NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Samedi soir, la 83e Mostra de Venise s'est clôturée par la remise du Lion d'or à Woman Unknown de May el-Toukhy. Avant l'ouverture du festival, la sélection d'Alberto Barabera avait créé la polémique, avec une seule réalisatrice annoncée en Compétition — avant le rajout en dernière minute de Naza, coréalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor. Lors de la conférence de presse du jury, le 2 septembre dernier, la présidente du jury Maggie Gyllenhall avait ironisé : "Il est enfin devenu clair que les hommes font de meilleurs films que les femmes…"
Samedi, l'actrice et réalisatrice américaine et ses jurés ont donc choisi de récompenser une femme. May el-Toucky devient ainsi la huitième réalisatrice à obtenir le Lion d'or depuis l'Allemande Margarethe von Trotta avec Les Années de plombs en 1981. Suivront Agnès Varda (Sans toit ni loi, 1985), Mira Nair (Le Mariage des moussons, 2001), Sofia Coppola (Somewhere, 2010), Chloé Zhao (Nomadland, 2020), Audrey Diwan (L'Événement, 2021) et Laura Poitras (Toute la beauté et le sang versé, 2022).
"Merci Maggie d'avoir montré la voie aux femmes dans cette industrie. Ce film a été difficile à faire. Mais j'ai ressenti un besoin urgent de mettre en lumière les femmes inconnues de notre Histoire. Grâce à ce prix, je vois, ce soir, que j'ai réussi…", a déclaré sur scène la cinéaste danoise d'origine égyptienne au moment de son sacre.
"Woman Unknown" de May el-Toucky, avec Mathilde Arcel. Lion d'or de la 83e Mostra de Venise. ©SeptemberUn thriller intime
Si on ne l'attendait sans doute pas si haut au palmarès, Woman Unknown faisait clairement partie des meilleurs films d'une sélection en demi-teintes, qui n'a pas provoqué un grand enthousiasme. Ce drame historique intense nous replonge à Copenhague, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Alors que, dans les rues, on tond les femmes ayant été trop proches de l'occupant, Marie, servante chez un riche veuf à la tête d'une fabrique de gants, s'apprête à épouser ce dernier et à changer de classe sociale. Jusqu'à ce qu'elle croise dans le tram un fantôme de son passé…
"Toute la beauté et le sang versé" (Lion d'or à Venise) : un documentaire percutant sur la grande photographe Nan GoldinPorté par Mathilde Arcel, fantastique dans son premier grand rôle à l'écran — et à qui le jury a également décerné la Coupe Volpi de la meilleure actrice —, Woman Unknown est conçu comme un véritable thriller, où l'intime et le social se mêlent sans cesse et où "le corps des femmes devient un champ de bataille", explique May el-Toukhy. Une cinéaste résolument féministe que l'on avait découverte en 2019 avec Queen of Hearts, thriller familial mettant déjà en scène une femme craignant de voir révélé un inavouable secret. Un rôle repris par Léa Drucker dans L'Été dernier, remake français signé Catherine Breillat.
May el-Toukhy et Mathilde Arcel, posant pour les photographes avec leur prix, samedi soir à l'issue de la cérémonie de clôture de la 83e Mostra de Venise. ©AFP or licensorsL'enfer de Gaza
Le film qui a clairement créé le choc, cette année, c'est Naza, produit par le quotidien britannique The Guardian et par Jonathan Glazer (La Zone d'intérêt). Seul documentaire de la Compétition, celui-ci a été accueilli par une standing ovation de 25 minutes (un nouveau record à la Mostra). Découverts grâce à No Other Land (Oscar du meilleur documentaire 2025 coréalisé avec les Palestiniens Basel Adra et Hamdan Ballal), les journalistes Yuval Abraham et Rachel Szor ont en effet marqué les esprits avec leur enquête disséquant le fonctionnement de la machine de destruction de Gaza.
"Naza" : la banalité du mal exposée sur le Lido de VeniseSur le fond, Naza est imparable, recueillant des témoignages accablants, qui expliquent comment, notamment grâce à l'usage de l'intelligence artificielle, Israël a organisé la destruction systématique de Gaza, en ciblant les civils et en organisant un nettoyage ethnique des Palestiniens. Sur la forme, Naza est moins marquant. Que faire, dès lors, d'un tel film ? Le jury de Maggie Gyllenhall — où l'on retrouvait la Tunisienne Kaouther Ben Hania, qui avait décroché l'année dernière le grand prix pour The Voice of Hind Rajab, sur le calvaire d'une petite Gazaouie assassinée par Tsahal — n'a pris aucun risque.
