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Le cercueil de l’artisan militaire du projet de « Grande Serbie », recouvert de drapeaux nationaux, avait été transporté jeudi en Serbie par un avion gouvernemental et accueilli à Belgrade avec les honneurs militaires.
Des personnes font la queue pour se recueillir alors que des anciens combattants serbes se tiennent autour du cercueil de Ratko Mladic, à l’église Saint-Luka, à Belgrade, en Serbie, le lundi 7 septembre 2026. Une foule nombreuse a commencé à défiler, lundi 7 septembre, à Belgrade devant le cercueil de l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, condamné pour génocide et crimes de guerre, avant des obsèques en grande pompe qui suscitent la réprobation internationale.
Ratko Mladic est mort fin août à l’âge de 84 ans, à La Haye aux Pays-Bas, où il purgeait une peine de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis pendant la guerre de Bosnie, dans les années 1990.
En habits de deuil, de nombreux fidèles de celui que les médias internationaux avaient surnommé le « Boucher des Balkans » ont afflué dans l’église orthodoxe Saint-Luka, à Belgrade. Pour ce dernier hommage, beaucoup embrassent le cercueil fermé de Mladic, encadré au début par des militaires, tandis que des prêtres orthodoxes serbes lisent des prières, selon un photographe de l’Agence France-Presse (AFP).
La police a fermé les rues alentour à mesure de l’arrivée de la foule, parmi laquelle figurent de nombreux vétérans serbes. Des journalistes de l’AFP ont vu d’importants rassemblements devant l’église, de nombreuses personnes portant des tee-shirts à la gloire de Mladic. Selon des images aériennes, ils étaient des centaines à faire la queue pour entrer avant l’ouverture des portes de l’église.
Des personnes font la queue pour assister à un hommage public, le jour de la cérémonie funéraire de l’ancien chef militaire serbe Ratko Mladic, à l’église Saint-Luka, à Belgrade, en Serbie, le 7 septembre 2026. Des drapeaux serbes ont été accrochés à proximité et une immense banderole déployée au-dessus de la rue proclame : « Bienvenue, général, merci à ta mère d’avoir mis au monde un héros, afin que la gloire de la “Grande Serbie” revienne ». Sa dépouille sera exposée dans l’église pendant cinq heures, avant une cérémonie et un cortège jusqu’à un cimetière voisin.
Son cercueil, recouvert de drapeaux nationaux, avait été transporté jeudi en Serbie par un avion gouvernemental et accueilli à Belgrade avec les honneurs militaires. Lors du transport du cercueil de l’aéroport vers la capitale, le convoi avait été salué par des dizaines de jeunes hommes qui arboraient des banderoles rendant hommage à Ratko Mladic et allumaient des fumigènes. Des policiers en uniforme ont été vus en train de saluer le fourgon mortuaire.
« L’un des pires tueurs de l’histoire de l’Europe »
La commissaire européenne chargée de l’élargissement, Marta Kos, a annulé vendredi une visite prévue le 9 septembre en Serbie, expliquant que « la glorification autour de son décès » était « incompatible avec les valeurs sur lesquelles l’UE s’est construite ». Denis Becirovic, le membre bosniaque de la présidence tripartite du pays, a dénoncé « un acte d’identification des dirigeants de la Serbie avec l’un des pires tueurs de l’histoire de l’Europe ». « Cela va avoir des conséquences imprévisibles pour le futur de la région entière », a-t-il écrit sur Facebook, vendredi.
Mladic incarnait le visage militaire d’un sinistre trio – aux côtés de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic et de l’ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic – au moment où l’ex-Yougoslavie a sombré dans le carnage après la chute du communisme. La guerre de 1992-1995 en Bosnie a fait environ 100 000 morts, et 2,2 millions de déplacés.
Ratko Mladic a été arrêté en 2011, après seize ans de cavale, et définitivement condamné à la prison à perpétuité en 2021, au terme de neuf ans de procès à La Haye. Il a été reconnu coupable de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, la pire tuerie en Europe depuis la seconde guerre mondiale, qui a coûté la vie à environ 8 000 hommes et adolescents musulmans.
Il a aussi été condamné pour avoir persécuté et expulsé des musulmans bosniaques et des Croates, terrorisé des civils pendant le siège de Sarajevo et pris en otage des casques bleus de l’ONU pendant les bombardements aériens de l’OTAN en 1995.
Le cercueil du défunt chef militaire serbe Ratko Mladic, lors d’un hommage public organisé le jour de ses funérailles à l’église Saint-Luka, à Belgrade, en Serbie, le 7 septembre 2026. En dépit de ces sentences, il reste un héros pour certains Serbes, en particulier en Republika Srpska (République serbe, l’une des deux entités constituant la Fédération de Bosnie-Herzégovine), où sa mort a été marquée par des veillées et des rassemblements. Son fils, Darko Mladic, qui organise les obsèques, a affirmé qu’il était « fier du rôle » joué par son père. Samedi, environ 300 personnes ont assisté à une cérémonie d’hommage sur un site militaire de la capitale serbe, organisée par une association de généraux de l’armée serbe encore actifs ou retraités.
Le Monde avec AFP


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