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Les agents de la faune ont eu une mauvaise surprise lors de leur intervention sur une chasse au caribou de la communauté de Matimekush-Lac John. Les Innus avaient été avertis de leur arrivée, ajoutant de l’incertitude à l’opération et compromettant sa réussite, selon le syndicat qui les représente.
Les personnes déployées sur le terrain se sont rapidement rendu compte que quelque chose clochait, indique Martin Perreault, président du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec.
Ce n’était pas les centaines de carcasses de caribous gisant dans la neige issus d’une chasse communautaire des membres de Matimekush-Lac John et de Uashat mak Mani-utenam. Le tracas venait plutôt du fait que les chasseurs les invitaient à parler avec leurs autorités, ce qui sous-entendait qu’il y avait eu des communications entre le ministère et leur communauté innue, affirme Martin Perreault.
Le Syndicat précise que cette intuition a été confirmée par la suite lors d’une séance de breffage après l’intervention.

Pako Vachon, chef de Matimekush-Lac John, discutant avec un agent de la protection de la faune en février. (Photo d'archives)
Photo : Facebook / Honny Ambroise
Le représentant syndical s'offusque que le ministère ait averti les chasseurs de l’arrivée de ses membres sur le terrain. Mais ce qu’il dénonce vraiment, c’est que les intervenants n’aient pas été mis au fait de cette communication.
Sur le coup, les agents de la faune ont navigué dans le brouillard. Qu'est-ce qui s’est dit entre le ministère et les communautés? demande M. Perreault.
Sans information, les agents n’avaient aucun moyen de savoir si une entente avait été conclue entre le gouvernement et les Innus, raconte Martin Perreault. Avaient-ils le droit de prélever des échantillons, d’identifier les individus? L’étendue de leur mandat est soudainement devenue incertaine.
Pour l’instant, le ministère ne reconnaît pas les allégations du Syndicat. Il précise ne pas avoir communiqué les détails de l’opération. Peut-être, répond M. Perreault, mais ça n’empêche pas le gouvernement d’avoir prévenu les chasseurs de l’arrivée des agents, selon lui.
Compte tenu du manque de clarté entourant l’intervention, les agents déployés ont renoncé à identifier les chasseurs rencontrés sur place. Ceux-ci étaient une trentaine, beaucoup plus que la douzaine que les inspecteurs s’attendaient à trouver.

Martin Perreault est président du Syndicat des agents de protection de la faune du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Courtoisie/Martin Perreault
Une bonne collaboration et une enquête
Martin Perreault souligne tout de même que, malgré des échanges tendus, la collaboration des Innus était bonne sur tout. Les agents ont ainsi pu prendre quelques échantillons d’ADN afin de vérifier à quelle sous-espèce appartenaient les spécimens abattus.
Ces prélèvements serviront vraisemblablement à une enquête en cours, confirmée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MLCCFP).
Aucun commentaire ne sera émis afin de ne pas nuire au processus en cours, indique dans une réponse écrite une conseillère en communication du ministère.
Le gouvernement précise que ces démarches peuvent être très longues : le ministère a trois ans moins un jour à partir de la date de l’événement pour signifier un constat d’infraction au défendeur.
Avec les informations de Bis Petitpas et Bénédicte Filippi


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