Yuval Abraham et Rachel Szor recevant le prix spécial du jury pour leur documentaire "Naza", sous le regard de la membre du jury tunisienne Kaouther Ben Hania.Un discours fort
S'il était difficile, voire impossible, d'écarter du palmarès un film aussi important d'un point de vue historique, le jury n'a pas eu l'envie (le courage, diront certains) de le placer en tête de son palmarès. Pas de Lion d'or, ni de grand prix donc, mais un "prix spécial" sur mesures. Au moment de venir chercher celui-ci, Yuval Abraham a néanmoins livré un discours très fort.
"Il n'est pas facile d'être ici en pensant que dans mon pays, les hommes politiques et les journalistes attaquent le film sans même l'avoir vu. Tout a été fait pour ne pas regarder la réalité en face. La réalité, c'est que, depuis que le festival a débuté, durant ces dix jours, Israël a tué au moins six enfants palestiniens à Gaza", a lancé le cinéaste israélien vivant désormais en exil, avant d'énumérer les circonstances de ces meurtres.
"Les officiers des services secrets Israéliens avec qui nous avons parlé nous ont dit que ces meurtres de masse sont systémiques, qu'ils ne se produisent pas par accident, mais à dessein. Cela n'est possible que grâce à la déshumanisation des Palestiniens. Je veux être très clair : cette vérité a été documentée, elle est connue depuis le premier jour grâce aux journalistes palestiniens. Plus de 200 d'entre eux ont été tués par Israël à Gaza. Leurs voix ont été silenciées, niées. Nous pensons que nier un crime est ce qui permet qu'il continue. C'est pourquoi il est si important que ce film soit vu en Israël. C'est notre pays qui commet ces crimes et les Européens regardent… Spécialement ici en Italie car votre gouvernement et le gouvernement allemand font pression pour bloquer tout ce qui pourrait mettre un terme à ceci. Les Américains regardent aussi, car ce pays finance beaucoup de ces meurtres", a lancé Yuval Abraham.
Dans "Naza", Yuval Abraham (à droite) et Rachel Szor ont recueilli le témoignage de 24 membres des services spéciaux israéliens sur les toits de Tel Aviv.Un festival très politique
Alors qu'à Berlin, le président du jury Wim Wenders avait créé la polémique en jugeant que les cinéastes devaient se tenir à l'écart de la politique, Maggie Gyllenhall avait au contraire déclaré que "le cinéma est fondamentalement, inévitablement politique". On a clairement pu s'en rendre compte tout au long de cette 83e Mostra de Venise, que son directeur Alberto Barbera avait présentée "comme la plus politique depuis de nombreuses années".
Pour Susan Sarandon, "chaque film est politique"Que ce soit en Compétition et dans les sections annexes, les maux du monde ont en effet souvent envahi l'écran. Dans un documentaire de près de 4 heures, l'Américain Alex Gibney a ainsi proposé un portrait à charge d'Elon Musk. De quoi provoquer la colère de l'homme le plus riche du monde. Samedi soir, le cinéaste russe Ilya Khrzhanovsky a, lui, dédié son prix du meilleur réalisateur pour l'impressionnant DAU, aboutissement d'un projet cinématographique fou commencé il y a plus de 20 ans et tourné en Ukraine, aux combattants de la liberté ukrainiens.
Avec "Un bon petit soldat", Stéphane Brizé livre un nouveau film coup-de-poing à la MostraPoursuivant son exploration du monde de l'entreprise dans l'excellent Un Bon Petit Soldat — avec une formidable Alba Rohrwacher dans le rôle d'une DRH —, Stéphane Brizé a décroché le prix du scénario. L'occasion pour lui de rappeler que "la course au profit fabrique de la souffrance". "Lorsque l'économie fabrique de la souffrance, le fascisme surgit toujours comme un vautour et il crée l'illusion de la réparation. Les mêmes causes ont toujours les mêmes effets. Ce qui s'est passé hier se rejoue aujourd'hui. Mais, aujourd'hui, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas", a mis en garde le Français. Quand, dans son formidable Possible Love (qui a obtenu le grand prix du jury), le Coréen Lee Chang-dong met, lui aussi, met en scène la lutte des classes.
