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Ressources naturelles Canada prévoit que la météo sera propice à la propagation d'incendies de forêt au cours des prochains mois sur la Côte-Nord. Pour les mois de juin et juillet, les conditions météorologiques propices au feu devraient être au-dessus de la normale par rapport aux données historiques. Le chercheur en écologie forestière à Ressources naturelles Canada, Yan Boulanger, nuance toutefois ces conclusions.
Le chercheur affirme que la majorité des quelque quarante modèles utilisés par Resources Naturelles Canada prévoient des conditions sous la normale pour la Côte-Nord. La moyenne des modèles anticipe toutefois des conditions au-dessus de la normale. Il y en a probalement quelques-uns qui tirent très fort vers des valeurs très élevées, précise-t-il.
L’incertitude entre les différents modèles est donc encore très grande et rend difficiles les prédictions sur plusieurs mois, selon le chercheur.
Par ailleurs, Yan Boulanger précise que les prévisions météorologiques ne font pas gage du risque d’incendie en soi. S’il n’y a pas d’allumage, bien évidemment, le risque est bas, explique-t-il.

La carte des anomalies de sévérité illustre la différence entre les prévisions et les données météo historiques (calculées par exemple à partir de la moyenne des années 1991 à 2020)
Photo : Ressources naturelles Canada
Yan Boulanger affirme que les conditions climatiques extrêmes jouent un rôle déterminant dans la propagation de feux de forêt. Plus le nombre de jours où ces conditions vont survenir est grand, plus il y a de chances que les incendies allumés prennent de l’ampleur , explique-t-il.
Ces conditions incluent des journées très chaudes, très venteuses et très sèches.
De plus, le chercheur estime que le couvert de neige toujours présent en forêt retarde le début de la saison des feux. La région souffre toutefois d’un déficit de précipitations depuis l’année dernière qui laisse les sols plus secs que la normale. Quand la saison va commencer, les sols seront déjà secs lance le chercheur.

Normalement, sur la Côte-Nord, le risque d'incendie est très bas (contrairement à une région comme les Prairies, où le risque est naturellement élevé). Yan Boulanger explique que même si les prévisions annoncent que ce sera pire que d'habitude, le danger réel demeurera tout de même relativement bas.
Photo : Ressources naturelles Canada
De son côté, la SOPFEU affirme qu’elle regarde davantage les conditions climatiques plus immédiates pour organiser ses déploiements. Les prévisions comme celles de Ressources naturelles Canada n’ont donc pas vraiment d’incidence sur ses préparatifs.
Un mot sur El Niño
Pour Peter Kimbell, météorologue chez Environnement Canada, le phénomène El Niño se définit par un réchauffement anormal de la température à la surface de l'océan Pacifique tropical. El Niño a un impact sur la température à l'échelle mondiale et peut amener des températures plus chaudes dans l’Ouest canadien.
Selon Yan Boulanger, le phénomène El Niño qui pourrait avoir lieu cette année a très peu d'influence sur les incendies sur la Côte-Nord.


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