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Fermez les yeux. Juste un instant. Et dites-moi ce que vous voyez quand on vous parle du vivant. Pas l'Amazonie. Pas les ours polaires. Quelque chose de proche, de familier. Ce qui pousse au bord d'un chemin, plonge dans une mare, agite les herbes d'une prairie, niche dans une forêt et s'invite jusque dans nos villes. La nature n'est pas un décor. Elle vit avec nous.
C'est précisément ce que rappelle Vivant, le film de Yann Arthus-Bertrand, un documentaire sur la biodiversité en France nourri par les regards de plus de 200 vidéastes. Vous voulez de l'extraordinaire ? Pas besoin d'aller au bout du monde : il est déjà là, avec nous. Et il suffit parfois de changer de regard pour renouer avec ce qui nous entoure.
La chenille de l’Azuré est l’un des « héros minuscules » de Vivant, le film documentaire de Yann Arthus-Bertrand. Vous n’imaginez pas les trésors d’ingéniosité qu’elle peut déployer pour se nourrir. Un indice tout de même sur cette image… © extrait de Vivant, Yann Arthus-Bertrand, Hope Production
Voir le monde n’est qu’un premier pas
L'image donne l'élan. La parole permet d'aller plus loin. De transformer la curiosité en compréhension. Alors, tendez aussi l'oreille vers celles et ceux qui savent raconter, mettre les mots, justes et simples, sur les merveilles du vivant.
Il y a des émissions, des podcasts qui font très exactement ça : décoder la crise écologique sans la réduire. Sur France Inter, La Terre au carré accompagne chaque jour les auditeurs sur les questions de nature, climat, pollution, idées, engagements et solutions. En podcast sur Radio France, l'émission offre des clés pour mieux comprendre la complexité de notre monde.
????L’océan en surchauffe ???? La canicule n’est pas que terrestre, les températures battent aussi des records dans les mers et les océans ????️ Quelles sont les raisons et les conséquences de cette fièvre océanique ? À 14h dans #LaTac pic.twitter.com/VbtsJsxB21
— La Terre au Carré ????² (@LaTacfi) September 4, 2023Ensuite, prendre le temps
Lire, c'est apprendre à regarder autrement. Plus lentement. Surtout quand on parle de livres qui ne se contentent pas de susciter des émotions, mais changent notre manière d'agir. L'homme qui plantait des arbres, de Jean Giono, raconte un geste modeste répété année après année, assez patient pour transformer un paysage. Cette idée qui semble un peu folle dans la société d'aujourd'hui qu'à force de patience, on peut renverser des montagnes.
C'est officiel !
"L’homme qui plantait des arbres" de Jean Giono, illustré par Pierre-Emmanuel Lyet est le #livrepourlesvacances 2024. ????
✅ Un exemplaire est offert à tous les écoliers en fin de CM2 pour susciter l’intérêt et l’envie de lire durant les vacances d'été.
Sur le terrain avec les scientifiques
Après la lecture, le pas de côté se poursuit sur le terrain. Par procuration, d'abord, grâce à ces scientifiques passionnés qui nous aident à prendre conscience de ce monde qui change. Ils ne se contentent pas d'expliquer : ils le suivent au plus près, là où il se transforme, là où il se fragilise, là où il résiste.
C'est ce qu'incarne Heïdi Sevestre. Elle est glaciologue et sur les réseaux sociaux, Instagram ou LinkedIn, elle raconte sa science au quotidien. Des glaciers qui fondent, craquent, reculent. Elle a le don plutôt rare de faire entrer la crise écologique dans notre réel, en quelques mots, en quelques images.
Avec beaucoup de bienveillance en prime.
Poser son costume de spectateur…
Vient alors ce moment où on a envie de cesser de regarder le monde par les yeux des autres. De sortir du récit pour expérimenter le contact direct. Là où le vivant se perçoit par les sens. Regarder passer un nuage, toucher le tronc d'un arbre, sentir l'odeur d'une fleur ou l'humidité d'une mare, goûter un fruit et écouter un oiseau.
L'application Merlin Bird ID permet de prolonger cette expérience. Elle aide gratuitement à reconnaître les oiseaux par leur chant. C'est un premier pas vers l'action, mais un pas qui change un peu plus la manière de voir le vivant.
… et partir à l’aventure du quotidien
Bientôt, vous ne pourrez plus vous en passer : vous enfoncer dans une forêt, écouter les vagues sur la plage, suivre un chemin inconnu. La nature cessera d'être un sujet extérieur pour redevenir un lieu vécu.
Ça tombe bien, parce que l'aventure écologique n'a pas besoin d'être spectaculaire. Elle peut se vivre à deux pas de chez vous. Où que vous soyez, « le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, tout ce qui fuit, tout ce qui gémit, tout ce qui roule, tout ce qui chante, tout ce qui parle » vous le diront : « Il faut être toujours ivre. Tout est là. » (Baudelaire, Le Spleen de Paris)
Tenir dans le temps
Le plus important n'est finalement pas tant ce que vous ferez aujourd'hui, mais ce que vous continuerez à faire demain. Pour inscrire vos actions dans le quotidien, vous pouvez décider de photographier le même arbre chaque mois avec vos enfants, de noter dans un carnet familial un oiseau, une fleur ou un insecte aperçu dans la semaine, ou d'organiser une sortie nature avec vos amis, sans téléphone le premier dimanche du mois.
L'idée n'est pas de faire grand, mais de faire ensemble. De revenir au vivant assez souvent - y compris par la rubrique Planète de Futura - pour qu'il cesse d'être dans l'exceptionnel. Que cette Journée de la Terre ne soit pas une ligne d'arrivée, mais un point de départ...


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