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Enrôlement des taxis à Yaoundé : 26 673 véhicules déjà identifiés

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Le chiffre est tombé cette semaine : 26 673 taxis sont enregistrés dans l’opération d’enrôlement des taxis lancée par la Communauté urbaine de Yaoundé. Trois mois après le coup d’envoi du 3 juillet 2026, chaque véhicule porte son QR code sur la vitre et un numéro de portière peint en blanc sur fond bleu. Le Plan de mobilité urbaine estimait le parc entre 30 000 et 35 000 taxis. Pour la CUY, on touche au but.

Trois verrous à faire sauter

Lancée par le maire Luc Messi Atangana, l’opération a réuni 27 638 chauffeurs et 21 234 propriétaires, dont 163 possèdent plus de 10 véhicules. La base de données continue de grossir, même après la date butoir du 5 octobre.

« Le fait qu’on soit à 26 673 prouve qu’on se rapproche de 30 000 », confie le Dr Jean Patrick Mfoulou, chef de la Cellule des transports et de la mobilité à la CUY. Près de 1 700 véhicules de plus en 14 jours, en pleine phase répressive.

Le premier verrou était administratif. Chaque dossier exigeait la CNI, la licence d’exploitation, la carte bleue, l’assurance et la visite technique, plus la preuve du paiement de l’impôt général synthétique, 5 000 F par trimestre, adossé au numéro d’identifiant unique. Un casse-tête qui a obligé la Direction générale des impôts à dépêcher une équipe au siège de la CUY.

Le deuxième verrou était social. Des syndicats avaient proposé des contrôles alternés pour ne pas paralyser la ville. Proposition rejetée par les autres centrales, et la mairie a maintenu sa ligne : pas de prolongation.

Le troisième, le volet répressif. Depuis le 6 octobre, tout taxi non enregistré trouvé en circulation est interpellé et conduit en fourrière. Tarif non négociable : 25 000 F.

Et maintenant, le plus dur

Le décor habituel est revenu, de Mvog-Mbi à la Poste centrale, embouteillages, files aux arrêts, klaxons. Rien ne confirme à ce stade que le système changera le quotidien des passagers.

Mais l’étape suivante est connue. L’enrôlement laisse place à l’exploitation, avec la gestion des objets perdus. « On commence déjà à enregistrer des plaintes. J’ai reçu cette semaine deux étudiants qui ont oublié leurs téléphones dans des taxis », révèle le Dr Mfoulou. Le principe est simple : le passager joint à sa requête le QR code scanné ou le numéro de portière filmé, et la CUY remonte au propriétaire et au chauffeur.

C’est un vrai changement pour les usagers. Jusqu’ici, un téléphone oublié dans un taxi jaune était quasiment perdu.

Reste la dernière brique, la formation des forces de maintien de l’ordre. Avec un accès sécurisé, un policier saura en un scan si l’assurance, la visite technique ou l’impôt général synthétique est faux ou expiré. Franchement, c’est là que le dispositif se jouera, sur le terrain, à un carrefour, un jour de pluie.

L’enrôlement ne s’arrêtera pas : il devient permanent. « Même si quelqu’un achète son taxi aujourd’hui, il doit d’abord s’enregistrer à la Communauté urbaine avant de le mettre sur le terrain », ajoute le Dr Mfoulou.

Les 3 300 à 8 300 taxis manquant encore à l’appel seront la vraie mesure du succès. Ils diront si la fourrière à 25 000 F suffit, ou s’il faudra autre chose.

Alain-Claude Ndom

Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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