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Cet événement a eu lieu en 2024, mais il mérite toute notre attention, notamment face à la montée inquiétante du cancer colorectal chez les jeunes adultes. Mariana Tata, 26 ans, a vécu pendant plusieurs mois avec des gonflements abdominaux qu'elle attribuait tantôt à son cycle menstruel, tantôt à des troubles digestifs.
Ce n'est qu'après avoir observé du sang dans ses selles qu'elle a consulté. Son médecin a d'abord évoqué des hémorroïdes, avant qu'un scanner ne révèle une tumeur de 20 centimètres sur l'un de ses ovaires. Les examens complémentaires menés à l'hôpital de Syracuse, dans l'État de New York, ont confirmé un cancer du côlon de stade 4, avec extension à la paroi abdominale.
Quand les symptômes du cancer du côlon trompent tout le monde
Le cancer colorectal chez un adulte jeune est souvent diagnostiqué tardivement. La raison principale : ses premiers signes ressemblent à d'autres pathologies courantes.
Dans le cas de Mariana, deux symptômes étaient présents depuis des mois :
- Des ballonnements persistants, souvent banalisés chez les femmes en âge de procréer.
- Des saignements rectaux, fréquemment associés à des hémorroïdes ou à des maladies inflammatoires comme la maladie de Crohn.
Ces symptômes, pris isolément, n'alertent pas spontanément. Pourtant, leur persistance aurait dû déclencher une investigation plus précoce. C'est finalement une anémie préexistante, aggravée, qui a poussé son médecin à prescrire un scanner abdominal. Ce geste a tout changé.
Le diagnostic a nécessité l'ablation des deux ovaires et des trompes de Fallope, privant définitivement Mariana de toute possibilité de maternité biologique. Aucun de ses ovocytes n'a pu être préservé. Elle envisage désormais, si elle le souhaite un jour, de recourir à un don d'ovocytes via une fécondation in vitro.
Consultez un médecin dès qu'un changement corporel, même mineur, vous préoccupe ; le temps perdu à le minimiser peut coûter bien plus qu'on ne l'imagine. N'hésitez jamais à demander un deuxième avis médical. © Bevan Goldswain, iStock
Vivre avec un cancer colorectal à 26 ans : réalités médicales et financières
La chimiothérapie rythme aujourd'hui la vie de Mariana. Elle partage son temps entre l'appartement qu'elle occupe avec son compagnon et le domicile de ses parents, qui sont retraités et peuvent l'accompagner en dehors des horaires de travail.
« Ma mère est celle qui me soigne, littéralement », confie-t-elle. Sa famille lui administre les médicaments anti-nauséeux toute la nuit. Les semaines de traitement sont épuisantes. En revanche, les semaines sans chimio lui permettent presque d'oublier sa maladie, le temps de reprendre des forces.
Le poids financier est lourd. Avant d'atteindre son plafond de remboursement, Mariana a dû payer de sa poche les passages aux urgences, les scanners et les analyses biologiques. Des amis ont lancé une cagnotte pour l'aider. Elle rembourse encore une facture hospitalière de près de 1 000 dollars. Elle travaillait comme assistante administrative à l'université Utica, son alma mater, avant de passer en arrêt longue durée.
Son oncologue espère une reprise du travail progressive. Mariana s'appuie sur la Colorectal Cancer Alliance et des groupes d'entraide en ligne pour traverser cette épreuve. Ce lien avec d'autres patients a été décisif pour accepter et partager son vécu.
Son message aux jeunes adultes est simple et direct : consultez un médecin dès qu'un changement corporel vous préoccupe, même mineur, et n'hésitez jamais à demander un deuxième avis médical, car tous les praticiens ne réagissent pas de la même façon face à des saignements digestifs inexpliqués.
Un symptôme banal peut cacher une urgence vitale, et le temps perdu à le minimiser peut coûter bien plus qu'on ne l'imagine.


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