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Vandalisme et pillage dans les immeubles vides de la future zone tampon

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Près de trois ans après l’annonce par le gouvernement du Québec de la création d’une zone tampon au pied de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, le quadrilatère visé prend tranquillement des allures de village fantôme, alors que 52 des 82 propriétés s’y trouvant ont été achetées par Glencore.

Une partie de ces bâtiments rachetés par l’entreprise sont encore habités, mais le nombre de maisons et logements vacants a mené certains individus à venir s’y installer illégalement et, dans certains cas, y causer des méfaits.

David Marleau, qui est maintenant le seul occupant dans un immeuble de cinq logements, peut en témoigner.

Les quatre ménages qui occupaient avec lui le bâtiment ont déménagé depuis l’acquisition de l’immeuble par Glencore.

Entrée d'une remise obstruée par la neige.

David Marleau déplore des pertes de plus de 3500 $ suite au vol qu'il a subi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

L’automne dernier, il a été victime d’un vol dans son cabanon, situé derrière l'immeuble à logements.

Je suis tout seul dans mon bloc appartement, donc c’est assez facile de venir voler sans que personne ne remarque, signale-t-il. Aussi, les portes de remise sont toutes débarrées, à cause des appartements vacants. Je suis la seule remise qui est encore barrée.

Ils sont passés par le mur. Ils ont fait un trou et ils ont juste pris toutes mes choses.

Une fois à l’intérieur de l’une des remises adjacentes à celle de M. Marleau, les voleurs ont pu prendre tout leur temps pour percer un trou, à l’abri des regards, et accéder au contenu de la remise voisine.

David Marleau croit que le vol pourrait être l'œuvre de squatteurs. Il a trouvé dans la remise avoisinante des matelas, des couvertures et des oreillers, de même que des déchets et quelques effets personnels.

La remise de David Marleau a été visitée par des voleurs et estime ses pertes à plus de 3500 $.

La remise de David Marleau a été visitée par des voleurs et estime ses pertes à plus de 3500 $.

Photo : Gracieuseté

Il y a probablement quelqu’un qui dormait là, et qui en a profité pour prendre mes choses, déduit-il.

Selon ses estimations, la valeur des items volés, parmi lesquels des panneaux solaires, des outils et un vélo de montagne neuf, s’élève à plus de 3500 $.

Une firme de sécurité privée embauchée

Du côté de la Fonderie Horne, la directrice environnement, Marie-Élise Viger, confirme que des méfaits ont été commis l’automne dernier.

Notre équipe interne fait des suivis, fait des inspections des maisons et on a constaté effectivement des entrées par effraction, du vandalisme, et même du pillage de certaines maisons qui étaient vacantes, affirme-t-elle.

Marie-Élise Viger, directrice environnement pour la Fonderie Horne.

Marie-Élise Viger, directrice environnement pour la Fonderie Horne.

Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR

Dans le cadre de rencontres du comité de liaison, des citoyens ont également fait part de préoccupations en lien avec l’itinérance ou des vols dont ils avaient été témoins dans le secteur.

Rapidement, la Fonderie Horne a embauché la firme de sécurité privée Valcourt pour patrouiller dans le secteur.

On a eu des bons échos des citoyens, soutient Marie-Élise Viger. De voir la présence de Valcourt, ça les a rassurés, et on a vu en fait une baisse importante des entrées par effraction dans les maisons.

Ils font une tournée à l'extérieur, mais aussi une tournée à l'intérieur [des maisons]. S'assurer que les entrées sont sécurisées, que les portes sont barrées et aussi, au niveau de l'extérieur, s’assurer qu’il n’y a pas eu de vandalisme ou autre, ajoute-t-elle.

Plusieurs propriétés désormais vacantes ne sont pas déneigées cet hiver.

Plusieurs propriétés désormais vacantes ne sont pas déneigées cet hiver.

Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR

Glencore a également entrepris de vider les maisons et logements du contenu qui pourrait être attrayant pour les pilleurs.

On veut donner une deuxième vie à l'ensemble des mobiliers, matériaux qui auraient pu être laissés en place par les occupants précédents, indique Marie-Élise Viger. Donc, en ce moment, on est en train de vider les maisons et tout ce qui est intéressant, que ce soit mobilier, matériaux, on est en train de travailler à venir les redonner à des organismes.

