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Les pêcheurs de gaspareau demandent encore une fois au ministère des Pêches et des Océans de leur accorder un quota de bar rayé. Ils en retrouvent par milliers dans leurs filets, et leur présence complique de plus en plus leurs activités de pêche.
La saison de pêche au gaspareau est courte, du 1er au 30 juin. C’est la même période où le bar rayé fraie dans la rivière Miramichi et on peut les entendre frétiller à la surface de l'eau dans les filets de gaspareau tellement ils sont nombreux.

Le bar rayé se retrouve par milliers dans les filets de gaspareau.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Au début de la saison, les pêcheurs en sortent des milliers et des milliers de leurs filets. Tous ces bars rayés doivent être remis à l’eau, les pêcheurs ne peuvent pas en garder.
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Les pêcheurs de gaspareau sortent souvent plus de bar rayé que de gaspareau de l'eau. Ils aimeraient bien pouvoir en garder pour en vendre.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
L’an dernier, le ministère des Pêches et des Océans avait autorisé les pêcheurs de gaspareau à en garder. La mesure avait été annoncée le 19 juin, à quelques jours de la fin de la saison, alors que le bar rayé avait déjà quitté la rivière Miramichi pour se diriger vers la mer.
Les pêcheurs soutiennent que cette mesure est arrivée trop tard.
Nous, ce qu'on déplore, c'est que l'année passée en 2025, la première journée qu'il n'y avait plus de bar rayé dans nos filets, on a eu le feu vert du MPO pour garder 500 bars rayés par jour. Mais il n'y avait plus de bar rayé. On ne pouvait plus en garder. Donc c'est certain qu'il aurait fallu avoir ça en début de saison, où est-ce qu'on a des milles et des milles et des milles de bars rayés, explique Bruno Richard, qui pêche le gaspareau depuis une vingtaine d'années.

Yves Hébert est le représentant des pêcheurs de gaspareau sur la rivière Miramichi. Il se demande pourquoi le ministère des Pêches et des Océans ne leur accorde pas de quota pour le bar rayé.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Yves Hébert représente les pêcheurs de gaspareau, il travaille avec l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) pour tenter d'arriver à une entente avec le ministère fédéral des Pêches.
On essaie, on a des réunions, mais ça bloque.
Ce qu'on demande, ce n'est même pas un quota commercial pour une pêche dirigée. C'est de permettre à nos pêcheurs riverains de garder une partie de ce qu'ils attrapent déjà dans leurs engins de pêche, explique Tina Sonier, conseillère aux pêches à l’UPM.
Dans une déclaration écrite, le MPO explique que ses biologistes n'ont pas encore complété l'évaluation des stocks de bars rayés pour cette année. Il est donc trop tôt pour permettre aux pêcheurs d'en garder.
Le Ministère rappelle aussi que la permission émise l'an passé n'était pas un quota, mais bien une mesure temporaire, prise en vertu d'un arrêté de gestion à la mi-saison.

Les agents du MPO sont sur la rivière Miramichi tous les jours pendant la saison de pêche au gaspareau. Ils s'assurent que les bars rayés sont rejetés à l'eau.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Tous les jours, on a des biologistes du MPO qui viennent dans nos bateaux, donc ils savent qu'est-ce qu'on prend là.
Du bar rayé dans les casiers à homard
En plus de pêcher le gaspareau, Stéphane Jaillet pêche le homard à l’automne. Depuis quelques années, il voit même du bar rayé dans ses casiers, et ce, même en eau profonde.

En plus de voir des milliers de bars rayés dans les filets de gaspareaux, Stéphane Jaillet commence à en voir dans ses casiers à homard à l'automne.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Dans mes cages à homard, je n’ai jamais pris de bar rayé comme ça. J’ai apporté le gars des sciences avec moi lors d’une journée de pêche pour lui montrer qu’à 80 pieds d’eau je prenais du bar rayé dans ma trappe, dit-il.
Il ajoute que les autres homardiers qui pêchent plus près de la côte lui disent eux aussi que leurs casiers sont souvent pleins de bars rayés.
Un déséquilibre selon les pêcheurs
Adolphe Hébert pêche le gaspareau depuis longtemps. Il a vu disparaître plusieurs espèces qu’il avait l’habitude de voir sur la rivière Miramichi.

Adolphe Hébert s'inquiète de la présence accrue de bar rayé dans la rivière Miramichi.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Il y en a trop. Ça mange tout. Il n'y a plus de saumon, il n'y a plus de truite. Il n'y a plus rien, il y a juste du bar.

Le bar rayé se nourrit de plusieurs espèces. Les pêcheurs voient souvent des bars rayés en train de manger du gaspareau.
Photo : radio-canada
Tina Sonier de l’UPM est biologiste de formation. Elle a pu constater l’augmentation de la population de bar rayé. Elle décrit le bar rayé comme un prédateur opportuniste et généraliste qui se nourrit de tout ce qui se trouve sur son passage, dont le gaspareau.
Nos pêcheurs ne veulent pas détruire cette ressource-là. Ils veulent juste rétablir l'équilibre dans l'écosystème.
Le MPO nous confirme que la demande de l’UPM pour obtenir une autorisation de prise accessoire de bar rayé est actuellement à l’étude.


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