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Quand on leur demande où ils se trouvaient il y a 25 ans, bien des jeunes du Manitoba rappellent qu’ils n’étaient pas encore nés le 11 septembre 2001. C’est plutôt par le récit familial, les bancs d'école et les réseaux sociaux qu'ils ont pris la mesure de ces attentats survenus aux États-Unis.
Alice Allain et Julien Ferrer étudient tous les deux à l’Université de Saint-Boniface. Interrogés sur leurs souvenirs de cette journée tragique, ils répondent d'une même voix spontanée : On n'était même pas encore nés.
C’est dans le cercle familial que Julien Ferrer a compris l'ampleur des événements de New York. C'est vraiment un événement qui a marqué les gens autour de moi. Tous ceux qui étaient en âge de comprendre se rappellent exactement où ils étaient quand ils ont appris la nouvelle , raconte-t-il.

Julien Ferrer n'était pas né quand les attentats du World Trade Center se sont produits.
Photo : Radio-Canada
Alice Allain se souvient elle aussi avec précision de la manière dont cette page d'histoire lui a été racontée, un récit qui a durablement teinté son regard sur le monde.

Alice Allain explique que la découverte de l'histoire du 11 septembre lui a fait prendre conscience des réalités du monde
Photo : Radio-Canada
Pour sa part, Yves Messi vient tout juste d'arriver au Manitoba pour y poursuivre ses études universitaires. Il y a 25 ans, c’est à la télévision qu’il a vu ce qui se passait avec les tours jumelles du World Trade Center. Je pense que j’étais au primaire… Je devais avoir entre 8 et 9 ans. C’est quelque chose de très marquant. J'ai compris qu'il y avait des choses magnifiques dans ce monde, mais aussi des événements très tristes qui pouvaient arriver , se souvient-il.

Yves Messi se rappelle la psychose que les attentats ont suscitée dans son pays d’origine, le Cameroun. Car, explique-t-il, les États-Unis sont perçus comme une grande puissance.
Photo : Radio-Canada
Je ne leur enseigne donc pas les événements
Plutôt que d'insister sur la charge émotive de cette journée, certains enseignants privilégient l'analyse de ses répercussions géopolitiques à long terme. C’est le cas du professeur de science politique à l’Université du Manitoba, Bryan Peeler. Selon lui, il n'est plus nécessaire de convaincre les jeunes de la portée du 11 septembre.
Ils [les étudiants] vivent tous dans le monde façonné par ces attentats. Je ne leur enseigne donc pas les événements de cette journée en tant que tels ; je leur explique pourquoi le monde dans lequel ils vivent est ce qu'il est : les contrôles de sécurité qu'ils jugent normaux, la surveillance, ou encore la manière dont la guerre contre le terrorisme a influencé les budgets militaires de différents pays.

Taïb Soufi est le directeur de l'Académie islamique du Manitoba. Selon lui, le 11 septembre est « un crime horrible ».
Photo : Radio-Canada / Joseph Hervé Ahissou
De son côté, le directeur de l’Académie islamique du Manitoba rappelle qu'aucune justification ne saurait excuser les attaques du 11 septembre. Le Dr Taïb Soufi insiste sur la responsabilité morale qui incombe aux éducateurs et aux médias au service de la paix et de la justice.
Et est-ce qu’il y a une excuse au mal? Il n’y a aucune excuse au mal. [...] Il faudrait que les éducateurs soient vraiment, vraiment conscients de leur vocation et il faut que les médias considèrent leur message aussi comme une vocation : vocation d’amour, vocation de paix et de justice.
Julien Ferrer évoque d'ailleurs un séjour à New York comme une expérience particulièrement marquante. Alice Allain espère elle aussi faire ce voyage mémoriel dans la métropole américaine, là où près de 3000 personnes ont été tuées.
Ça me tient vraiment à cœur d'aller aux États-Unis pour aller voir, confie-t-elle.


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