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Le patineur de vitesse sur courte piste William Dandjinou a l’habitude qu’on parle de lui. Si ce sont normalement les exploits sur glace du quintuple champion du monde qui font les grands titres, les quatre journalistes présents dans un couloir de l’aréna Maurice-Richard jeudi voulaient plutôt le questionner sur… sa dernière publication Instagram.
Je ne vais pas compétitionner à Montréal et à Vancouver [les deux premières étapes du Circuit mondial) et je ne vais pas défendre mon globe de cristal, annonçait-il à la surprise générale lundi sur le réseau social.
Après les épreuves du jour aux Championnats canadiens de courte piste, Dandjinou s’est présenté devant les médias avec une allure calme, en paix avec lui-même, et habité par la même confiance qu’il deviendra, un jour, champion olympique.
La première question que je me suis posée, c’est ayant deux globes de cristal, étant champion du monde cinq fois, qu’est-ce qui me rendrait satisfait cette saison? Qu’est-ce qui ferait qu’à la fin de la saison, je serai un meilleur patineur en vue des JO en France [en 2030]? C’est vraiment ça qui a guidé ma réflexion.
La réponse qu’il a trouvée est de participer à moins de compétitions au cours de la saison à venir.
De ne pas être à Montréal et à Vancouver est un exemple de ce que je vais faire. J'ai eu le privilège grâce à vous [les médias] de pouvoir être un bon porte-étendard de mon sport, d'être très visible. Je ne veux pas nécessairement être moins visible, mais c'est plus de revenir aux bases et à ce que je dois faire pour devenir le meilleur patineur possible, et non le plus populaire. C'est vraiment là-dessus que je vais me concentrer.
Le médaillé d’argent au relais mixte des Jeux de Milan-Cortina a pris la décision de ralentir son rythme assez rapidement après les mondiaux de Montréal, en mars dernier.
Je ne pense pas que de me lancer dans une saison all in, après la saison que j'ai eue et les deux dernières années que j'ai eues, aurait été la chose la plus constructive pour ma carrière et pour moi en tant que personne. On peut parler de santé mentale, mais je pense que ça résumerait trop simplement mon processus. Ça a vraiment été quelque chose de complet.
Ne baisse pas les bras
Cet été, l’imposant patineur a visité la Corée du Sud et le Japon. Dandjinou a aussi profité de l’occasion pour rencontrer le Sud-Coréen de naissance Viktor Ahn, six fois champion olympique en courte piste.
Le Québécois a répété le processus au pays. Il est, par exemple, allé manger avec Charles Hamelin, qui a gagné l’or aux Olympiques à quatre reprises.
La chose qu’ils m’ont répétée et qui est très universelle, c’est "ne baisse pas les bras". Des déceptions, ça fait partie du sport et il ne faut pas laisser ces déceptions-là te définir. Il y a des points techniques qu’ils ont vus ou un mindset de course qu’ils ont partagé.
Dandjinou dit aussi avoir été satisfait de ses Jeux à Milan-Cortina. Aux épreuves individuelles, il y a obtenu une quatrième et deux cinquièmes positions.
Ce n’est pas les résultats que je voulais, mais ça m’a permis d’avoir plusieurs questionnements qui vont être positifs pour le futur, relève-t-il.
L’attention médiatique sur les sportifs québécois n’est jamais aussi forte que durant les JO, et Dandjinou l’a appris à ses dépens.
En tant qu’athlète amateur, ce qui arrive, c’est que j’avais deux globes de cristal en main, dont un que j’avais gagné pendant l’année olympique, mais je suis revenu au Canada sans médaille individuelle et on m’a dit que j’avais perdu.
Cette année, il est convaincu qu’il ne regagnera pas ce prestigieux titre, mais il n’exclut pas la possibilité d’essayer de le reconquérir au cours des prochaines saisons. Dandjinou attend de voir comment cette année se déroulera avant déterminer son plan pour le futur.

William Dandjinou, à droite, a récolté la médaille de bronze aux Championnats canadiens, jeudi, lors du 1500 m.
Photo : Patinage de vitesse Canada / Antoine Saito
Jeudi, il a tout de même réussi à se qualifier pour les finales du 500 m et du 1500 m. Faire des finales et être capable de challenger les gars qui se sont entraînés, c'est quand même satisfaisant. Ça montre que le retour va peut-être être plus rapide que je pensais, estime-t-il.
Marc Gagnon, l’entraîneur-chef de l’équipe nationale, n’avait que de bons mots pour son prodige.
Même si William a été dominant depuis deux ans, ça ne veut pas dire qu'il contrôle tout ni qu'il est parfait. Si tu ne cherches pas à t'améliorer, tu manques le bateau. C'est ce que William veut faire : aller chercher des forces là où il y a de petites faiblesses et continuer de progresser. C'est tout à son honneur de se dire prêt à faire certains reculs pour essayer des choses.


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