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Autisme : et si les filles étaient « protégées » par leur chromosome X ? Une étude relance le débat

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En ce 2 avril, Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, l'occasion est donnée de mieux comprendre ce trouble du neurodéveloppement qui, selon le ministère de la Santé, concernerait environ 7 500 naissances chaque année en France.

Une question intrigue les scientifiques depuis des décennies : pourquoi l'autisme est-il diagnostiqué environ quatre fois plus souvent chez les garçons que chez les filles ? Longtemps, cette différence a été attribuée à des biais de diagnostic.

Mais une étude publiée le 30 mars 2026 dans la revue Nature Genetics s'intéresse à une autre hypothèse, celle d'un possible « effet protecteur féminin » lié à la génétique.

Le chromosome X, une piste pour comprendre la « résilience » féminine

Le chromosome X est au cœur de cette découverte des chercheurs du Whitehead Institute et du Massachusetts Institute of Technology. En effet, les femmes possèdent deux chromosomes X (XX), contre un seul chez les hommes (XY). Jusqu'à récemment, les scientifiques pensaient que l'un des deux chromosomes X féminins restait largement inactif.

Mais les travaux récents montrent une réalité plus nuancée. Certains gènes de ce chromosome dit « inactif » continuent en réalité de fonctionner et pourraient jouer un rôle régulateur important.

Le patrimoine génétique du père serait davantage impliqué dans le trouble du spectre autistique des enfants que celui de la mère. © FG Trade, iStock
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Ces gènes « échappant » à l'inactivation influencent l'activité de nombreux autres gènes, dont certains impliqués dans l'autisme. Le fait de disposer d'une copie supplémentaire de ces gènes pourrait ainsi aider à compenser certains effets de mutations génétiques.

« Le fait que l'on observe des biais sexistes dans des maladies touchant tout le corps renforce l'idée que la prédominance masculine dans l'autisme ne s'explique pas uniquement par des inégalités diagnostiques », explique le biologiste David Page, auteur de l'étude.

Autrement dit, les différences observées ne seraient pas seulement sociales ou liées aux outils de dépistage, mais aussi en partie biologiques.

L’« effet protecteur féminin », mis en avant dans l'étude, pourrait ne pas se limiter à l’autisme et concerner d’autres maladies du développement plus fréquentes chez les garçons. Mieux comprendre ces mécanismes pourrait améliorer le diagnostic et la prise en charge de ces troubles. © Africa studio, Adobe Stock

L’« effet protecteur féminin », une théorie renforcée

L'idée d'un effet protecteur féminin n'est pas nouvelle. Dès 2014, une étude publiée dans The American Journal of Human Genetics avait montré que les femmes autistes présentaient en moyenne davantage de mutations génétiques associées aux troubles du neurodéveloppement que les hommes diagnostiqués. Une observation qui suggérait déjà qu'un seuil biologique plus élevé pourrait être nécessaire pour que l'autisme se manifeste chez les filles.

© Gorodenkoff, iStock
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Mais le mécanisme expliquant cette apparente résistance restait mal compris. La nouvelle étude apporte justement un élément de réponse en identifiant le rôle potentiel de certains gènes du chromosome X capables d'atténuer l'impact de mutations liées à l'autisme.

« Notre biologie n'est pas uniforme. Les différences entre les sexes jouent clairement un rôle important dans la santé, et il est essentiel que nous les comprenions », souligne Maya Talukdar, première auteure de l'étude.

Au-delà de l'autisme, ce mécanisme pourrait aussi aider à comprendre pourquoi 17 autres maladies congénitales ou troubles du développement touchent davantage les garçons.

Ces résultats pourraient, à terme, améliorer le diagnostic de l'autisme, notamment chez les filles, encore trop souvent invisibilisées dans les parcours de soins. Mieux comprendre ces mécanismes biologiques pourrait aussi ouvrir la voie à des approches plus personnalisées selon le sexe, tant dans le repérage que dans l'accompagnement.

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