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« Les prochains jours seront très, très occupés », raconte Sandy Brondello, entraîneuse-chef du Tempo de Toronto. Elle aidera à piloter en avril la création de la première équipe d’expansion de la WNBA au Canada. Et elle veut gagner : elle a déjà remporté deux championnats de la WNBA et n’a jamais raté les séries éliminatoires par le passé.
Le Tempo compte sur le repêchage d’expansion de la WNBA le 3 avril, suivi de la période de signature des joueuses autonomes et du repêchage des basketteuses de la NCAA pour recruter ses douze joueuses.
Le premier match de la saison régulière du Tempo aura lieu le 8 mai.
À quoi s’attendre de cette saison inaugurale? Nous avons demandé à de jeunes basketteuses de Toronto de nous soumettre leurs questions pour Sandy Brondello.*
Sabina Vallée, East York Eagles/Michelle O'Bonsawin

Sabina Vallée se réjouit de voir que le Tempo a choisi Sandy Brondello, une entraîneuse d’expérience, pour sa première saison.
Photo : Fournie par Sabina Vallée
Q : J’ai eu beaucoup de plaisir à vous regarder à la tête du Liberty et vous voir remporter le championnat. Vous avez aussi joué et été entraîneuse de l’équipe australienne pour les Olympiques. Comment allez-vous mettre à profit cette expérience avec le Tempo?
R : C’était génial d’avoir passé quatre superbes années à New York et d’avoir remporté ce championnat. C’est l’objectif : construire quelque chose de spécial à Toronto aussi. J’ai joué en tant que professionnelle pendant 18 ans, mais j’adore être entraîneuse et j’adore le fait que ce soit une partie d’échecs.
Je viens de passer du temps avec l’équipe australienne à la Coupe du monde. Les qualifications et une préparation très limitée. Comment gagner une médaille? Donner la priorité à nos points forts et travailler évidemment sur les choses qu’il faut améliorer.
Je vais toujours continuer à apprendre. Je suis très curieuse. Le basketball évolue, je pose des questions et je compte sur les échanges avec mes joueuses. J’y accorde beaucoup d’importance.
Je ne suis pas une dictatrice comme entraîneuse.
Je veux qu’on ait du plaisir à jouer, tout en étant compétitifs.
Amelia Prendergast, Don Mills Collegiate

Amelia Prendergast, 17 ans, veut savoir quelles seront les valeurs principales du Tempo de Toronto.
Photo : Fournie par Amelia Prendergast
Q : Quelles valeurs fondamentales souhaitez-vous inculquer à la nouvelle équipe et quel type de joueuses s’intégrerait le mieux dans votre système de jeu?
R : Je suis très enthousiaste face à cette nouvelle aventure et l’idée de former la première équipe de la WNBA à Toronto. Mes valeurs fondamentales, la culture, sont très importantes pour moi.
Je veux de la ténacité. Je veux des joueuses polyvalentes, qui peuvent occuper plusieurs positions. Des joueuses qui sont aussi de bonnes coéquipières.
Le legs, c’est vraiment important pour nous, parce que ces joueuses vont être les premières. Je serai toujours la première entraîneuse [de l'histoire du Tempo]. Nous voulons nous assurer que nous construisons quelque chose de spécial, avec des bases solides pour nous lancer.
Jasmine Mgaya, Mumba Elite

Jasmine Mgaya, qui joue pour l’équipe Mumba Elite, se demande qui seront les vedettes du Tempo de Toronto.
Photo : Tim the Markham Basketball Photographer
Q : Quelles joueuses espérez-vous avoir dans votre équipe?
R : Nous avons une liste de joueuses que nous aimerions vraiment avoir dans notre équipe, mais n’oublions pas qu’il faut aussi qu’elles veuillent en faire partie [joueuses autonomes]. C’est la défense qui fait gagner les championnats, n’est-ce pas?
L’attaque, c’est amusant et divertissant. Mais nous voulons nous assurer d’être très forts aux deux extrémités du terrain, avec des bases construites sur la défense.
J’ai parlé de la polyvalence. J’aime bien la taille. Mais aussi des joueuses capables de changer de position. Nous aurons des critères non négociables, car la défense, c’est du travail acharné. J’espère donc que nous recruterons des joueuses qui nous permettront de former une unité défensive vraiment solide.
Christina Frost, Lords

Christina Frost et Kaitlyn Yu jouent pour l’équipe des Lords de Toronto.
Photo : Fournie par Arash Dusek
Q : Quelles sont les principales qualités que vous recherchez chez les joueuses pour bâtir cette nouvelle équipe?
R : Toutes celles qui jouent dans la WNBA ont du talent, mais chaque joueuse a un rôle à jouer. Tu as tes meilleures joueuses, bien sûr, mais les plus importantes, ce sont les autres joueuses qui assurent la cohésion et complètent ton noyau. J’espère qu’on pourra recruter quelques joueuses de ce type.
Donc, je pense que l’adaptabilité et la flexibilité, c’est une grande qualité.
Je veux des joueuses talentueuses, mais je veux aussi des basketteuses qui jouent avec beaucoup de fierté pour le nom [de l’équipe] sur leur poitrine, pas seulement pour leur nom, qui est écrit dans leur dos.
J’ai aussi fait allusion au fait qu’elles doivent être travailleuses, polyvalentes et disciplinées.

