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Cette découverte a eu lieu début mars 2026, et mérite qu'on s'y intéresse. Des scientifiques de l'Oregon State University ont publié dans la revue Advanced Functional Materials les résultats d'une thérapie anticancéreuse inédite : un nanoagent à base de fer qui exploite la chimie propre aux tumeurs pour les éliminer de l'intérieur, sans dommages collatéraux sur l'organisme. Une avancée qui bouscule les approches actuelles de la thérapie chémodynamique.
Un nanomatériau qui retourne la chimie du cancer contre lui-même
Les tumeurs ont une biochimie particulière. Elles sont plus acides que les tissus normaux et concentrent davantage de peroxyde d'hydrogène. La thérapie chémodynamique (CDT) exploite précisément ces conditions pour générer des radicaux hydroxyles, des molécules d'oxygène extrêmement réactives qui attaquent les lipides, les protéines et l'ADN des cellules cancéreuses.
C'est un problème car les agents CDT existants ne produisent généralement qu'un seul type de ces molécules agressives, soit des radicaux hydroxyles, soit de l'oxygène singulet, une autre forme réactive de l'oxygène, mais rarement les deux, et leur efficacité catalytique reste souvent insuffisante pour provoquer une régression tumorale complète.
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C'est exactement ce verrou que l'équipe d'Oleh Taratula, Olena Taratula et Chao Wang a cherché à forcer. Leur alternative : un MOF fereux (metal-organic framework, ou charpente métal-organique), une structure nanométrique à base de fer capable de déclencher simultanément les deux réactions. Double attaque. Double flux de molécules oxydantes. Les cellules cancéreuses se retrouvent submergées par un stress oxydatif auquel elles ne peuvent pas résister.
Les trois mécanismes clés qui rendent ce nanoagent remarquable :
- Il s'accumule préférentiellement dans les tumeurs après administration systémique.
- Il génère à la fois des radicaux hydroxyles et de l'oxygène singulet en réponse à l'environnement acide et riche en peroxyde d'hydrogène de la tumeur.
- Il n'entraîne aucune toxicité systémique détectée dans les modèles précliniques.
Contrairement à la chimiothérapie classique (qui touche aussi les cellules saines), ce nanomatériau ne cible spécifiquement que les cellules cancéreuses et les détruit de l’intérieur. © peterschreiber.media, iStock
Régression totale chez la souris : ce que disent vraiment les données
Les résultats obtenus chez des souris porteuses de cellules de cancer du sein humain sont frappants. Après administration du nanoagent, les tumeurs ont régressé complètement. Elles ne sont pas revenues. Les animaux n'ont présenté aucun signe de toxicité.
« Nous avons observé une régression tumorale totale et une prévention à long terme de la récidive, sans aucune toxicité systémique », indique Olena Taratula. C'est précisément ce que les approches CDT précédentes n'avaient pas réussi à attester : une élimination durable, pas seulement partielle.
C'est là que ça devient impressionnant. Beaucoup de thérapies expérimentales ralentissent la croissance tumorale. Là, on parle d'éradication complète sans effets indésirables observés, ce qui change radicalement la perspective.
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Avant toute application humaine, l'équipe prévoit de tester ce nanoagent sur d'autres types de cancers, dont le cancer du pancréas, particulièrement résistant aux traitements conventionnels. Ces travaux ont bénéficié du soutien financier du National Cancer Institute et de l'Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development.
Si les essais sur d'autres modèles tumoraux confirment ces résultats, ce nanomatériau de fer pourrait ouvrir une voie thérapeutique sérieuse pour des cancers aujourd'hui très difficiles à traiter. Retenez le nom de la CDT à double réaction oxydante, vous en entendrez probablement parler bien avant la fin de la décennie.


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