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Toronto pourrait bientôt devenir la première ville canadienne à voir des robotaxis sans chauffeur circuler dans ses rues, alors que le géant californien Waymo multiplie les démarches pour s'implanter dans la métropole.
L’entreprise pourrait cependant être confrontée à des défis politiques et technologiques à mesure qu’elle cherche à s’implanter au Canada.
Je pense qu’il y a plusieurs obstacles si vous souhaitez faire cela au Canada, observe Krzysztof Czarnecki, professeur au département de génie électrique et informatique de l’Université de Waterloo.
Je pourrais voir des tests être réalisés et je pense que cela est une bonne chose, c’est bon d’avoir cette expérience, indique-t-il. Mais ce n’est pas comme si vous alliez voir des robotaxis partout dans les deux prochaines années.
L’entreprise Waymo, qui appartient à Alphabet — la société mère de Google — n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada. Le bureau de la mairesse de Toronto, Olivia Chow, affirme cependant que la compagnie californienne lui a rendu visite.

La mairesse de Toronto, Olivia Chow. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor
Braman Thillainathan, porte-parole de la mairesse Chow, a précisé que Waymo a visité le bureau pour l’informer qu’elle présenterait une demande pour participer à un programme provincial qui permet aux véhicules autonomes d’effectuer des essais et des démonstrations.
La Ville de Toronto ne fait pas de tests avec des véhicules autonomes et ce type d’activité est réglementé au niveau provincial. Ils n’ont pas fait de demande auprès de notre bureau.
Cette décision de la part de l’entreprise survient quelques mois après son inscription au registre des lobbyistes de Toronto.
Déjà présent aux États-Unis
La flotte de véhicules électriques Jaguar I-PACE de Waymo est déjà présente dans 10 grandes métropoles américaines. Le service fonctionne de manière similaire aux applications de covoiturage Uber ou Lyft, sans chauffeur.
Waymo fait également pression sur le gouvernement de la Colombie-Britannique pour modifier la réglementation et obtenir l'autorisation d'opérer dans la province. La province interdit actuellement l’utilisation de véhicules complètement autonomes.
La compagnie américaine a reconnu dans le passé qu’elle interagissait avec des représentants à travers le Canada pour militer en faveur de cadres réglementaires lui permettant d’amener des services de covoiturage autonomes au Canada.
Les règles en Ontario
Dakota Brasier, la porte-parole du ministre ontarien des Transports, Prabmeet Sarkaria, n’a pas confirmé de rencontre avec l’entreprise dans le cadre du programme pilote de mise à l’essai des véhicules automatisés.
Mme Brasier s’est contentée de dire que la province rencontre les candidats intéressés et les parties prenantes pour clarifier les règles et les conditions du programme et pour discuter d’occasions d’évaluations dans la province.

Waymo, propriété d’Alphabet, a déployé des centaines de robotaxis à San Francisco.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger
La province a lancé le projet pilote en 2016. Trois ans plus tard, elle a modifié les critères afin de permettre la circulation de véhicules sans conducteur, sous certaines conditions. Les entreprises doivent par exemple être capables de surveiller et de contrôler le véhicule si nécessaire.
Le véhicule doit aussi des panneaux indiquant clairement qu’il s’agit d’un véhicule automatisé sans conducteur en cours d’essai, lit-on aussi sur le site du gouvernement.
Un système sécuritaire?
Des véhicules automatisés ont été évalués à Toronto dans le passé. Dans une lettre datée d’octobre 2024, Ashley Curtis, cadre à la Municipalité, informait la province que la Ville a constaté des problèmes.
Les véhicules étaient notamment incapables de tourner à droite aux feux rouges ou de circuler de façon appropriée aux intersections contrôlées par un panneau d’arrêt , écrit-elle.
Les conditions météorologiques pourraient toutefois poser le défi le plus important de l’entreprise, d’après le professeur Czarnecki. Cela inclut des enjeux de visibilité et des routes glissantes qui pourraient réduire l’efficacité des capteurs.
Waymo affirme que sa technologie ne souffre jamais d'ivresse, de fatigue ou de distraction. L'entreprise prétend avoir enregistré 92 % d'accidents graves en moins que les conducteurs humains
Ils ne sont pas parfaits, note Carmi Levy, analyste en technologie. Il estime qu’il est irréaliste de s’attendre à ce que les véhicules ne soient impliqués dans aucun accident. Il ajoute cependant que les données démontrent que les ces véhicules vont dans la bonne direction.
Des enjeux politiques
Au-delà des enjeux technologiques et sécuritaires, Waymo se heurte à des réticences liées à l'emploi. Braman Thillainathan a déclaré que la priorité de la mairesse de Toronto était de protéger les moyens de subsistance des travailleurs.
Olivia Chow ne soutiendra pas Waymo si cela entraîne des pertes d'emplois, une baisse des salaires ou contribue à la précarisation de l'emploi, a-t-il dit.


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