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Depuis le 5 janvier, l'école Johnny Pilot à Uashat, près de Sept-Îles, a rouvert sa classe Kangourou pour les élèves avec des difficultés d’adaptation. Pour l'école, cette initiative prend tout son sens en cette période des journées de la persévérance scolaire.
À première vue, la classe Kangourou ne ressemble pas à une salle de classe ordinaire. On y trouve un coin cuisine, un salon et des jeux à disposition. Pour la directrice de l’école, Sandra St-Laurent, l’ambition de cette initiative est claire : être à l’école, comme à la maison.
L’objectif est d'offrir un meilleur cadre aux enfants ayant des difficultés d'apprentissage ou ayant vécu des traumatismes. À l’école Johnny Pilot, le projet avait déjà prouvé sa valeur pendant près de sept ans, avant de devoir être mis sur pause à la suite du départ à la retraite de la personne qui en était responsable.
Ce ne sont pas tous les enfants qui peuvent facilement rentrer dans le cadre scolaire.

Sandra St-Laurent constate un climat plus calme depuis le retour de la classe Kangourou.
Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine
Aujourd'hui, la classe compte 8 élèves, dont 3, à temps plein. Pour l’intervenante sociale Cindy Bond, avoir moins d'élèves permet de créer un lien d'attachement fort et offrir un espace où l'enfant peut se sentir en sécurité.
La journée commence loin de la pression académique habituelle. L’enseignante, Rosanne Grégoire, décrit une routine matinale axée sur l'accueil : On prend un déjeuner, on fait de la causerie. Les élèves ont ensuite la liberté de choisir un livre ou un jeu, de travailler individuellement ou en équipe.
Dans cet espace, les attentes académiques sont adaptées à l'état de l'enfant. Une réussite peut simplement consister à terminer une seule page de travail dans la journée, une victoire pour des jeunes qui, autrement, auraient tendance à abandonner en classe régulière, selon Cindy Bond.

Cindy Bond souligne l'importance du lien d'attachement avec les élèves.
Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine
L'alternance entre le travail et le jeu est d'ailleurs ce qui rythme la journée, comme en témoigne la jeune Saphir, une élève de la classe. Lorsqu'on lui demande pourquoi elle aime cette classe, sa réponse est spontanée : C'est comme chez moi. Ce cadre apaisant lui permet notamment de s'adonner à sa passion, le dessin.
Des résultats visibles
Sandra St-Laurent souligne que le retour de cette classe était essentiel face à l'évolution des besoins des élèves. Elle observe que le nombre d’enfants avec des besoins particuliers est de plus en plus nombreux.
Depuis la réouverture de la classe, les bénéfices se font déjà sentir à l'échelle de l'établissement. C'est plus calme, et les enfants sont plus assidus aussi, remarque la directrice.

Dans la classe Kangourou, l'apprentissage côtoie les jeux pour réduire la pression. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine
Dans ce contexte, la persévérance scolaire prend un tout autre sens. Il ne s'agit pas seulement de réussir des examens, mais de redonner à ces jeunes le goût de venir à l'école malgré des parcours de vie parfois très lourds.
Pour Rosanne Grégoire, son travail consiste à encourager l'enfant sans le juger. En fin de compte, la classe Kangourou remplit une mission qui dépasse le cadre scolaire : rappeler à tous les jeunes qu’ils ont le droit de réussir.


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