Le 2 août 1975, le « bouchon du siècle » fait la une des médias. Ce jour-là, se forme le plus important embouteillage jamais enregistré en France. Plus de 60 000 voitures sont bloquées sur les routes, sur plus de 600 kilomètres de bouchons cumulés ! Retour sur le bouchon du siècle, qui entraînera la création de Bison futé.

Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 06:05 - Temps de lecture :

  • Nous sommes en plein été, le 1er août 1975, la France connaît une paralysie totale. Le lendemain, on parle de “Bouchon du siècle” sur la nationale 10, entre Paris et Bayonne. Photo Adobe Stock

    Nous sommes en plein été, le 1er août 1975, la France connaît une paralysie totale. Le lendemain, on parle de “Bouchon du siècle” sur la nationale 10, entre Paris et Bayonne. Photo Adobe Stock

  • Publicité
  • Les autorités comptent plus de 60 000 voitures bloquées sur cet axe, formant un bouchon géant de 600 kilomètres. Photo Adobe Stock

    Les autorités comptent plus de 60 000 voitures bloquées sur cet axe, formant un bouchon géant de 600 kilomètres. Photo Adobe Stock

Nous sommes en plein été, le 1er août 1975, la France connaît une paralysie totale. Le lendemain, on parle de “Bouchon du siècle” sur la nationale 10, entre Paris et Bayonne.

Les autorités comptent plus de 60 000 voitures bloquées sur cet axe, formant un bouchon géant de 600 kilomètres. Automobilistes et forces de l’ordre sont débordés, c’est la panique.

La panique

Rapidement, dès le 1er août, la circulation est bloquée. Devant ce bouchon géant, les autorités tentent de mettre en place des itinéraires de délestage.

Mais cela ne suffit pas pour gérer le flux de vacanciers souhaitant se rendre dans le sud de la France. La première cause de cet enfer est que les français ont, semble-t-il, tous décidé de partir en vacances le même week-end, c’est du jamais vu.

On compte ainsi huit millions de voitures sur les routes, soit deux millions de plus que l’année précédente.

Les viticulteurs en rajoutent

Pour ne rien arranger, en cet été 1975, les viticulteurs du Languedoc-Roussillon sont en colère. Pour protester contre les lois européennes, les viticulteurs décident de barbouiller les panneaux de signalisation de peinture noire.

De quoi empêcher les automobilistes de rejoindre les fameux itinéraires bis mis en place. La France est à l’arrêt, les automobilistes sortent de l’habitacle, et improvisent sur le bord de la route des camps provisoires.

La chaleur s’invite

Pour ne rien arranger, l’été 1975 est déjà marqué par de fortes chaleurs. Sans climatisation dans les voitures, les passagers souffrent, souvent bloqués en plein soleil.

Dans ces conditions les mécaniques souffrent aussi. Les voitures des années 70 chauffent dans les embouteillages, et c’est évidemment bien pire dans la chaleur estivale.

Il faut parfois pousser les voitures, et les caravanes, ce qui n’est pas fait pour fluidifier le trafic.

Un été meurtrier

A la fin du week-end, le bilan est terrifiant. En effet, 145 personnes vont mourir d’insolations ou d’accidents de la route. Les autorités ne peuvent rester les bras croisés et décident d’agir.

Trois leviers sont identifiés pour éviter qu’un tel événement se reproduise : l'étalement dans le temps des déplacements, le renforcement des itinéraires Bis et la communication vers l'usager.

Dès l’été 1976, 600 000 cartes de France sont éditées qui décrivent les 3 500 kilomètres d'itinéraires bis et 18 aires d'accueil sont aménagées sur les axes les plus chargés à hauteur des difficultés prévisibles.

Les médias relaient les conseils et 64 quotidiens nationaux et régionaux publient les heures de départ à éviter en fonction des régions. Un personnage est créé pour incarner ces prévisions.

Après avoir hésité avec « Ginette la girafe » qui voit de haut ou encore « l’oiseau Timothée » qui voit loin, ce sera finalement Bison futé. Le petit bonhomme indien devient la mascotte des routes de vacances. 

Articles les plus lusMagazine Automobile