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Avec la fin de la vigilance orange canicule, peut-on enfin dire que la chaleur est derrière nous pour 2026 ?

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France 08/09/2026 06:01 Actualisé le 08/09/2026 06:57

Pour la deuxième fois depuis la création de l’indicateur en 2004, une vigilance orange canicule a été déclenchée en France lors d’un mois de septembre.

Sur une plage de Portiragnes Plage, dans l’Hérault, le 6 septembre 2026, durant une vague de chaleur.

GABRIEL BOUYS / AFP

Sur une plage de Portiragnes Plage, dans l’Hérault, le 6 septembre 2026, durant une vague de chaleur.

EN BREF En septembre 2026, la France a battu un record de chaleur avec 40,3 °C à Lavaur, marquant un épisode exceptionnel après un été record de 53 jours de vagues de chaleur.
Les experts jugent improbable une nouvelle vigilance orange canicule après mi-septembre, malgré des températures élevées possibles jusqu’en octobre.
Le réchauffement climatique et l’épisode El Niño augmentent la probabilité d’épisodes de chaleur tardifs.

Avec cette année 2026 exceptionnelle au niveau météorologique, nous n’étions plus à un record près. Celui-ci est tombé dimanche, comme l’a annoncé Météo-France le lendemain : la France a battu ce jour-là son record de chaleur national (toutes stations confondues) pour un mois de septembre, avec 40,3 °C enregistrés à Lavaur dans le Tarn. Le précédent record était de 40,2 °C à Pissos dans les Landes et datait du 12 septembre 2022.

Ce nouveau record est intervenu au cours d’un nouvel épisode de chaleur, principalement concentré sur le Sud de la France, et après l’été « le plus chaud » jamais enregistré par le pays selon Météo-France, marqué par un record de 53 jours de vagues de chaleur.

Ce mardi 8 septembre, six départements du Sud (Ardèche, Aude, Drôme, Gard, Hérault et Vaucluse) étaient encore placés en vigilance orange canicule jusqu’à 6h, avant de repasser en jaune. Ce jour, des températures maximales de 25 à 32 °C devraient être relevées sur une large partie du pays, prévoit Météo-France.

Face à ces épisodes de chaleur qui n’en finissent plus de s’étirer, peut-on dire que désormais, la dernière vigilance orange canicule de l’année est derrière nous ? Jusque-là, depuis la création de ce marqueur en 2004, l’été suivant la canicule particulièrement meurtrière de 2003, la vigilance orange la plus tardive avait été déclenchée du 8 au 10 septembre 2023, à l’époque une première lors d’un mois de septembre. L’Île-de-France et le Centre-Val de Loire étaient les régions concernées, avec notamment des températures qui avaient très peu baissé la nuit dans les grandes villes.

Près de 36 °C localement en octobre 2023

Cette année-là encore, tout début octobre, on avait dépassé les 30 °C dans presque tous les départements. On avait même enregistré un record mensuel de 35,8 °C à Navarrenx dans les Pyrénées-Atlantiques. Mais la vigilance orange canicule n’avait pas été déclenchée. « On ne parle pas de vague de chaleur ni de canicule parce qu’à cette époque de l’année, les jours diminuent donc les nuits sont plus fraîches, ce qui fait qu’au niveau des critères, on n’atteint pas ceux requis » pour le déclenchement de la vigilance, explique au HuffPost Anthony Kaczmarek, expert météorologue chez Meteored France.

« Je n’ai pas de pourcentage à donner, mais c’est vrai qu’après le 15 septembre, et même après l’été qu’on vient de vivre, les chances de connaître une vigilance orange canicule deviennent vraiment très faibles », abonde auprès du HuffPost le prévisionniste à Météo-France Adrien Warnan, « même s’il existe toujours la possibilité de voir des 35 °C jusqu’en octobre ».

Dans un contexte de réchauffement climatique, les épisodes de chaleur tardifs en septembre deviennent plus probables et plus intenses, rappelait ce mois-ci le prévisionniste national sur son site internet.

Et dire qu’il n’y a encore pas si longtemps, « il y a 10 ou 15 ans, des canicules après le 15 août, c’était quasiment impossible », rembobine Anthony Kaczmarek, qui rappelle aussi un fait qui en dit long : « au tout début de la mise en place de la vigilance canicule de Météo-France, celle-ci ne pouvait s’appliquer qu’en juillet et en août ».

Cette année, « si on regarde les prévisions saisonnières et les modèles européens, il y a un signal général - ce qui n’exclut pas quelques coups de frais - qui est une tendance chaude et sèche jusqu’à mi-octobre », projette Anthony Kaczmarek, qui anticipe pour la suite « une sorte de basculement avec un temps beaucoup plus humide, mais pas forcément frais ». « Il n’y a aucun signal de fraîcheur en vue dans les prochains mois, ce qui est directement lié à El Niño, qui a tendance à augmenter les températures sur toute la planète », ajoute l’expert météo.

Le week-end sera de nouveau chaud

L’épisode actuel d’El Niño, ce phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans et qui entraîne des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale, pourrait être « le plus puissant » observé depuis le début des mesures du phénomène climatique il y a quatre décennies, avait mis en garde le 3 septembre l’Organisation météorologique mondiale de l’ONU (OMM).

Bien plus près de nous dans le temps, pour cette semaine, Météo-France annonce « une très nette baisse (des températures) mercredi à la faveur d’une perturbation pluvio-orageuse ». Résultat, nous allons connaître une chute de 10 à 15 °C par endroits en seulement 48 heures. « Ce week-end a été marqué par des températures tout à fait anormales pour un mois de septembre, avec des records battus dans des centaines de stations à travers le pays. On part de très haut (anormalement haut), ce qui rend le contraste d’autant plus saisissant avec la fraîcheur qui arrive », expliquait lundi à juste titre dans un bulletin Guillaume Woznica, météorologue chez Meteored France.

Mais dès ce vendredi, les températures repartiront à la hausse, d’abord par le sud-ouest, puis sur une grande partie du pays pendant le week-end. L’indicateur thermique national remontera alors progressivement autour de 19 à 20 °C, repassant au-dessus des normales, note La Chaîne Météo.

Si les maximales peuvent atteindre 30 à 31 °C ce week-end, il ne s’agira pas d’un nouveau coup de chaleur comparable à celui de ces derniers jours, note toutefois La Chaîne Météo. « L’ambiance redeviendra simplement estivale, avec davantage de soleil, des après-midi douces à chaudes et des matinées plus agréables », écrit le média.

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