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Viktor Orbán, l’UDC et la dictature des émotions

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Publié le 19 avril 2026 à 07:05. / Modifié le 19 avril 2026 à 07:08. 2 min.

Ma semaine suisse

Chaque dimanche, notre chroniqueur ausculte l'actualité politique suisse.

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«Viktor Orbán est un exemple pour la Suisse!» s’était enthousiasmé l’ancien conseiller fédéral et mentor de l’UDC Christoph Blocher. C’était il y a 2 ans, à Zurich, lors d’une conférence de celui qui était alors encore premier ministre de Hongrie. Tout exemple a ses limites. Et celui de Viktor Orbán s’arrêtera là. En Hongrie, la dictature des émotions, la peur et le nationalisme ont cessé de primer sur les libertés et l’Etat de droit. Le désaveu cuisant infligé ce dimanche par le peuple hongrois à l’autocrate de Budapest n’aura aucun effet sur la trajectoire de la droite nationale conservatrice suisse. Si ce n’est les désillusions de quelques leaders zurichois, dont le rédacteur en chef de la Weltwoche et ancien conseiller national Roger Köppel qui lui vouait une réelle admiration.

L’UDC, à laquelle les sondages promettent le score record de 30% lors des élections fédérales de 2027, restera ainsi le parti de la droite nationale conservatrice qui aura été le plus longtemps associé au pouvoir en Europe. Au-delà de ses accents populistes et de ses positions tranchées contre les étrangers et l’UE, l’UDC doit précisément sa permanence au système suisse de concordance. Celui-ci contraint les partis à l’exercice en commun du pouvoir et non en solitaire. La démocratie directe, étonnamment, joue parfois le rôle de contre-pouvoir à l’abus des émotions. Comme ce fut le cas lors de votations fédérales ces dernières années, contre «les juges étrangers», «pour une immigration modérée», «pour le renvoi des étrangers criminels», contre la redevance à la SSR. Malgré tout, la droite nationale conservatrice continue d’engranger des succès électoraux dans les cantons. Paradoxe helvétique. L’UDC gagne au détriment de la droite classique (PLR) et du Centre. Un éventuel échec de «Pas de Suisse à 10 millions!», le 14 juin, ne signifierait pas un frein à sa progression. Car elle dicte depuis longtemps l’agenda politique.

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