La société Atmos Space Cargo développe un dispositif gonflable visant la sécurisation du retour sur Terre d’expériences spatiales, de satellites en fin de vie et autres charges utiles se trouvant en orbite basse. Si le chemin reste encore long, cette structure pourrait à terme permettre de réduire la dépendance aux technologies spatiales étasuniennes. Comment fonctionne ce genre de « matelas de sauvetage spatial » ?
Un bouclier thermique capable d’amortir les chocs
Fondée en 2021, la start-up franco-allemande Atmos Space Cargo s’est spécialisée dans le développement de capsules de retour orbital réutilisables. Dans les faits, la société tente de combler un angle mort de l’industrie spatiale européenne, à savoir faire redescendre de l’espace différents objets, en toute sécurité et de manière fluide et autonome. Comme l’explique le média AeroMorning dans un article du 3 juillet 2026, la principale innovation d’Atmos Space Cargo est le décélérateur atmosphérique gonflable (IAD). Il s’agit d’une structure gonflable servant à amortir les chocs mais jouant également le rôle de bouclier thermique. Il faut dire que l’IAD en question est capable de résister à des températures supérieures à 1500°C.
Conçu en céramique souple, le dispositif reste plié durant le lancement afin de maximiser le gain de place et ne pas encombrer l’espace. Lors de la rentrée, la capsule déploie rapidement sa structure gonflable géante, grâce à de petites cartouches de diazote ainsi que des prises d’air. Outre la résistance aux températures extrêmes, le dispositif permet une récupération dite « calme » dans l’océan, à une vitesse de seulement 50 km/h.
« Notre véhicule de transfert et de retour orbital réutilisable Phoenix permet un accès régulier à l’orbite terrestre basse (LEO), des missions orbitales autonomes, une rentrée atmosphérique contrôlée et une récupération rapide de la charge utile selon des cycles de mission standardisés. Il permet ainsi aux gouvernements et à l’industrie d’opérer en orbite avec continuité, fiabilité et autonomie. », peut-on lire sur le site officiel du fabriquant.
Crédit : Atmos Space Cargo
Fonctionnement et avantages du dispositif
Habituellement, la rentrée atmosphérique nécessite de lourds et coûteux boucliers thermiques rigides, ou des parachutes conventionnels complexes. L’objectif d’Atmos Space Cargo est donc d’éliminer ce besoin, tout en promettant une efficacité dix fois superieure et donc, une réduction drastique des coûts de lancement. Par ailleurs, la conception du bouclier gonflable fait que celui-ci ne brûle pas et ne perd pas de matière dans l’atmosphère. Entièrement réutilisable, le dispositif intègre donc une dimension durable. Aussi, dans la mesure où le freinage est purement aérodynamique, le bouclier ne consomme aucun carburant durant la descente.
Dans le cadre de la mission Phoenix 1 en 2025, la société a déployé un démonstrateur dans l’espace. Cependant, la sortie orbitale dépendait de la fusée Falcon 9 de SpaceX. Ainsi, la prochaine étape majeure du projet entre la fin 2026 et début 2027, sera de le développement du démonstrateur Phoenix 2, bénéficiant de son propre système de propulsion. Les premiers vols d’essais sont prévus pour avril ou mai 2027. Plus tard, la mission Phoenix 3 impliquera le déploiement d’un IAD en version géante de 15 mètres de diamètre, capable de ramener sur Terre jusqu’à une tonne de marchandises.
A terme, Atmos Space Cargo ambitionne de devenir un fournisseur de services clé en main pour la gestion des satellites en fin de vie, le rapatriement d’expériences spatiales et autres charges utiles. Évoquons aussi le fait que la réduction de la dépendance envers les technologies étasuniennes – principalement celles de SpaceX – est l’un des piliers stratégiques et politiques majeurs de cette société, ce qui devrait intéresser certainement intéresser de nombreuses entreprises européennes. Une des preuves cette émancipation : Atmos Space Cargo a choisi d’établir ses opérations de récupération au large de Santa Maria, dans l’archipel des Açores (Portugal).


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