Depuis quelques jours, un cri rauque et puissant traverse les forêts françaises au crépuscule. Le brame court de la mi-septembre à la mi-octobre, avec un pic de fin septembre à début octobre. Les cerfs mâles cessent quasiment de s’alimenter, raclent leur ramure contre les troncs et lancent ces cris rauques qui servent à la fois à séduire les biches et à intimider les rivaux.
Un animal obsédé par la reproduction ne regarde jamais avant de traverser.
Ce raclement de bois n’est pas qu’un bruit spectaculaire, c’est un signal de combat. Ces rugissements sonores s’accompagnent généralement de bruits assourdissants de bois qui se cognent, quand des mâles étrangers au groupe tentent d’approcher les femelles. Pour rejoindre une place de brame ou fuir un rival plus imposant, les cerfs sortent de leur territoire habituel et franchissent tout obstacle sur leur passage, talus, clôtures, routes départementales comprises. Les biches suivent le mouvement, et avec elles les faons de l’année, encore mal habitués à évaluer la vitesse d’une voiture qui approche.
À retenir
- Le brame du cerf concentre les traversées entre mi-septembre et mi-octobre, surtout à l’aube et à la tombée de la nuit.
- Seule une garantie tous risques ou dommages tous accidents couvre une collision avec un animal sauvage.
- L’accident doit être déclaré à la gendarmerie immédiatement et à l’assureur dans les cinq jours ouvrés.
Sommaire
Le crépuscule, l’heure où tout bascule
L’agitation animale se concentre sur deux fenêtres très précises, l’aube et la tombée de la nuit. Pendant la période du brame du cerf, ces risques augmentent car les animaux sont dans une période d’excitation et d’agitation plus forte que d’habitude. Le problème, c’est que ces horaires coïncident presque parfaitement avec la reprise du trafic domicile-travail à l’automne, quand la lumière baisse plus tôt et que des milliers d’automobilistes circulent sur des routes forestières ou de campagne sans y prêter une attention particulière.
Un cerf pris dans un faisceau de phares ne s’enfuit pas. Il se fige, ébloui, incapable de réagir.
C’est là que le second danger surgit, invisible au premier regard. Ces animaux ne se déplacent jamais isolément pendant cette période, et un conducteur qui vient d’éviter un premier cervidé relâche souvent son attention trop tôt, juste au moment où un second surgit du bas-côté. Les zones forestières denses et les vallées de montagne, points de passage obligés pour changer de versant, concentrent naturellement ce type d’accident.
La perte que l’assurance ne couvre pas
Une collision avec un cerf n’a rien d’un accrochage ordinaire entre deux véhicules. Face à un animal sauvage, il n’existe presque jamais de tiers responsable identifiable, contrairement à un accrochage classique entre deux véhicules. Sans propriétaire, sans conducteur adverse, sans compagnie d’assurance à mettre en cause, la logique habituelle du recours ne fonctionne plus. Le seul filet de sécurité disponible se trouve dans le contrat de l’automobiliste lui-même, pas chez un hypothétique responsable extérieur.
Et ce filet, tout le monde ne l’a pas souscrit. Aucune loi n’impose la couverture d’une collision avec un animal : seule une garantie dommages tous accidents, ou une option collision spécifique, permet d’être indemnisé. Concrètement, si le contrat est souscrit au tiers, aucune indemnisation n’est versée et tous les frais de réparation restent à la charge du conducteur. À l’inverse, une formule tous risques, ou un contrat incluant la garantie dommages tous accidents, permet d’être indemnisé par l’assureur pour l’ensemble des dommages matériels subis par le véhicule, une franchise restant généralement à régler.
La bonne nouvelle, si l’on peut dire, concerne le malus. Une collision de ce type, imprévisible par nature, peut être reconnue comme un cas de force majeure, ce qui évite en principe toute pénalité sur le contrat.
Les gestes qui font le dossier
Après le choc, la réaction dans les premières minutes conditionne toute la suite du dossier. Il faut immédiatement prévenir la gendarmerie ou la police nationale pour faire constater l’accident, un passage obligé même quand seul le véhicule est touché. Prendre des photos du lieu de l’accident, de la présence ou non de clôtures, des panneaux de signalisation de danger, et du véhicule lui-même sur les lieux permet ensuite d’étayer la déclaration.
Le compteur tourne vite après ça. L’accident doit être déclaré à l’assureur dans un délai de cinq jours ouvrés, conformément à l’article L113-2 du code des assurances. Un expert sera ensuite mandaté pour confirmer que les dégâts proviennent bien d’un animal sauvage, ce qui rend les traces, les poils ou les témoignages précieux au moment de constituer le dossier. Les panneaux triangulaires représentant un cervidé, souvent ignorés par lassitude visuelle, signalent des zones où le risque n’a rien de théorique. C’est souvent dans les zones signalées qu’on percute un gibier, tout simplement parce que ce sont des zones de traversée des gibiers.
Ralentir en dessous de la limitation dans ces secteurs, entre 18 heures et 21 heures ou juste avant le lever du jour, ne relève pas de la prudence excessive. C’est, pendant les quatre semaines qui viennent, l’unique geste qui ne coûte rien et qui évite tout le reste.
Sources : lafinancepourtous.com | meilleurtaux.com


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