L’entraîneuse Sandy Brondello a mené le Liberty de New York au championnat de la WNBA en 2024. (Photo d’archives)
Photo : Associated Press / LM Otero
Una Radumilo, YNBA Juel Prep
Q : Quels sont vos objectifs pour cette première saison du Tempo?
R : C’est une ligue très compétitive. Je pense que l’essentiel, c’est d’avoir une équipe compétitive qui n’abandonne jamais. Une équipe qui continue d’évoluer et de grandir ensemble tout au long de la saison.
Une équipe capable de faire la fierté non seulement de la ville de Toronto, mais aussi du Canada.
Les Canadiens adorent leur sport. J’ai donc hâte, vous savez, de remplir l’aréna, que ce soit à Montréal ou à Vancouver [le Tempo disputera deux matchs à Montréal et deux matchs à Vancouver cet été], mais surtout à Toronto, à chaque match, et d’avoir ce soutien de ce sixième homme [foule] derrière nous.
Nous ferons de notre mieux pour nous qualifier pour les séries éliminatoires. Nous ferons de notre mieux.
Kaitlyn Yu, Lords
Q : En quoi le style de jeu du Tempo sera-t-il différent de celui des Raptors?
R : Le basket est un sport mondial, et il ne cesse d’évoluer. Les joueurs sont bien plus techniques qu'il y a 20 ans, il y a plus de rythme. Ça ne se résume pas à courir pendant les phases de transition, mais aussi en demi-terrain. On parle d’une mentalité "0,5", ce qui implique une prise de décision rapide.
Comment créer des avantages? Tous les entraîneurs en parlent, ce n’est pas différent de la NBA, en réalité. Je pense que le style que vous verrez pourrait être similaire. Nous avons aussi une règle des trois secondes en défense [et à l’attaque].
Je joue principalement avec l’approche des "cinq joueurs à l’extérieur" [de la ligne des trois points], ce qui signifie que je ne veux pas de jeu près du panier. Je veux ouvrir le terrain et permettre aux joueuses créatives de filer vers le panier. Les joueuses vont vers le panier, vont sortir, faire une passe et faire un tir à trois points.
J’aime ces joueuses vraiment coriaces qui savent obtenir des fautes pour avoir des lancers francs.
Tant que l’équipe ne sera pas formée, notre identité d’équipe ne sera pas encore bien définie. On restera flexibles.
Shanique Alexander, Don Mills Collegiate

Shanique Alexander a hâte à la première saison du Tempo de Toronto dans la WNBA.
Photo : Fournie par Shanique Alexander
Q : À quoi avez-vous le plus hâte cette saison?
R : J’ai évidemment hâte de diriger la toute première équipe de la WNBA au Canada, à Toronto. Nous sommes donc l’équipe du Canada, et c’est très excitant. Je n’ai jamais fait ça auparavant. Mais diriger l’équipe d’Australie me donnait un peu cette impression.
Il y a beaucoup d’enthousiasme. Je suis donc impatiente. Tout est possible. On veut former une équipe dont tout le monde peut être très fier et qu’on peut soutenir.
Scarlett Frost, Mumba Elite

Scarlett Frost se demande ce qui sépare les joueuses de basketball qui se hisseront jusqu’au niveau professionnel des autres.
Photo : Tim the Markham Basketball Photographer
Q : Quand vous évaluez de jeunes joueuses, quelles habitudes et aptitudes différencient celles qui vont se rendre au niveau professionnel?
R : J’ai hâte que tu viennes nous voir jouer. Tu sais, ce qui compte vraiment, c’est le plaisir qu’on prend à développer ses aptitudes dès le plus jeune âge, à s’amuser sur le terrain.
On ne veut pas mettre trop de pression dès le début sur les jeunes. On veut juste continuer à travailler sur leurs aptitudes, comme le maniement du ballon. Est-ce qu’elles savent passer? Mais aussi leur prise de décision. On voit en quelque sorte qui comprend comment jouer avec l’espace et qui a aussi cette confiance en soi.
Le tir est un autre élément que nous observons toujours. Chez les jeunes enfants, on reconnaît celles qui ont été entraînées par un très bon entraîneur à leur technique de tir, mais tout va évoluer. Donc, je pense qu’à un si jeune âge, je regarde le plaisir qu’elles y prennent, leur intensité et quel genre de coéquipière elles sont.
Zoe Cieszewski, East York Eagles

Zoe Cieszewski souhaite avoir des conseils de l’entraîneuse Sandy Brondello pour gagner en confiance sur le terrain.
Photo : Simon Mgaya
Q : Quel est votre conseil pour les joueuses qui ont du potentiel, mais manquent de confiance en elles?
R :On est tous passés par là, n’est-ce pas? Moi y compris.
Tout le monde perd confiance en soi parfois, n’oublie pas ton superpouvoir.
Tu es jeune, tu vas continuer à apprendre et à grandir. Entoure-toi de personnes positives et aie des mentors qui peuvent t’aider à sortir de n’importe quelle mauvaise passe, parce que ça ne dure qu’un temps. Tu dois y croire.
Il faut aussi se souvenir pourquoi on joue au basket. C’est un plaisir, avec ses hauts et ses bas. Ce ne sont pas des échecs, ce sont des leçons. Et j’en ai eu beaucoup. Oui, j’ai remporté quelques championnats, mais j’ai beaucoup appris en cours de route, ce qui m’a aidée à devenir une meilleure joueuse et une meilleure entraîneuse.
*Les réponses ont été abrégées par souci de concision.
Avec la collaboration de Juliette Bolduc


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