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Il n'est pas particulièrement rare de trouver du méthanol et du cyanure d'hydrogène dans les comètes. Mais dans ces proportions là, c'est quasiment du jamais-vu.
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Par Martin Leduc Publié le 11 mars 2026 à 21h32
On en avait pas mal entendu parler lors de sa découverte, en juillet 2025, et pour cause : la comète 3I/ATLAS pourrait bien « venir des confins de l’univers », comme l’expliquait auprès d’actu.fr, en octobre dernier, Nicolas Biver, astrophysicien à l’Observatoire de Paris, président de la Commission des comètes de la Société astronomique de France.
« Observer 3I/ATLAS, c’est comme relever l’empreinte digitale d’un autre système solaire », s’enthousiasmait Nathan Roth, auteur principal d’une étude parue dans l’Astrophysical Journal Letters, citée dans un communiqué de l’Observatoire ALMA (et repérée par le média Futura).
Depuis juillet, on en apprend régulièrement un peu plus sur elle. Dernière découverte en date : sa composition, anormalement élevée en cyanure d’hydrogène, une molécule liée, sur Terre, à des poisons… mais aussi en méthanol, un alcool simple, « chose rare pour les comètes de notre système solaire », selon Nathan Roth, également professeur à l’American University.
3I/ATLAS se place « parmi les comètes les plus riches en méthanol jamais étudiées », notent les chercheurs.
Un ratio anormal
C’est grâce au télescope ALMA, basé au Chili, que ces observations ont pu être réalisées à plusieurs reprises entre août et octobre 2025. À travers la loupe, les scientifiques ont aussi pu réaliser que la quantité d’alcool dégazé augmentait à mesure que la comète approchait du Soleil.
« Le télescope Hubble nous permet de confirmer, depuis août, que son diamètre est inférieur à 5 km », chiffrait Nicolas Biver en octobre dernier.
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On a aussi observé des émissions de nickel atomique mais pas de fer, ce qui est particulier par rapport à ce que l’on connaît.
Désormais, on sait aussi que le ratio méthanol/cyanure observé est parmi les plus élevés jamais observés dans une comète, un niveau seulement dépassé par C/2016 R2 (PanSTARRS), une comète très atypique du Système solaire.
Ces mesures suggèrent que la matière glacée composant 3I/ATLAS s'est formée – ou a subi une transformation – dans des conditions différentes de celles qui ont façonné la plupart des comètes de notre Système solaire.
D’où vient l’alcool ?
La question, maintenant, c’est de savoir d’où viennent ces matériaux. « Le cyanure d’hydrogène semble provenir principalement du noyau, ce qui est typique des comètes du Système solaire. Le méthanol, quant à lui, semble être libéré à la fois du noyau et des grains de glace présents dans la coma (le nuage de gaz entourant la comète, ndlr.) », s’interrogent les chercheurs.
Pour rappel, « la comète 3I/ATLAS est seulement le troisième visiteur interstellaire (d’un autre système solaire, ndlr.) confirmé ayant traversé notre système solaire, après 1I/’Oumuamua et 2I/Borisov », remarque Nathan Roth. Un phénomène particulièrement intéressant, car l’étude de ces objets permet aux astronomes de comparer la chimie des comètes du Système solaire avec celles formées autour d’autres étoiles.
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