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NTOMANI Tiako Hugues a beau s’accrocher à son fauteuil, la justice camerounaise vient de lui couper l’herbe sous le pied. L’Association pour l’Éducation et le Développement (AED) traverse une zone de turbulences sans précédent. Par une ordonnance fracassante du 12 mai 2026, le Tribunal de Première Instance de Bangangté a suspendu les résolutions qui l’avaient installé au pouvoir. Aujourd’hui, c’est la Commission de gestion provisoire, menée par Wandji Philippe, qui tient les rênes. Au vu du comportement de Ntomani, cette décision est un pur soulagement pour tous les défenseurs de la légalité.
Le déni de justice de Ntomani Tiako Hugues
Pour comprendre l’ampleur du gâchis, il faut remonter au 5 décembre 2025. Ce jour-là, l’AED tient son Assemblée Générale élective à Yaoundé. Deux listes s’affrontent. Celle de Yomi Moïse, composée de seulement deux membres. Et celle de Ntomani Tiako Hugues, qui présente fièrement ses vingt-cinq noms. La commission électorale, s’appuyant sur l’article 41 des statuts, disqualifie immédiatement la liste de Yomi Moïse. Une décision purement technique.
Ntomani Tiako Hugues crie victoire. Il s’installe, se proclame président, et commence à gérer l’association comme son propre bien. Mais il y a un hic. Et pas des moindres. Quelques jours plus tôt, le 28 novembre 2025, une ordonnance du juge des référés du TPI de Bangangté (N°188/ORD/CAB/TPI/2025) avait formellement interdit la tenue de cette assemblée élective. Ntomani a décidé de faire la sourde oreille.
C’est quand même un comble. Il a sciemment ignoré une décision de justice pour s’emparer du pouvoir.
Yomi Moïse ne l’entend pas de cette oreille. Il saisit la justice le 31 mars 2026. La défense de Ntomani Tiako Hugues, menée par Maîtres Fidèle Teppi Koloko et consorts, va alors déployer un véritable arsenal d’arguties juridiques pour bloquer la procédure. Ils plaident l’irrecevabilité, affirmant que Yomi n’a pas qualité pour agir puisqu’il a été disqualifié. Ils soulèvent l’incompétence territoriale, arguant que le défendeur devrait être jugé à son domicile. Ils crient enfin au défaut d’urgence, soulignant que Yomi a attendu quatre mois avant de saisir le juge.

Le président du tribunal, Ondoua Ndo Olivier, a démonté chaque argument avec une précision chirurgicale. Sur la qualité pour agir, le juge rappelle que Yomi était bien candidat, que sa liste a été déposée et enregistrée. Cela lui donne un intérêt légitime à contester la régularité de l’élection. Sur la compétence territoriale, le magistrat est formel : le siège social de l’AED est fixé à Bangangté. L’assignation a été faite au bon endroit.
Quant à l’urgence, le juge estime qu’elle est bien réelle. Pourquoi ? Parce que les dirigeants actuels, dont la légitimité est nulle, posent des actes qui engagent leur responsabilité. Ils gèrent l’association en dehors de tout cadre légal.
La sentence tombe comme un couperet. Toutes les résolutions de l’AG du 5 décembre 2025 sont suspendues. Ntomani Tiako Hugues est écarté. Pour éviter la paralysie, le tribunal désigne une commission provisoire. À sa tête, Wandji Philippe. Il est épaulé par Mme Djuidjiu Marie au secrétariat et M. Tchiamago à la trésorerie. Cette commission a une mission claire : expédier les affaires courantes jusqu’à ce que le Tribunal de Grande Instance du Ndé tranche le fond du dossier.
L’outrecuidance a un prix.
La CUM prise en otage par l’entêtement d’un clan
Si cette bataille judiciaire se déroulait dans un simple club de quartier, on pourrait en sourire. Mais l’AED gère la Clinique Universitaire des Montagnes (CUM). C’est une infrastructure sanitaire et éducative vitale pour la ville de Bangangté et la région de l’Ouest Cameroun. Les patients, le personnel soignant, les étudiants, tous dépendent de la stabilité de cette association.
Ntomani Tiako Hugues et ses affidés s’accrochent au pouvoir comme des naufragés. Ils refusent d’admettre la réalité. Le 29 octobre 2026, la Commission de gestion provisoire a dû publier un communiqué officiel. Un texte qui sonne comme un rappel à l’ordre. La commission appelle au calme et à la sérénité. Elle demande instamment aux membres de l’AED de ne pas relayer les fausses informations.
Car le camp Ntomani ne recule devant rien. Il diffuse des rumeurs, tente de déstabiliser la commission, et continue d’agir comme si de rien n’était. Le communiqué de la commission est limpide. L’Arrêté N°99/CJV du 28 octobre 2026 a maintenu le statu quo. Plus important encore, le juge a rendu une décision déclarant irrecevable la défense présentée par Ntomani Tiako Hugues. Le tribunal a rejeté ses manœuvres dilatoires.
Il faut appeler un chat un chat. Ntomani Tiako Hugues n’est plus le président de l’AED. Ses actes, ses déclarations, ses communiqués n’engagent que lui. Difficile de ne pas y voir une manœuvre égoïste pour contrôler les finances et les infrastructures de la clinique.
La Clinique Universitaire des Montagnes n’a pas besoin de ça.
Pendant que ces messieurs s’étripent devant les tribunaux, qui paie les pots cassés ? Les employés de la clinique qui se demandent s’ils auront leur salaire à la fin du mois. Les étudiants qui voient leur avenir s’assombrir. Les partenaires nationaux et internationaux, qui financent les projets de développement, commencent sérieusement à s’inquiéter. Une association qui se déchire et dont le président est poursuivi par la justice, ce n’est pas très rassurant.
La Commission de gestion provisoire, elle, fait le dos rond. Elle tente de gérer le quotidien, de rassurer les partenaires, et de maintenir l’établissement à flot. Elle a rappelé que la gestion des infrastructures de la CUM se poursuit normalement. Mais le climat est délétère.
On attendait mieux de la part d’un homme qui prétendait diriger une institution dédiée à l’éducation et au développement. Au lieu de cela, Ntomani a transformé l’AED en un champ de bataille. Il a bafoué les statuts, ignoré une décision de justice, et plongé l’association dans une crise sans précédent. Son entêtement est en train de détruire des années de travail.
La justice a parlé. La commission provisoire est légitime. Elle a les coudées franches pour nettoyer les écuries d’Augias et rétablir la confiance. Mais tant que Ntomani et ses partisans continueront à semer le trouble, la CUM restera dans le viseur.
Il est temps que les autorités de tutelle ouvrent les yeux. Un homme qui défie ouvertement la justice et qui met en péril une structure sanitaire de cette envergure ne devrait plus avoir voix au chapitre.
Le Tribunal de Grande Instance du Ndé a désormais les clés du camion. En attendant son verdict définitif, la commission de Wandji Philippe tente de maintenir l’AED à flot. Ntomani Tiako Hugues, lui, s’enfonce dans le déni. Il devra bientôt rendre des comptes sur sa gestion désastreuse.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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