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GRAND RÉCIT - De Michel Foucault à Serge July, plusieurs personnalités de Saint-Germain-des-Prés ont longtemps multiplié les erreurs de jugement sur l’ayatollah iranien et les mollahs, pendant que d’autres étaient plus lucides.
Dès les semaines qui suivent le retour triomphal de l’ayatollah Khomeyni à Téhéran (1er février 1979), les violences, exécutions sommaires et mises à mort commencent. Contre des informateurs de l’ex-police secrète du Chah, des généraux, des ministres et des personnalités du régime déchu, d’abord. La journaliste Claire Brière, présente à Téhéran à partir du retour de Khomeyni, témoigne avoir vu des lynchages et des mutilations de cadavres d’une violence insoutenable. Puis, peu à peu, les islamistes se retournent contre tous leurs alliés d’hier, des modérés aux groupes armés d’extrême-gauche, pour les liquider. Les femmes perdent l’émancipation juridique obtenue sous les Pahlavi. Les homosexuels risquent la peine capitale. Une théocratie islamiste, obscurantiste et ultra-violente, s’abat sur l’Iran. Comment expliquer, dans ces conditions, la stupéfiante bienveillance que certains intellectuels et une large partie des médias français avaient, jusqu’alors, accordée à Khomeyni et aux mollahs?…


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