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À Bedford, en Nouvelle-Écosse, la gestion de la traque d'un suspect armé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) suscite l'indignation des résidents. Malgré l'arrestation effectuée samedi dernier, ces derniers dénoncent un manque de communication et une négligence dans le déploiement des alertes, jugeant les mesures prises insuffisantes pour assurer leur sécurité.
Lorsqu'un hélicoptère a survolé sa maison à Bedford, l’ancien pompier forestier Peter MacIsaac a immédiatement compris qu’il s’agissait d’une opération de recherche de la GRC.
Je l'ai dit à ma femme : il se passe quelque chose d'anormal, relate-t-il.
Par mesure de précaution, Peter MacIsaac a verrouillé les portes de son logement et de son véhicule en gardant son téléphone à portée de main.
Ce n’est que 20 minutes plus tard, vers 11 h 20, qu’une alerte a retenti, signalant qu’un homme armé, qualifié de dangereux par la GRC, se dirigeait à pied dans une zone boisée derrière le centre commercial Sunnyside. Dans ce message, la police a pressé les citoyens de Bedford de se confiner dans un lieu sûr.
Mais ils n'ont pas mentionné le fait que [le suspect] avait déjà tiré sur quelqu'un au visage et qu'il était en fait dans mon quartier, s’est insurgé l'ancien pompier.
Plusieurs alertes
Peu après cette première alerte de la GRC, la police régionale d'Halifax a indiqué par courriel à 11 h 45 qu'elle recherchait un homme de 36 ans, Ryan Alexander Cole, soupçonné d'avoir blessé une femme par balle dans la vallée d'Annapolis. Elle a précisé que le suspect s'était enfui à bord d'une berline Mazda endommagée et qu'il se dirigeait vers Halifax.
Une deuxième alerte de la GRC, diffusée à plus grande échelle, a été envoyée vers 12 h 15, élargissant l'avertissement à l'ensemble de la Municipalité régionale d'Halifax.
L’alerte a été levée à 12 h 50, lorsque l'homme a finalement été retrouvé et arrêté dans la forêt près du centre commercial Sunnyside. Ryan Alexander Cole a comparu brièvement lundi devant le tribunal provincial à Digby. Il restera en détention jusqu'à sa prochaine comparution, reportée au 25 août.
Les résidents de Bedford inquiets des délais
Le conseiller municipal Jean St-Amand, qui représente le quartier de Bedford-Wentworth au conseil régional d'Halifax, affirme avoir reçu des messages de résidents inquiets de la façon dont la police a informé la population de la présence d'un homme armé dans le secteur, le 8 août dernier.
J’en ai pris connaissance plus ou moins en même temps que le public. Il semble que des publications sur les médias sociaux ont précédé l’alerte, a déclaré l'élu mardi. Mais j'imagine que ce genre de situation arrive assez souvent : il y a une connaissance locale de ce qui se passe avant même qu'une alerte ne soit déclenchée, a-t-il ajouté.

Le conseiller municipal Jean St-Amand représente le quartier de Bedford-Wentworth au conseil régional d'Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Photo : Facebook/Jean St-Amand
Jean St-Amand dit qu'il souhaite s'entretenir sous peu avec le directeur municipal par intérim Brad Anguish au sujet des événements du 8 août dernier entourant l'alerte d'urgence.
Selon Peter MacIsaac, un délai de près de 40 minutes sépare l’instant où la police a localisé l’individu armé derrière le centre commercial Sunnyside, à proximité de son domicile, et le moment où les résidents ont été pleinement avertis de la dangerosité de la situation.
Lorsqu'un suspect armé est en liberté et que les gens ne sont pas mis au courant, c'est assez de temps pour causer des pertes massives, et la police a manqué à son devoir à 100 % sur ce point.
Des alertes si nécessaire, selon la police
La GRC a indiqué que les alertes visent à tenir la population informée et à lui donner des instructions sur la marche à suivre, si nécessaire.
Une première alerte a été diffusée samedi vers 11 h 20. Comme on pensait que l'homme était à pied — il avait eu un accident de voiture et se trouvait dehors, à pied —, l'alerte a été limitée à une zone restreinte autour de l'endroit où il avait été vu pour la dernière fois, a déclaré la caporale Mandy Edwards de la GRC.

Un blindé de la Gendarmerie royale du Canada a participé à une chasse à l'homme le 8 août 2026 à Bedford, en Nouvelle-Écosse.
Photo : Sean Dewitt / WFMHFX
La policière a expliqué que plusieurs facteurs sont pris en compte pour déterminer où une alerte sera diffusée. Et une fois qu'il a été établi que [le suspect] n'avait pas été retrouvé, environ une demi-heure plus tard, une alerte a été diffusée à tous les résidents par la Municipalité régionale d'Halifax, a-t-elle précisé.
Selon Peter MacIsaac, l'avertissement aurait dû être diffusé dans un seul message de façon claire à l’ensemble de la province. Le fait que ça a pris autant de temps à être diffusé, quelqu'un devrait littéralement être viré pour ça, réclame-t-il.
Les leçons de Portapique oubliées?
Mandy Edwards a répondu à cela que l'espace disponible dans une alerte est parfois insuffisant pour inclure des descriptions. La police utilise également les réseaux sociaux pour diffuser l'information, en plus d'envoyer des communiqués de presse traditionnels, souligne-t-elle.
Toutefois, Peter MacIsaac reste convaincu que la police a failli à ses responsabilités en émettant des informations approximatives. On dirait bien que toutes les leçons de Portapique ont été complètement oubliées, déplore-t-il.
Le résident de Bedford dit avoir envoyé une lettre au maire d'Halifax, Andy Fillmore, pour lui faire part de ses inquiétudes. Jeudi, il n'avait pas encore reçu de réponse à sa lettre.
Avec des renseignements de CBC


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