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CHRONIQUE - Une semaine sur deux, le spécialiste de rhétorique politique analyse les mots et les concepts qui peuplent le débat public. Aujourd’hui, il se penche sur la façon dont Téhéran a gagné la bataille du récit en installant l’idée qu’Israël et les États-Unis auraient « violé le droit international ».
Loin de substituer, comme le veut un cliché paresseux, le « langage des armes » à celui des mots, la guerre fait le plus grand usage du verbe. Le discours change juste de nature et de registre : il devient « martial », c’est-à-dire assertif et performatif, puisqu’il faut mobiliser les armées et les peuples. Les plus grands chefs de guerre, de César à Churchill en passant par Napoléon, y ont excellé : leurs discours sont aussi célèbres que leurs victoires. Et la compagne de Mars est depuis toujours Dame Propagande, rebaptisée aujourd’hui « guerre informationnelle » ou « contrôle du récit ».
Mais, en cas de conflit asymétrique, comme celui qui se déroule aujourd’hui au Moyen-Orient, cette guerre des mots devient vraiment vitale pour la partie la plus faible. C’est ce qu’a parfaitement compris le régime des mollahs : écrasé militairement (quoi qu’on en dise), il lui faut rétablir un équilibre « politique » global en emportant la confrontation des discours…


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