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Charleroi a une ligne de métro achevée en 1986 : en près de quarante ans, ses quatre stations n’ont jamais accueilli un seul voyageur

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Neuville, Chet, Pensée, Centenaire : quatre stations dorment depuis 1986 sur la branche de Châtelet du métro léger de Charleroi. Elles sont achevées, équipées, reliées au réseau. Pourtant, aucune rame n’y a jamais pris de voyageurs.

Zéro voyageur en près de quarante ans.

À retenir

  • Quatre stations de la branche de Châtelet sont achevées depuis 1986 sans avoir jamais accueilli de voyageurs.
  • Le chantier a repris en juin 2021 grâce à 60 millions d’euros du plan de relance européen.
  • La facture finale atteint 108 millions d’euros pour la future ligne M5 de 5,5 km.
  • La mise en service pour les voyageurs est annoncée pour août 2027, après deux reports.

Sommaire

  1. Un réseau rêvé dans les années 1960, interrompu en cours de route
  2. Fantôme, mais pas tout à fait éteint
  3. Juin 2021 : le chantier cesse d’être une hypothèse
  4. Août 2027, une date qui a déjà glissé deux fois

Un réseau rêvé dans les années 1960, interrompu en cours de route

Le plan initial, dessiné dans les années 1960, voyait grand : 52 km de réseau, 8 branches radiales parties d’une boucle centrale, 69 stations. Cela donne un arrêt tous les 750 mètres environ, une densité de vrai métro pour une agglomération wallonne. Le projet devait aussi servir de vitrine à l’exportation, selon l’historique du réseau publié sur Wikipédia. La branche de Châtelet en faisait partie, avec environ 4 km partiellement construits.

Les travaux ont été menés à terme jusqu’à Centenaire en 1986, puis le chantier s’est arrêté. Quatre stations étaient terminées. Deux autres, plus loin sur le tracé, n’ont connu que le gros œuvre. Le reste de la branche n’a jamais été construit.

Une ligne inutilisée n’est pas pour autant une ligne protégée. Les quatre stations ont été vandalisées au fil des années, entretenues au strict minimum, et le bâtiment de Centenaire a fini par être démoli dans les années 2010.

Fantôme, mais pas tout à fait éteint

Le tronçon n’a pas été totalement abandonné. La voie jusqu’à Chet, devenue la station Yernaux, a servi à la formation des conducteurs du réseau. En mars 2017, quelques visites guidées « métro fantôme » ont aussi permis à des curieux d’arpenter ces quais vides, sans que cela fasse d’eux des usagers.

Chet abrite en outre un poste haute tension qui alimente le réseau. Des agents du TEC y reviennent pour l’entretien des blocs électriques, comme à Centenaire, où des pompes évacuent l’eau de la section souterraine, d’après l’exploration documentée par le site Tchorski.

Juin 2021 : le chantier cesse d’être une hypothèse

Le 23 juin 2021, tout bascule.

Ce jour-là, 60 millions d’euros sont confirmés pour remettre en état la section Waterloo-Pensée et prolonger la ligne jusqu’aux Viviers, où se dresse le Grand Hôpital de Charleroi. La somme vient du plan de relance européen, validé après la crise du Covid-19. Le permis de bâtir est délivré en janvier 2023. Le chantier s’est ensuite déroulé à rythme soutenu pendant 3 ans, d’après La DH.

Le résultat porte un nom : M5. Cette ligne de 5,5 km compte 16 arrêts, dont 8 à construire ou à reconstruire. Elle remet à niveau les quatre stations de 1986, finit les deux restées au stade du gros œuvre, et en crée deux nouvelles, Corbeau et Les Viviers. Selon Laurent Blanchart, directeur de LETEC Charleroi, il ne faudra que 20 minutes pour relier les Viviers à la gare centrale.

La facture finale s’élève à 108 millions d’euros, dont 60 millions d’origine européenne. Ramené au kilomètre, cela fait près de 20 millions d’euros pour chacun des 5,5 km, mais le calcul englobe les stations neuves, les équipements et le matériel roulant. Un hôpital, un grand centre commercial et plusieurs quartiers de l’Est de la ville se retrouveraient connectés à la boucle centrale et aux 4 autres lignes.

Les 34 motrices rénovées sortent des ateliers d’Alstom au rythme d’une par mois.

Août 2027, une date qui a déjà glissé deux fois

Le 16 septembre 2026, Laurent Blanchart a annoncé que la ligne serait lancée pour les voyageurs en août 2027. La date a déjà reculé deux fois, de fin 2026 à avril 2027, puis à l’été. Officiellement, le dernier report tient au recrutement et à la formation de nouveaux conducteurs, selon la lettre spécialisée Mobilithib.

Le calendrier prévoit désormais une phase de tests, puis une marche à blanc d’un mois en juillet 2027, comme l’indique le communiqué du TEC. Environ 300 collaborateurs doivent être formés à cette ligne. Restent aussi les abords des stations, les réglages de signalisation, les escalators, les ascenseurs, les détecteurs d’incendie et l’éclairage.

Les 4 stations de 1986 sont aujourd’hui réaménagées, et la station souterraine de Centenaire doit accueillir une œuvre intitulée « Un monde parallèle », signée Thierry Van Hasselt et Marcel Schmitz. Elle ne devrait donc pas rester vide longtemps après l’ouverture, si le calendrier d’août 2027 est tenu.

Sources : mobilithib.substack.com | mapa-metro.com | fr.wikipedia.org

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