Jamais récompensé par un prix majeur, John Malkovich a de son côté empoché, à 72 ans, le prix du meilleur acteur pour son irrésistible composition d'agent de la CIA perdant la tête dans le très politique Wild Horse Nine. L'Irlando-Britannique Martin McDonagh (Bons baisers de Bruges, Three Billboards) signe une comédie féroce, qui dénonce le cynisme de l'impérialisme américain à la veille du coup d'état de Pinochet au Chili.
Coralie Amedeo, Stéphane Brizé et Olivier Gorce ont été récompensé du prix du meilleur scénario pour "Un bon petit soldat".Un meilleur film belge aux Orizzonti
Cette année, un seul film belge majoritaire était présenté sur le Lido. Produit par Delphine Tomson aux Films du Fleuve des frères Dardenne, Un détour par Diane a obtenu le prix du meilleur film de la section Orrizonti. Le troisième long métrage du duo français, basé à Bruxelles, Ann Sirot-Raphaël Balboni après Une vie démente et Le Syndrome des amours passées aborde, de façon très singulière, la question du viol, à travers le parcours d'une jeune femme d'aujourd'hui campée par la tout aussi singulière Ninon Borséi. Sur scène à Venise, la réalisatrice a expliqué que "le viol était le cancer de la société", quand son compagnon dénonçait la volonté du gouvernement belge de s'en prendre au statut des artistes.
"Un détour par Diane" : le film belge qui enchante la Mostra de VeniseÀ noter, enfin, que deux coproductions belges ont également été récompensées. Invité à voter dans la section Venice Spotlight, le public a remis son prix à I Matter de la Roumaine Alina Serban (coproduit par les Liégeois de Frakas), tandis que La Maison du vent du Camerounais Auguste Bernard Kouemo Yanghu (coproduit par Steel Fish Pictures) a décroché le Lion du futur du meilleur premier film, ainsi que le prix spécial du jury Orizzonti.
Raphaël Balboni et Ann Sirot, posant pour les photographe avec leur prix du meilleur film de la section Orizzonti pour "Un détour par Diane". ©2026 InvisionLe Palmarès 2026
Compétition
- Lion d'or : Woman Unknown de May el-Toucky (Danemark/Suède/Lettonie)
- Grand Prix du jury : Possible Love de Lee Chang-dong (Corée du Sud)
- Prix spécial du jury : Naza de Yuval Abraham et Rachel Szor (Grande-Bretagne)
- Prix du meilleur réalisateur : Ilya Khrzhanovsky pour DAU (Allemagne/France/Suède)
- Coupe Volpi de la meilleure actrice : Mathilde Arcel dans Woman Unknown de May el-Toucky (Danemark/Suède/Lettonie)
- Coupe Volpi du meilleur acteur : John Malkovich dans Wild Horse Nine de Martin McDonagh (Grande-Bretagne/États-Unis/Chili)
- Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune comédien : Malou Khebizi dans 15/18 de Cédric Kahn (France)
- Prix du meilleur scénario : Stéphane Brizé, Coralie Amédéo et Olivier Gorce pour Un Bon Petit Soldat de Stéphane Brizé (France)
Divers
- Lions d'or d'honneur : George Clooney, Ellen Burstyn
- Lion du futur du meilleur premier film : La Maison du vent d'Auguste Bernard Kouemo Yanghu (Cameroun/France/Belgique/Bénin/Arabie saoudite/Qatar)
- Prix du meilleur film Orizzonti : Un détour par Diane d'Ann Sirot et Raphaël Balboni (Belgique/France)
- Prix du public des Venice Spotlight : I Matter d'Alina Șerban (Roumanie/Allemagne/Belgique)
- Prix Label Europa Cinema : Une femme aujourd'hui de Robert Guédiguian (France)
- Prix Fipresci de la critique internationale Compétition : Possible Love de Lee Chang-dong (Corée du Sud)
- Prix Fipresci de la critique internationale Orizzonti : The Color of the Sun de Xavier Tera (Canada/Italie/Japon)
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


8 hour_ago
39


























.jpg)






French (CA)