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Des plantes, des forêts, des animaux et peut-être même des humains... Le Doggerland était sans doute un petit paradis il y a à peine quelques dizaines de milliers d'années. Si ce nom ne vous dit rien, c'est normal puisque c'est un territoire qui a cessé d'exister aujourd'hui. Désormais, il s'agit d'un bras de mer reliant la Manche à la Mer du Nord et créant un espace entre les côtes britanniques et la Belgique.
Un territoire longtemps habitable et habité
Des traces ADN d'anciens arbres avaient indiqué que le territoire était alors propice au développement de la vie, il y a environ 400 000 ans, mais qu'il avait ensuite été submergé, à une date encore inconnue.
Simulations du Doggerland avant sa disparition, il y a 10 000, 9 000, 8 200 puis 7 000 ans. © Pnas, Walker et al.
Pourtant, une nouvelle étude parue dans la revue Pnas rebat les cartes. D'après ces chercheurs britanniques, non seulement le Doggerland est resté émergé bien longtemps après, mais en plus, il a pu accueillir de nombreuses espèces, et même potentiellement des humains.
Les chercheurs ont identifié des traces d'ADN ancien préservées et qui datent, pour certaines, d'il y a moins de 8 000 ans. De plus, d'autres arbres que l'on croyait éteints depuis longtemps ont aussi été retrouvés, preuve que la zone est restée tempérée bien plus longtemps que ce que l'on pensait.
Pas juste un lieu de passage
Leur étude repose sur 252 échantillons récupérés lors d'une quarantaine d'expéditions sous-marines. Certains ayant appartenu à des chênes ou des ormes étaient là plus de 2 000 ans avant les plus anciens jamais retrouvés dans l'actuelle Grande-Bretagne, ce qui signifie que lorsque le dernier âge glaciaire « ravageait » le continent, cette zone du Doggerland était un refuge pour les espèces.
L'ère glaciaire a bouleversé les humains et l'ensemble des espèces vivantes d'Europe. © draganab, iStock
Même les peuples vivant durant le Mésozoïque auraient pu profiter de ces ressources. Contrairement à ce que laissaient entendre les précédents travaux, le Doggerland n'était pas juste un lieu de passage pour des populations nomades, mais bel et bien un territoire de vie durant des millénaires.
En plus, il aurait résisté au tsunami Storegga, il y a 8 150 ans. Un phénomène majeur qui aurait contribué à faire monter le niveau des mers de vingt mètres, ce qui n'aurait tout de même pas suffi à immerger complètement cette terre.
Ainsi, la mer du Nord serait apparue un peu plus tard que prévu. Autant d'informations qui poussent à revoir toute l'histoire de l'Europe pendant le dernier âge glaciaire.


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