans.
Dans sa plainte, l’artiste souligne que la diffusion des ces erreurs, communément appelées hallucinations de l'IA, a mené à l'annulation de plusieurs concerts et lui a causé une peur tangible à l'idée de remonter sur scène.
Le musicien, qui réclamait 1,5 million $ en dommages et intérêts à Google LLC, n'a pas souhaité commenter l'abandon de la poursuite. Son avocat a indiqué par courriel qu'il s'abstiendrait également.
Il a été impossible de joindre un porte-parole de Google pour obtenir un commentaire, que ce soit au moment où la plainte a été déposée ou lorsqu'elle a été retirée.
Ce silence laisse penser qu'une d'entente a pu être conclue entre les deux parties, selon la professeure de droit à l'Université du Nouveau-Brunswick, Hilary Young.
On n'aura pas l'occasion de savoir ce qu’on aurait voulu à ce sujet, mais j'imagine qu’on lui a donné de l'argent pour compenser les torts que ça lui a causés, soupçonne-t-elle.
Une occasion manquée de responsabiliser le géant du Web?
Plusieurs experts juridiques ont affirmé que cette affaire n'est qu'un exemple illustrant la multiplication prévisible des hallucinations de l'IA. Ce qui est évident, c'est que ce problème va continuer et qu'on va voir d'autres situations semblables, soutient encore Hilary Young.
Selon la professeure, l’abandon de cette poursuite représente une occasion manquée d’établir un cadre législatif clair sur la responsabilité des grandes entreprises.
Je pense que Google craint qu'une cour décide peut-être qu'en effet, ils ont une responsabilité. Mais, pour le moment, ce n'est pas clair, a-t-elle répété.
Dans sa plainte, Ashley MacIsaac reprochait notamment à Google de n'avoir jamais reconnu sa responsabilité ni présenté d'excuses publiquement.
Je ne dis pas que le fait que M. MacIsaac a retiré sa plainte, ça veut dire qu'il a perdu. C’est probablement qu'il a gagné d'une façon ou d'une autre.
Hilary Young presse les gouvernements d'agir, ajoutant que les hallucinations de l'IA peuvent causer des dommages moraux graves aux individus.
Le litige, ça, c'est dur, ça coûte beaucoup d'argent. C'est à éviter si possible, si on est satisfait d'une résolution, a-t-elle affirmé.


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