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Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, craint que le poste de contrôle établi à proximité de la Première Nation de Bloodvein ne creuse un fossé entre Autochtones et non-Autochtones. Des chasseurs détenteurs d’un permis se sont récemment vu refuser l’accès aux terres de la Couronne dans la zone.
Il y a des responsabilités qui viennent avec les traités, et elles vont dans les deux sens. Il faut partager les terres. La population de Bloodvein est attachée aux orignaux, tout comme le sont les ministères et les chasseurs. Personne ne veut outrepasser la loi. Mais imposer un blocage n’est pas la bonne manière de faire, a affirmé le premier ministre en marge d'une conférence de presse portant initialement sur la santé mentale.
La Première Nation a instauré un poste de contrôle l’année dernière pour empêcher l’introduction de drogues et d’alcool dans la communauté. Le dispositif a toutefois servi à dissuader les chasseurs d’accéder au territoire, au motif que la population d’orignaux est en déclin.
La Manitoba Wildlife Federation indique avoir reçu des informations selon lesquelles la communauté refoulait à nouveau des chasseurs cette semaine.
Wab Kinew a par ailleurs confirmé que le gouvernement provincial a transmis une mise en demeure à la Première Nation.
Une consultation réclamée
Par voie de communiqué, la cheffe de la Première Nation, Lisa Young, demande au gouvernement provincial d’entamer des consultations au sujet des permis de chasse.
Tout ce que nous demandons, c’est une consultation véritable afin d’obtenir notre consentement sur les décisions qui touchent directement notre communauté et nos droits. Le Manitoba continue de tenir de beaux discours tout en posant de mauvais gestes : il vante la réconciliation, mais prend des décisions qui nous concernent sans dialogue constructif, dénonce-t-elle.
Elle fait écho aux vives inquiétudes des résidents, qui craignent une pénurie de viande si la population d’orignaux venait à s'effondrer. Pour Bloodvein, il ne s’agit ni d'un loisir ni d'un sport. C’est une question de sécurité alimentaire et collective, ajoute-t-elle.
En plus de préserver les hardes d’orignaux, la Première Nation de Bloodvein River s'est employée à protéger ses membres, a précisé Lisa Young pour justifier l'installation du point de contrôle routier : La drogue et l'alcool ont fait énormément de ravages au sein de notre communauté.
À moins d’une semaine de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Lisa Young presse ainsi la province d’honorer ses engagements envers les Premières Nations.
Avec des informations de La Presse canadienne


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