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À Hay River, aux Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.), l'Arctic Maritime Training (AMT) offre depuis 2023 des formations pour intégrer le secteur maritime. En près de trois ans, l’organisation a grandi et veut accompagner le développement de l’Arctique canadien voulu par le gouvernement fédéral.
En parcourant les couloirs et les différentes salles de classe du bâtiment, il est difficile de ne pas remarquer les boîtes et les paquets encore emballés.
Nous avons reçu beaucoup de nouveaux équipements, dit en souriant Kari Davenport, directrice des opérations d’AMT.
C’est la fin de la session estivale; 12 étudiants suivent leurs derniers cours avant de recevoir leur certification.
Dans le cadre de son entente de financement avec Transports Canada, l’établissement peut accueillir des Autochtones et des femmes de partout au Canada, ainsi que des habitants des trois territoires.
J’ai entendu parler de ce programme de la part d’un ami, raconte Hendrik Venema, originaire de Fort Smith, dans le sud des T.N.-O. Honnêtement, désormais, je ne me vois pas faire autre chose.

Hendrik Venema hésite encore sur la suite de sa carrière, mais elle envisage de se renseigner sur les occasions au sein de la Seafarers International Union, le syndicat qui régit les marins sans licence en Amérique du Nord.
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
Un engouement partagé par son camarade du moment, Elliot Merz-Wood : Le programme est génial; l’école est magnifique; ils sont très bien équipés.
J’étais dans l’industrie minière, mais à cause du marché des diamants et d'autres facteurs, nous avons été mis à pied. Donc, je cherchais à changer de carrière, et l’industrie maritime semble être en croissance.

Elliot Merz-Wood espère intégrer un jour la Garde côtière canadienne et naviguer sur un brise-glace dans les eaux arctiques.
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
Nous avons deux étudiants du Nouveau-Brunswick, un autre de l’Ontario et un de la Colombie-Britannique, mentionne avec enthousiasme Andrea MacDonald, une des instructrices du programme.
Un manque de main-d’œuvre nationale
L’organisation née en 2023 devait à l’origine servir à former les futurs opérateurs de barges aux T.N.-O. Or, au fil de son évolution, sa mission s’est élargie : Nous voulons former, développer et soutenir l’industrie dans son ensemble, précise Kari Davenport.
Une étude de 2025 menée par la Fondation des carrières maritimes canadiennes (FCMC) indique qu’il faudrait recruter 8300 nouveaux travailleurs pour répondre à la demande de l'industrie et remplacer les départs à la retraite d'ici 2029.
L’industrie maritime est à un point de bascule, juge Kari Davenport : Tous les marins commencent à prendre leur retraite.

Kari Davenport est née et a grandi à Hay River. Elle espère pouvoir contribuer au développement d'une main-d'œuvre locale par et pour le Nord.
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
Elle et son équipe sont donc en contact direct avec des membres de l’industrie pour cerner les secteurs les plus populaires.
Nous sommes en position de travailler tant avec le gouvernement qu’avec l’industrie.
Ils nous ont assez bien vendu les carrières dans ce milieu et tout ce qu’il est possible de faire dans le secteur maritime, se réjouit Hendrik Venema.
Pour Andrea McDonald, il est des plus importants de former aujourd’hui la relève de demain, surtout au vu de l’importance du transport maritime pour le commerce mondial.
Les gens ne se rendent pas compte que 80 % de ce que nous consommons arrive par bateau, souligne-t-elle, ajoutant : Alors, quiconque intègre cette industrie joue un rôle crucial pour soutenir l’économie canadienne.

Après une carrière de 25 ans dans l’industrie maritime, dont 20 en tant que capitaine, Andrea MacDonald dit « être tombée en amour avec Hay River et cette école ».
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
Accent sur l’Arctique
Grâce à un financement fédéral de 930 000 $ reçus en décembre 2025 (nouvelle fenêtre), l’établissement pourra, à l’automne, offrir l'entièreté de ses programmes de sécurité maritime et de matelot sur place, à Hay River.
Nous voulons garder nos étudiants ici et les former dans le Nord, affirme Kari Davenport.
L’eau gèle ici pendant plusieurs mois, donc nous ne pouvons pas vraiment nous entraîner sur des bateaux, renchérit Andrea McDonald. Mais les simulateurs qui ont été installés nous permettent d’avoir des conditions similaires à la réalité.

De simulateurs de navigation permettent aux étudiants de se former dans les conditions similaires à la réalité
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
D’autant plus que l’Arctique canadien compte en partie sur le transport maritime pour l’acheminement de biens essentiels aux communautés éloignées.
Notre dénomination arctique est basée sur le service historique de transport par barge et remorqueur, explique Kari Davenport. Mais nous avons évolué bien au-delà de ça.

L'Arctic Maritime Training est née en 2023; elle peut accueillir jusqu'à 12 étudiants par session pendant 15 semaines.
Photo : Radio-Canada / Kehel Mohamed-Amin
La Défense nationale canadienne souhaite aussi augmenter sa présence en Arctique, dans un contexte géopolitique tendu autour du passage du Nord-Ouest.
Selon ce que j'entends autour de moi, il va y avoir une augmentation importante du trafic ici dans le Nord, note Eliott Merz-Wood, qui vise une carrière au sein de la Garde côtière.


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