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Une minière cède ses droits par respect pour un site sacré

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Dans le district de Thunder Bay, la société Landore Resources Canada Inc. a pris la décision de retirer sa demande de renouvellement de bail minier pour la propriété Seeley. Ce site, situé sur le territoire traditionnel de la Première Nation de Biigtigong Nishnaabeg, revêt une importance culturelle majeure pour la communauté.

Après avoir entendu les préoccupations de la Première Nation concernant l'exploration aurifère dans cette zone, l'entreprise derrière le projet BAM à Junior Lake a choisi de s'en retirer.

Un geste salué par le chef Duncan Michano comme un acte concret de réconciliation.

Si vous voulez une véritable réconciliation avec les Premières Nations, c'est ce que vous faites : vous rendez la terre, déclare-t-il.

Ce désistement survient alors que le gouvernement de l'Ontario intensifie ses pressions pour le développement du Nord, particulièrement dans le Cercle de feu.

Ce gisement de minéraux critiques, situé dans les basses-terres de la baie James, est au cœur de la stratégie de Doug Ford, qui estime qu'il injectera 22 milliards de dollars dans l'économie et créera 70 000 emplois.

Alors que de nombreuses Premières Nations s'opposent au développement dans la région en raison d'un manque de consultation gouvernementale, Biigtigong Nishnaabeg adopte une approche nuancée.

La communauté n'est pas opposée au développement en soi, mais exige qu'il se plie à ses propres conditions.

Nous comprenons que le développement est nécessaire face à la croissance de la population et de la demande mondiale de ressources, cependant, il existe des zones de haute importance où nous refusons toute exploitation, explique le chef Michano.

Duncan Michano dans une pirogue.

Le chef Duncan Michano, de Biigtigong Nishnaabeg, soutient que les minières doivent impérativement engager le dialogue avec les Premières Nations avant d'entreprendre toute exploration.

Photo : soumise par Biigtigong Nishnaabeg

Cette protection s'est concrétisée juridiquement : en 2020, l'Ontario a publié un avis de prudence dans son système d'administration des terres minières pour signaler la présence de titres ancestraux.

Quatre ans plus tard, Biigtigong Nishnaabeg a elle-même publié un avis désignant des zones d'importance culturelle au nord du lac Supérieur où l'exploration minière serait jugée préjudiciable.

Privilégier la collaboration

Plutôt que la confrontation systématique, le chef Michano privilégie la création de liens.

Il faut établir une relation avec l'entreprise. On ne peut pas toujours se battre; il faut leur faire comprendre l'importance de restituer la terre.

Cette stratégie porte ses fruits, notamment avec l'entreprise Landore.

Au fil des ans, une relation solide s'est bâtie, menant l'entreprise à rétrocéder des terres à la Première Nation dans la région de Coldwell, un village de pêche historique, après y avoir jalonné une concession.

Cet élan dépasse le secteur industriel. L'été dernier, des citoyens privés ont également rendu des terres à la communauté, un geste que le chef Michano qualifie de réconfortant.

Pour lui, le message est clair : Ils savent que la véritable réconciliation passe par la restitution d'une partie des terres.

L’équilibre avant tout

Située en bordure de la Transcanadienne à 300 km au nord-est de Thunder Bay, la communauté de Biigtigong Nishnaabeg compte environ 450 habitants.

Ses leaders la décrivent comme une Première Nation progressiste, ouverte au développement économique, mais sans compromis sur ses valeurs fondamentales.

Nous soutenons diverses industries, mais jamais au détriment de ce qui nous est cher. Tout est question d'équilibre, affirme la directrice générale de la communauté, Debi Bouchie.

Cette vision rejoint celle de Landore Resources Canada Inc. qui, dans un récent communiqué, a souligné l'importance de prouver ses engagements environnementaux et sociaux par des actes.

Sa directrice générale, Michele Tuomi, soutient que l'entreprise privilégie des pratiques d'exploration durables respectant tant l'environnement que les communautés locales.

Alors que les concessions minières se multiplient dans le Nord, Biigtigong Nishnaabeg érige cette collaboration en modèle.

Nous espérons que d'autres suivront cet exemple, conclut Debi Bouchie.

Avec les informations de Sarah Law, de CBC

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