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Carney défend son bilan environnemental en pleine saison d’incendies de forêt

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Le premier ministre Mark Carney justifie ses reculs sur plusieurs politiques du gouvernement canadien qui visaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en prédisant que les décisions qu’il a prises attireront les investissements requis pour une diminution.

«Nous avons trop compté sur des cibles, des lois qui n’entraînaient pas les investissements qui sont nécessaires pour réduire nos émissions. Alors, nous avons changé notre point de focalisation», a-t-il dit jeudi au cours d’un point de presse à London, en Ontario.

Il répondait en anglais à une question qui lui était posée dans cette langue et dont le préambule soulignait les incendies de forêt qui sévissent dans le nord de l’Ontario.

M. Carney a détricoté plusieurs jalons du plan environnemental qui avait été mis en place par son prédécesseur, Justin Trudeau, ce qui a notamment poussé l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault à annoncer son départ de la vie politique.

Parmi les reculs, on retrouve de nouveaux assouplissements dans une mesure phare, la tarification fédérale du carbone, et ce, dans le but de favoriser un projet de pipeline visant à acheminer du pétrole de l’Alberta vers le Pacifique.

Après l’abandon de la tarification du carbone pour les consommateurs, une brèche a aussi été faite dans celle visant les industries.

Ainsi, le prix a été fixé à 130 $ la tonne d’ici 2040 plutôt que 170 $. La tarification fédérale ne s’applique pas, du moment où Ottawa accepte que le régime provincial de l’Alberta va assez loin.

M. Carney a fait écho jeudi à ce que le fédéral répète depuis mai pour se défendre de ce rétropédalage, soit que les crédits de carbone sont en fait échangés à plus bas prix sur le marché.

Ainsi, l’Alberta et le fédéral se sont mis d’accord pour établir un prix plancher de 110 $ la tonne en 2040 que le marché sera tenu de respecter, ce qu’Ottawa présente comme une «police d’assurance». Cet ajustement signifiera une forme de «compensation» pour les autres provinces, a signalé M. Carney en précisant que cela exclut le Québec puisqu’il a son marché du carbone avec la Californie.

Une analyse de l’Institut climatique du Canada suggère qu’il y aura probablement une offre excédentaire de crédits à bas prix après 2030. Selon l’organisation, les producteurs pourront facilement dépasser leurs objectifs d’émissions jusqu’à cette date et se constituer une réserve de crédits grâce à une souplesse au niveau de ce qui est appelé le «taux de resserrement», qui définit la quantité d’émissions que les industries sont autorisées à produire dans le cadre du système de tarification du carbone de l’Alberta.

Une cible difficile à atteindre

Le premier ministre a aussi sous-entendu que l’atteinte des cibles climatiques du Canada en vertu de l’accord de Paris était déjà bien difficile sans les changements qu’il a apportés.

«Je viens d’arriver avec une situation où on a des cibles importantes. On a des règles et des lois et des conflits avec les provinces et pas assez d’investissements dans les réductions de gaz à effet de serre», a dit celui qui a succédé à M. Trudeau il y a plus d’un an.

Comme il le fait à chaque fois qu’il est questionné sur l’accroissement de la production de pétrole qu’apporterait un nouveau pipeline, M. Carney a souligné que la réalisation du projet de l’Alberta est conditionnelle à celle d’une initiative de captage et de stockage de carbone connue comme étant Pathways.

M. Carney avait commencé son point de presse en exprimant son appui aux leaders communautaires et aux premiers répondants qui sont confrontés aux incendies de forêt.

Lorsque questionné sur les plaintes exprimées par plusieurs élus américains républicains quant aux répercussions, aux États-Unis, de la fumée des incendies de forêt, le premier ministre canadien a paru exaspéré en laissant échapper une onomatopée qui ressemblait à «hum».

Il a ensuite répondu que la lutte aux changements climatiques relève de la responsabilité de tous, y compris des États-Unis.

Avec Nick Murray La Presse canadienne

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