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Contraint de geler l’adoption de nouveau projet de développement en raison du problème d’approvisionnement en eau potable, la Municipalité régionale de Waterloo pourrait voir sa croissance stagner dans les prochaines années.
C’est à la suite d’un rapport relevant une problématique concernant l’accès à l’eau dans la région que Waterloo s’est vu dans l’obligation de prendre cette décision.
Deux méthodologies différentes ont été utilisées pour mener cette étude. La première s’est appuyée sur des lignes directrices du ministère de l’Environnement, et de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario. Celle-ci démontre que la capacité hydrique de la région est stable.

Pierre Filion est professeur en urbanisme à l’Université de Waterloo.
Photo : Radio-Canada
En revanche, l’autre méthodologie, légèrement modifiée afin de dresser un tableau plus complet des capacités en eau de la région, révèle des inquiétudes.
Mathieu Goetzke, chef de l’administration de la région de Waterloo, se veut tout de même rassurant. On a de l’eau dans les nappes phréatiques et la rivière. Tout le problème de notre système de distribution est d’avoir la capacité de traiter l’eau et à l’amener là où les gens et les industries en ont besoin, explique-t-il.
80 % de l’eau de la région vient des nappes phréatiques, le reste provient de la rivière Grand.
Pour Joanna Eyquem, vice-présidente de l’Institut sur le risque climatique, ce genre de situation n’est pas unique à la région de Waterloo. Les infrastructures souterraines, on n’y pense pas jusqu’à ce qu’il y ait un problème. Il y a un peu un manque d’investissement parce qu’on veut toujours pousser ça plus loin, soutient-elle.
Ce qui est d’autant plus problématique est que la région de Waterloo est la région qui connaît la croissance la plus rapide au pays si on en croit le site Internet de la Ville de Waterloo. Elle est certainement en bonne voie d’atteindre près d’un million d’habitants d’ici 2051, peut-on y lire.
Difficile cependant d’accueillir des habitants supplémentaires, si le réseau d’eau montre déjà des limites. Pour Pierre Filion, professeur émérite de l'École d'urbanisme de l'Université de Waterloo, voit là un jeu politique. J’ai l’impression que la raison pour laquelle on soulève le problème, c’est justement du fait qu’on voudrait que le gouvernement provincial agisse, avance-t-il.
Mathieu Goetzke ne cache pas être en contact avec le ministère de l’Environnement, et de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario, notamment en ce qui concerne les délais de construction. Le secteur de l’eau est très sensible au plan environnement, donc, dès qu’on touche quelque chose dans le système, il nous faut une évaluation d’impact environnemental et ça peut parfois prendre plusieurs années, confirme-t-il.
Le rapport régional indique que des projets d’infrastructure et des investissements importants sont nécessaires pour pouvoir répondre à ces besoins de croissance futurs.
Les conseillers régionaux doivent discuter du rapport mardi prochain.
Un pipeline comme futur solution?
On est choyé dans le Sud de l’Ontario, il y a de l’eau à peu près partout, reconnaît Pierre Filion. En raison des Grands Lacs à proximité de la région de Waterloo, on peut naturellement penser à un pipeline qui approvisionnerait donc Waterloo pour pallier ces problèmes.
Pour le professeur émérite, c’est un projet étudié. Depuis longtemps, on anticipe le moment où il n’y aura pas suffisamment d’eau pour satisfaire au besoin de la ville qui est en croissance. On a proposé un pipeline qui relierait la baie géorgienne à la région de Waterloo, indique-t-il.
Mathieu Goetzke admet que c’est une idée qui a étudié et qui pourrait résoudre les problèmes, mais qu’il s’agit de projets compliqués et en termes d’investissement. C’est un ordre de grandeur qui est différent de ce qu’on peut faire en améliorant le système d’alimentation par les nappes phréatiques ou par la rivière, qui est notre système historique, reconnaît-il.
Malgré tout, il avoue tout de même qu’i sera peut-être nécessaire pour le très long terme, certainement pas pour le court et le moyen terme.


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