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Alors que de nombreuses communautés rurales au Canada peinent à maintenir leurs services de santé, la Ville de Prince Albert semble avoir trouvé la solution. En l'espace de quelques années, elle est devenue une terre d'accueil pour les professionnels de la santé d'origine nigériane. Il y a environ 25 médecins et spécialistes qui exercent dans cette ville saskatchewanaise.
Le parcours de Chukwuma Oraegbunam illustre cette tendance. Il y a encore un an, ce psychiatre exerçait au Royaume-Uni lorsqu'il a été courtisé par l'Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA).
Je connaissais le Canada, mais je n'avais jamais entendu parler de la Saskatchewan. Il m'a même fallu un peu de temps pour apprendre à prononcer le nom de la province.
Aujourd'hui, Chukwuma Oraegbunam ne regrette pas son choix. Malgré un choc culturel initial, la présence d'une communauté médicale nigériane déjà établie à Prince Albert a transformé son installation en une expérience positive.
Je me retrouve davantage avec mes enfants, mes amis et mes collègues ici. C'est une belle petite communauté, confie-t-il, soulignant que le temps de trajet quasi nul entre son domicile et l'hôpital lui offre une qualité de vie qu'il n'aurait pas ailleurs.
Le défi de la représentativité et du racisme

Nnamdi Ndubuka est également professeur à l'Université de la Saskatchewan.
Photo : Radio-Canada / Lisa Risom
Cette vague migratoire répond à un besoin criant. Nnamdi Ndubuka, médecin-hygiéniste et président de l'organisme Médecins noirs Canada, rappelle que les médecins noirs ne représentent que 1,5 % du corps médical canadien. Selon Statistiques Canada, les Noirs représentent 4,5 % de la population de la population canadienne.
L'intégration n'est toutefois pas exempte de défis. Une étude publiée en 2024 (nouvelle fenêtre) (en anglais seulement) révèle que 46 % des médecins ont fait face au racisme au travail en Saskatchewan.
Nnamdi Ndubuka est également originaire du Nigeria. Il est arrivé au Canada en 2011 et a obtenu un poste de médecin hygiéniste à l'Autorité sanitaire intertribale du Nord. Il travaille et vit à Prince Albert.
Il consacre une grande partie de son temps à lutter contre ces barrières institutionnelles. On attend parfois de nous que nous travaillions deux fois plus dur pour prouver que nous sommes qualifiés, déplore-t-il.
Même au contact des patients, le racisme est parfois palpable. Si Chukwuma Oraegbunam arrive à relativiser ces incidents, il insiste sur le fait que cela ne les rend pas acceptables pour autant.
Un réseau de soutien pour briser l'isolement
Pour favoriser la rétention de ces spécialistes, la force du groupe est essentielle. Des organisations communautaires et des groupes de mentorat, comme Médecins noirs du Canada, aident désormais les nouveaux arrivants à surmonter le sentiment d'isolement.
Pour Nnamdi Ndubuka, qui travaille étroitement avec les communautés autochtones du Nord, Prince Albert est devenu bien plus qu'un lieu d'exercice : c'est un foyer.
Avec les informations de Lisa Risom


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