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CHRONIQUE - Le sociologue Yannick Barthe conduit avec brio une analyse exhaustive des interprétations qui ont été faites des causes de la mort de dix soldats à Uzbin, en Afghanistan. Critiquée, y compris devant la justice, l’armée a dénoncé les dérives du « risque zéro ».
Le 18 août 2008 au matin, une mission de reconnaissance d’une centaine de soldats est envoyée dans la vallée d’Uzbin, à 50 km au nord-est de Kaboul. Atteignant un flanc de montagne trop escarpé pour le passage des véhicules, le chef de section décide de poursuivre à pied, avec une trentaine d’hommes. Après une heure de marche vers un col situé à 2 000 mètres d’altitude, la patrouille est violemment prise à partie par un groupe de talibans. Les combats durent jusqu’au lendemain matin, et les combattants du 8e RPIMa prennent finalement possession du col.
Mais à quel prix ! Dix soldats sont tués, et vingt et un blessés. L’événement bouleverse la France dans l’été finissant. C’est la première fois depuis longtemps que l’armée essuie de telles pertes. On a oublié les neuf soldats tués lors d’une attaque contre le camp de Bouaké, en Côte d’Ivoire, quatre ans plus tôt, ou l’attentat du Drakkar, à Beyrouth, en 1983, qui tua cinquante-huit parachutistes. Ces deux précédents ont eu lieu dans…


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