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Tribune
Collectif
A la dérive depuis des années et miné par les ingérences étrangères, le Yémen subit l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. La communauté internationale doit s’empresser d’agir, alertent, dans une tribune au « Monde », des représentants d’Action contre la faim France, de CARE, de Médecins du monde et de Mehad.
Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 2 min.
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Lors d’une distribution alimentaire, dans la région de Lahij, dans le sud-ouest du Yémen, le 3 mars 2025. En 2026, 22 millions de personnes – près de la moitié de la population – ont besoin d’assistance d’urgence au Yémen, selon les Nations unies, et 18 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Parmi eux, 2,2 millions d’enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition, dont 500 000 de forme sévère. Ces chiffres renvoient à des réalités extrêmes : enfants trop faibles pour marcher, familles contraintes de choisir entre se nourrir ou se soigner, parents n’ayant que des feuilles d’arbre à donner à leurs enfants comme repas ou parcourant des dizaines de kilomètres pour trouver un centre de santé encore ouvert.
Le système de santé est exsangue : 41 % des établissements sont non fonctionnels ou partiellement actifs. Les pénuries de médicaments, le manque de personnel et les coupures d’électricité privent 19 millions de personnes d’un accès aux soins essentiels. Dans ce contexte, choléra, rougeole, diphtérie ou dengue se propagent rapidement, et chaque interruption de financement réduit vaccinations, traitements et prévention.
L’escalade militaire régionale aggrave encore la situation : la hausse du prix du carburant et des denrées alimentaires frappe un pays dépendant des importations. Les biens essentiels deviennent inaccessibles pour des millions de familles. Les ONG voient leurs coûts augmenter alors que les financements diminuent.
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