Des risques pour la sécurité

Selon Marie-Élise Viger, tant des personnes en situation d’itinérance que des personnes opportunistes souhaitant profiter de la situation pour faire de l’argent se seraient introduites dans les logements.

Il y a peut-être eu aussi un peu de mauvaise compréhension. Certaines personnes disaient : “Ah ben le locataire m'a dit que je pouvais venir”. Donc là on a dit : “Non, malheureusement, vous ne pouvez pas rester ici”. On a eu une bonne collaboration, les gens ont compris et ont quitté les lieux, affirme-t-elle.

Une maison couverte de neige.

52 des 82 propriétés de la future zone tampon ont été acquises par Glencore. Plus de la moitié de ces propriétés acquises sont désormais vacantes et ne sont pas déneigées.

Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR

La présence de personnes dans les maisons abandonnées représentait, selon Mme Viger, un risque important pour la sécurité.

Les maisons, en ce moment, toutes celles qui sont vacantes, on est en train de couper l'eau, couper l'électricité, donc pour chauffer, quelqu’un pourrait être tenté de faire un feu. Ce sont des enjeux, il y a plusieurs voisins, donc on ne veut pas créer un enjeu pour nos voisins, fait-elle observer.

Assumer les pertes

Quelques mois après le vol, David Marleau dit avoir constaté une diminution de la présence d’intrus dans le secteur. Cette diminution coïncide avec l’arrivée de la firme de sécurité, mais aussi avec l’arrivée de l’hiver, période durant laquelle les nuits dans les cabanons sont généralement moins confortables.

Un immeuble résidentiel en hiver.

Quatre des cinq appartements du bloc de David Marleau sont désormais vacants.

Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR

Il estime néanmoins que le sentiment de sécurité n’est plus le même depuis que les maisons et logements avoisinants ont commencé à se vider.

Il y a moins de gens autour, moins de gens qui regardent, donc plus d’opportunités pour faire quelque chose. Si on connaît les rondes des agents de sécurité, il n’y a rien qui nous empêcherait de juste passer tout de suite après.

Concernant les pertes liées au vol qu’il a subi, David Marleau a consulté sa compagnie d’assurances, qui lui a répondu que ce n’était pas couvert. Le Rouynorandien a aussi tenté, sans succès, d’obtenir un dédommagement auprès de la Fonderie Horne.

Je suis déçu de la réponse, mais c'est vrai que j'aurais pu mieux vérifier mes assurances. C’est une petite leçon que je vais apprendre, dit-il, en acceptant une part de responsabilité pour le vol.

Démolitions à venir cet été

Alors que près des deux tiers des propriétés de la future zone tampon ont déjà été acquises par Glencore, Marie-Élise Viger soutient que des démolitions pourraient avoir lieu dès cet été.

On a fait une étude, une analyse de risque pour les différents scénarios. Est-ce qu'on attend à la toute fin? Est-ce qu'on débute les démolitions? Ce qui est ressorti, c'est que, autant pour la sécurité, le voisinage, c'est préférable qu'on commence la démolition de façon graduelle, dit-elle, en mentionnant que Glencore souhaite récupérer les matériaux encore utilisables pour les offrir à des organismes.

Lors des démolitions, Mme Viger souligne que toutes les précautions seront prises pour mitiger les risques de santé, notamment ceux liés à la présence potentielle d’amiante.

Tout ça va vraiment être évalué au cas par cas. Vraiment, chaque maison, les risques vont être pris en compte et ensuite on va essayer de venir faire les travaux plus en bloc afin de réduire les nuisances qu'on peut avoir au niveau des voisins, assure-t-elle.

David Marleau réside dans un logement situé dans la future zone tampon.

David Marleau réside dans un logement situé dans la future zone tampon.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Lorsque ces démolitions s’amorceront, David Marleau pourrait bien, lui aussi, avoir quitté le quartier. Il ambitionne de s’acheter une première maison, ailleurs à Rouyn-Noranda.

Je pensais partir cet été. De toute façon, je suis tout seul dans mon bloc, donc point de vue sécurité, ça pourrait être une bonne chose, conclut-il sereinement.

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