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De vendredi à dimanche, des milliers de musulmans partout au pays vont célébrer la fête sacrée de l’Aïd el-Fitr afin de souligner la fin du ramadan.
Pourtant, au milieu de ces festivités, impossible pour certains d’entre eux de détourner leur regard des événements qui se déroulent au Moyen-Orient.
C’est le cas de Fatima Manjra à Toronto, qui se sent dépassée par la situation.

De la fumée s’échappe d’un immeuble qui a été touché par l’armée israélienne dans le centre-ville de Beyrouth, au Liban, le 12 mars 2026.
Photo : Getty Images / Adri Salido
Avec les années qui passent, célébrer cette fête sacrée devient plus en plus éprouvant, dit-elle.
La situation en Palestine, au Soudan et maintenant en Iran ainsi que dans plusieurs autres pays dans la région la préoccupe énormément.
La charité au cœur des traditions
La fête prend tout son sens à l’heure où nos frères et nos sœurs musulmans souffrent partout dans le monde, soutient Fatima Manjra.
L’Aïd el-Fitr, qui se veut une occasion pour les musulmans de se réunir et de passer du temps en famille, consiste aussi en un moment de réflexion et d’entraide.
En tant que musulmans, on nous enseigne la quête de justice afin d’aider ceux qui sont opprimés, soutient Mme Manjra.

Fatima Manjra est également bénévole pour l’organisme One Sisterhood.
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Fatima Manjra
Avec sa sœur, la jeune femme a décidé de s’impliquer à sa façon.
Chaque jour du ramadan, des familles dans la région de Toronto ont pu choisir d’aider une famille dans le besoin en achetant des cadeaux spécialement sélectionnés pour l’Aïd, explique Mme Manjra.
Une fois les cadeaux achetés, mon équipe et moi les avons apportés à l’organisme Sakeenah Canada, qui s’occupe de les envoyer aux familles, explique-t-elle.
Elles ont d’ailleurs dépassé l’objectif qu’elles s’étaient fixé.
Notre but était d’envoyer 50 cadeaux à des familles et des mères monoparentales en Palestine, en Iran et au Soudan. Nous en avons envoyé 70, s’en réjouit-elle.
L’idée que des familles musulmanes célèbrent cette fête axée sur la famille et la communauté sous les bombes et dans la crainte rend la jeune femme particulièrement émotive.
Pendant ce temps, la guerre continue de faire des ravages dans plusieurs pays et ébranle plusieurs membres des diasporas qui ont des proches dans ces pays.
Constamment dans la peur
C’est la troisième année de suite que les membres de notre communauté vivent l’Aïd sous la peur de perdre leurs proches, et que nos proches, eux, vivent sous les bombardements, s’indigne l’une des organisatrices de la branche montréalaise du Mouvement de la jeunesse palestinienne, Boutaina Chafi.

Les musulmans dans les pays en conflit devraient eux aussi avoir le droit de célébrer l’Aïd el-Fitr en sécurité, soutient Boutaina Chafi.
Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer
C’est une peur qui est devenue omniprésente, affirme Mme Chafi.
Par exemple, À Jérusalem, Israël a fermé l’accès à la mosquée al-Aqsa du fait des attaques israéliennes et américaines dans la région, affirme l’organisatrice, empêchant ainsi les musulmans d’aller prier pour l’Aïd el-Fitr.
Une situation qui la fâche.
Elle appelle également le gouvernement fédéral à prendre position plus fermement contre la guerre au Moyen-Orient.
Ce n’est pas normal de laisser ces forces-là continuer sans impunité, soutient Mme Chafi.
Un sentiment d’appartenance encore plus fort
Pourtant, la porte-parole de l’organisme à but non lucratif musulman ISNA Canada, Dalia Hashim, dit que c’est dans des moments comme ceux-ci que le sentiment d’appartenance à la communauté se fait sentir de manière plus intense.
La charité, la compassion, c’est l’essence même de l’Aïd, souligne Mme Hashim.
Nous sommes conscients des inquiétudes et des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles musulmanes en raison du conflit qui sévit actuellement au Moyen-Orient.
Pour elle, la communauté doit faire preuve de courage et d’adversité malgré cette période un peu plus difficile.
Mme Manjra, qui célèbre l’Aïd en famille, vit néanmoins un sentiment mitigé.
J’ai la chance de célébrer cette fête sacrée entourée de ma famille, de mes nièces et neveux en sécurité, dit-elle.
Or, des amis et des connaissances de Mme Manjra n’ont pas tous cette chance, ajoute la jeune femme.


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