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Changement de stratégie pour la traverse Rimouski–Forestville

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La Corporation de liaison maritime Rimouski-Forestville, dirigée par les maires des deux villes, n'est plus impliquée dans le projet de retour d'une traverse entre les deux rives. Une décision qui ajoute une couche de confusion dans un dossier déjà complexe.

Cet OBNL créé en 2023 devait faciliter l'octroi de subventions gouvernementales qui auraient ensuite pu transiter vers un gestionnaire privé. C'était du moins l'intention de départ lorsque la SOPER (aujourd'hui dissoute) a créé cette corporation, il y a trois ans.

Mais depuis que le promoteur Louis-Olivier Carré, des Industries RILEC, a annoncé être en processus d'achat d'un navire, la Corporation a décidé de se tenir à l'écart.

Bref, comme le dit l'expression consacrée : le promoteur mène désormais sa barque seul.

C'est maintenant un promoteur privé qui présente son dossier lui-même, confirme la présidente de la Corporation et mairesse de Forestville, Micheline Anctil.

Un bateau.

Le bateau ciblé par les Industries Rilec afin de relancer la traverse Rimouski–Forestville. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté des Industries Rilec

Cette décision a été communiquée récemment au gouvernement du Québec, qui était toujours en attente d'un plan d'affaires de la part de la Corporation pour faire cheminer le dossier.

En janvier dernier, il y a donc à peine trois mois, l'organisme paramunicipal avait déposé un document incomplet et nébuleux auprès du ministre responsable de la Stratégie maritime, réclamant une motion pour inscrire la relance du service dans les orientations gouvernementales. La missive promettait aussi l'expédition d'un cadre financier au cours des prochaines semaines, ce qui n'a pas été fait. La demande de motion demeure pour sa part en suspens.

À Québec, ce changement de cap récent nécessite un ajustement, mais ne remet pas en question une éventuelle aide financière, a mentionné la ministre responsable du Bas-St-Laurent, Amélie Dionne.

Le fait que la Corporation ne soit pas à la tête du projet n’est pas un obstacle, puisque le promoteur privé, en tant qu’entreprise, peut bénéficier de différents leviers économiques, notamment par l’entremise d’Investissement Québec

Une femme qui parle.

La ministre du Tourisme et responsable du Bas-Saint-Laurent, Amélie Dionne (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Aux dernières nouvelles, le promoteur demandait une aide de 9 millions de dollars au gouvernement du Québec. Il pourrait être nécessaire que le conseil des ministres vote un décret pour débloquer la somme.

Ce pas de recul de la Corporation permettra aux villes de Rimouski et Forestville de baliser l'aide financière qu'elles accorderont au promoteur. Les risques ne sont plus sur les épaules de la Corporation, donc des contribuables des deux villes, mais sur le promoteur lui-même. On arrive à un modèle qui va ressembler à celui du CNM Évolution, confirme le maire de Rimouski, Guy Caron.

Une loi spéciale qui va attendre...

Rien pour alléger le dossier, l'aide financière promise par la Ville de Rimouski pour relancer le service est actuellement illégale.

Il faudra que l'Assemblée nationale vote une loi spéciale – appelée dans le jargon un bill privé – pour permettre à la Ville d'accorder une aide financière à une entreprise privée.

Les élus de Rimouski ont accepté de verser une somme de 500 000 $ pour mettre aux normes ses installations portuaires. À cela pourraient s'ajouter, selon certaines conditions, 300 000 $ annuellement pendant cinq ans pour éponger les déficits d’opération.

Deux hommes se serrent la main.

Louis-Olivier Carré et Guy Caron visent un retour de la traverse cet été.

Photo : Radio-Canada

Une loi spéciale doit être parrainée – ou marrainée – par une personne élue à l'Assemblée nationale pour qu'elle soit soumise au vote. Or, pour l'instant, la Ville de Rimouski n'a fait aucune démarche en ce sens parce que le processus d'achat du navire n'est pas encore terminé.

Louis-Olivier Carré est actuellement en Grèce pour superviser certains travaux sur le navire pour lequel il a déposé une offre d'achat. Quelques heures avant de s'envoler au pays de Poséidon, il nous mentionnait vouloir négocier un report de la date butoir pour le paiement final du navire, dernière étape avant le transfert de propriété.

Le paiement final est prévu le 24 avril, on va peut-être essayer de négocier pour avoir une date un petit peu plus loin, le temps que tous les partenaires puissent s'aligner.

Le 26 mars dernier, le promoteur donnait deux semaines au gouvernement pour s'engager financièrement, sans quoi l'achat du bateau était compromis.

La prorogation du Parlement ainsi que le remaniement ministériel prévu après l'élection du prochain chef de la CAQ ne seront pas de nature à accélérer les choses dans ce dossier.

La Corporation de liaison maritime Rimouski-Forestville, pour sa part, n'a pas été dissoute et pourrait toujours être utilisée, au besoin, selon l'évolution du dossier.

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