Ils sortent du labyrinthe à l’instant. Lui, Guy Cassiers, avec sa bouille d’alchimiste bon enfant, celle que devaient avoir les disciples de Rubens dans son atelier; elle, Valérie Dréville, avec son allure océanique, sa façon de rêver toujours le large. Ces deux artistes magnifiques enluminent nos nuits de théâtre depuis trente ans au moins: l’enfant d’Anvers s’est fait la réputation d’élargir le spectre des textes par un usage raffiné de la vidéo; elle a marqué à jamais avec Médée-Matériau, le texte de Heiner Müller désossé par le maître russe Anatoli Vassiliev, mais aussi dans la peau d’Arkadina, cette diva des planches, dans La Mouette de Tchekhov ensauvagée, à Vidy déjà, par Thomas Ostermeier.
Ces deux ont le regard éberlué et tendre à la sortie de la grande salle du Théâtre de Vidy où ils répètent Thésée, sa vie nouvelle (Ed. Verdier), récit bouleversant qui recoud les lambeaux d’une mémoire familiale, c’est-à-dire aussi de notre vieux monde, récit surtout qui fait le pari de la lumière. Son auteur, Camille de Toledo, l’a conçu ainsi, dans l’urgence d’une douleur qui menaçait de l’anéantir. Valérie Dréville et Guy Cassiers en prolongeront l’envoûtement à partir du 23 avril, dans le cadre de Tempo Forte, mini-festival organisé sur deux week-ends par l’institution.


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