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À quoi pourraient ressembler les bureaux de demain? Toronto a peut-être la réponse

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À Toronto, le nouveau bureau de l’Office de la protection de la nature (TRCA) se veut bien plus qu’un simple immeuble de bureaux. Présenté par l’organisation comme l’un des bâtiments les plus avancés en matière de durabilité en Amérique du Nord, il pourrait servir de modèle pour les constructions de demain.

 C’est un bâtiment très progressif, probablement l’un des plus complexes du point de vue environnemental en Amérique du Nord, affirme Alex Schuler, directeur associé de la gestion immobilière à la TRCA.

Sa particularité la plus marquante : un système de géothermie à boucle ouverte, encore très rare, voire inédit à cette échelle, selon l’organisation.

Une géothermie  unique au Canada

Le principe est simple en apparence : puiser de l’eau dans une nappe souterraine pour chauffer et climatiser le bâtiment, avant de la réinjecter dans le sol, explique Frederick Matlabi, gestionnaire des installations pour Equans, la compagnie qui gère et maintient l’immeuble.

Un sous-sol avec de gros tuyaux.

Le sous-sol du bâtiment de la TRCA, d’où l’eau et l’énergie sont acheminées vers le bâtiment.

Photo : Radio-Canada / Laura Hull

 C’est un système unique, que je n’ai encore jamais vu ailleurs au Canada, affirme Frederick Matlabi.

Contrairement aux systèmes de chauffage, ventilation et climatisation (CVCA) traditionnels, qui nécessitent des équipements distincts pour l’été et l’hiver, cette technologie fonctionne toute l’année avec un seul dispositif, ajoute-t-il.

Résultat : une réduction de la consommation énergétique estimée entre 15 et 20 %, selon Ali Farag, directeur de projets chez Equans.

Un prototype de l’immeuble de demain

D’autres innovations peu répandues, comme des cheminées solaires, un système de récupération de pluie, des murs d’eau et des systèmes passifs de régulation thermique contribuent au succès écologique de l’immeuble, ajoute Ali Farag.

Les cheminées solaires sont des dispositifs architecturaux passifs qui exploitent le réchauffement de l’air par le soleil dans une colonne verticale pour améliorer la ventilation naturelle du bâtiment, explique Alex Schuler.

Les murs d’eau font partie d’un système passif de régulation thermique où de l’eau est intégrée à la structure du bâtiment pour stabiliser la température intérieure, ajoute-t-il.

L’atrium intérieur d’un bâtiment principalement construit en bois, avec un grand mur d’eau en verre sur la gauche.

Le mur d’eau, à gauche, contribue à assurer une bonne ventilation du bâtiment. La cheminée solaire fait également partie de cette structure.

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

 Pour tout gérer, le bâtiment à un système intrinsèque qui contrôle tout ce qui est électromécanique, lumière, chauffage, ventilation qui permet d’avoir une vue à tout moment sur les performances du bâtiment , explique Ulrich Belmat, directeur de la communication et du marketing pour Equans.  Le système numérique ajuste en temps réel la consommation énergétique de l’immeuble selon les données analysées en temps réel.

À l’extérieur du bâtiment, il y a des rigoles de drainage biologique, des jardins de pluie et un système de pavés perméables, ajoute Alex Schuler.  Chaque goutte d’eau reste sur ce site et est utilisée.

Un immeuble en bois avec un système de récupération d’eau fait de chaines en métal.

Le système de récupération d’eau illustré permet de recueillir l’eau de pluie provenant du toit du bâtiment et de la redistribuer.

Photo : Radio-Canada / Laura Hull

Au-delà de la technologie, le bâtiment se distingue aussi par son approche globale, dit Alex Schuler. Sa structure en bois massif, ses panneaux solaires, ses toits verts et ses systèmes de récupération de pluie en font un exemple intégré de construction durable, ajoute-t-il.

 L’impact, c’est que l’intensité carbone et la consommation d’énergie de ce bâtiment sont bien inférieures à celles d’un immeuble de bureaux classique , dit Alex Schuler.  D’après notre analyse, il devrait permettre de réduire la consommation d’énergie d’un peu moins de 50 %. Il est donc bien plus durable qu’un immeuble de bureaux classique.

Un modèle difficile à reproduire, mais prometteur

Si ce bâtiment ouvre la voie, il reste difficile à reproduire tel quel, préviennent les gestionnaires de l’immeuble.

 Ce sont des systèmes qu’on doit intégrer dès la conception, explique Ulrich Belmat.  On ne peut pas facilement les ajouter à un bâtiment existant.

La modernisation d’immeubles plus anciens est possible, dit-il, mais nécessite des adaptations techniques importantes.

Autre défi : le coût initial, selon Ali Farag.  Les technologies innovantes exigent des investissements plus élevés au départ, même si elles permettent des économies à long terme, explique-t-il.

Malgré ces obstacles, les acteurs du projet estiment que ce type d’approche est appelé à se multiplier.

 De nos jours, avec le changement climatique et le réchauffement de la planète, il faut construire différemment, résume Alex Schuler.

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