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Les services municipaux de Toronto examineront si l’agrandissement proposé de l’aéroport Billy Bishop au centre-ville destiné à accueillir des avions à réaction pourrait limiter le développement futur de logements le long du front de mer.
Les restrictions de construction autour des aéroports, comme celle de Pearson, limitent la hauteur des nouveaux bâtiments, ce qui suscite des inquiétudes chez les conseillers et les résidents. Ils craignent que l’agrandissement potentiel de Billy Bishop ne compromette des projets de logements.
À l’heure actuelle, l’impact sur l’offre de logements est incertain, selon le conseiller Josh Matlow, qui a rédigé une lettre recommandant aux services municipaux de mener une étude.
Si il faut de plus petits bâtiments sur les îles, comment pourrons-nous réellement créer ces projets de logements abordables? Quelle sera l’offre de logements disponible?
Sa recommandation, adoptée mardi par le comité d’urbanisme et de logement de la Ville, a également reçu l’appui de la mairesse Olivia Chow.
S’il existe des obstacles près du front de mer qui pourraient compliquer la construction de logements, je veux le savoir, a soutenu la mairesse lors d’une conférence de presse sans lien avec le sujet.
Des conséquences pour Port Lands?
L’agrandissement de l’aéroport pourrait freiner les ambitions de construction dans le secteur de Port Lands et ses environs, d’après le conseiller Matlow.
Certains de ces bâtiments devraient atteindre 20, 30, voire 40 étages , précise-t-il. Il est fort possible que nous ne puissions pas atteindre les hauteurs et les densités prévues pour Port Lands, ce qui signifie que le nombre de logements construits sera bien moindre.
M. Matlow ajoute que l’élargissement du couloir aérien pour accueillir les avions pourrait avoir des conséquences plus importantes que la simple réduction de la hauteur des bâtiments. Il pourrait également aggraver les embouteillages, le bruit et la pollution atmosphérique dans le secteur.
Cela pourrait réduire l’attrait et la valeur marchande des nouvelles maisons en bordure du front de mer, croit Rick Green, président de la Federation of South Toronto Residents’ Associations. Dans une lettre adressée à la Ville pour appuyer l’étude, il a qualifié le plan du premier ministre de vision axée sur l’ambiance.
La province et le fédéral responsables des répercussions sur le logement?
Les conseillers municipaux de Toronto s’opposent depuis des années à la présence d’avions à réaction à l’aéroport Billy Bishop, régi par un accord tripartite entre tous les paliers de gouvernement.
En mars dernier, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé son intention de désigner l’aéroport Billy Bishop à Toronto comme une zone économique spéciale afin d’aller de l’avant rapidement avec le projet de prolongement de la piste d’atterrissage.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, accuse des élus municipaux à Toronto qui s’opposent aux jets à l’aéroport Billy Bishop d’être « étroits d’esprit ». (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
C’est pourquoi certains, comme la conseillère Paula Fletcher, doutent de l’utilité d’une étude d’impact sur l’agrandissement.
Nous n’aurions aucun rôle à jouer dans toutes ces études, car nous ne sommes pas impliqués, explique Mme Fletcher en interrogeant un député lors de la réunion.
D’autres conseillers, comme M. Matlow et Gord Perks, ont exprimé leur frustration face à l’impuissance croissante de la Ville quant à l’avenir de l’aéroport, affirmant que Doug Ford aurait dû évaluer lui-même l’impact de l’agrandissement.
Je préfère ne pas imaginer ce qui se passe dans la tête du premier ministre. Franchement, ça me donnerait des cauchemars.
M. Perks a également critiqué le rôle du gouvernement fédéral dans le dossier aéroportuaire : Doug Ford avait précédemment affirmé que le gouvernement fédéral appuyait son projet. Lors d’une conférence de presse sans lien avec le sujet, le premier ministre Mark Carney l’avait qualifié de vision intéressante.
Je pense que le gouvernement fédéral a la responsabilité, à l’heure actuelle, de prendre position et d’annoncer ses conditions , affirme M. Perks.

Le conseiller Josh Matlow a rédigé une lettre recommandant aux services municipaux de mener l’étude. Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Michael Wilson
Les décisions concernant l’avenir de l’aéroport nécessiteront l’accord de tous les signataires de l’accord tripartite, a écrit le porte-parole fédéral Hicham Ayoun dans un communiqué.
Ces décisions feront l’objet de consultations approfondies avec les principaux intervenants, les communautés touchées et les groupes autochtones, tout en tenant compte des retombées économiques, des besoins en matière de transport et des considérations environnementales, peut-on y lire.
Avec les informations de Naama Weingarten, CBC News


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