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Une manifestante soutenant les lycéens porte plainte contre un policier pour agression sexuelle à Paris

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Cécile, 31 ans, dénonce des attouchements qu’elle aurait subis de la part d’un policier alors qu’elle participait à une chaîne humaine devant le lycée Hélène-Boucher.

Une manifestante porte plainte contre un policier pour agression sexuelle devant un lycée parisien. (photo d’illustration de CRS à la place de la Bastille, lors de la mobilisation lycéenne du 8 octobre 2026)

JULIEN DE ROSA / AFP

Une manifestante porte plainte contre un policier pour agression sexuelle devant un lycée parisien. (photo d’illustration de CRS à la place de la Bastille, lors de la mobilisation lycéenne du 8 octobre 2026)

« C’était hyper violent. » Une femme de 31 ans, prénommée Cécile, a rapporté à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avoir été victime d’une agression sexuelle par un policier lors d’une manifestation, jeudi 8 octobre, devant un lycée parisien. Ce qui a entraîné l’ouverture d’une enquête en flagrance, a appris l’AFP ce samedi 10, de source proche du dossier.

Selon la plainte, dont l’agence de presse a eu connaissance, les faits se sont produits jeudi matin devant le lycée Hélène-Boucher, dans le XXe arrondissement de la capitale. La plaignante explique s’être trouvée dans une chaîne d’adultes s’interposant entre des lycéens et les forces de l’ordre, lorsque les policiers, boucliers en avant, les ont poussés pour les faire reculer.

« Au moment de la charge, les policiers étaient face à nous » et « ils ont poussé », a relaté la plaignante ce dimanche à RTL. Elle indique que c’est à ce moment-là qu’« un policier a passé sa main entre deux boucliers » et « l’a mise entre [les] jambes » de la trentenaire. « Il a frotté sur mon sexe pendant plusieurs secondes », a-t-elle témoigné auprès de la radio, précisant que l’homme la fixait dans les yeux.

« J’espère que l’on pourra le retrouver et qu’il sera sanctionné »

« Je pense que son objectif, c’était vraiment que je voie qu’il avait totalement accès à mon corps et qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait, et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé », a-t-elle ajouté. « C’était hyper violent », a-t-elle confié à RTL, assurant qu’« il n’y avait vraiment aucune ambiguïté sur le geste », qu’elle assimile à de la « domination ».

Dans sa plainte, où les mêmes éléments sont relatés, Cécile explique qu’elle n’a pas pu repousser le fonctionnaire car les adultes, pour former leur chaîne, se tenaient par les bras, ce qui l’immobilisait. La jeune femme dit avoir protesté et regardé plusieurs fois le policier, qu’elle n’a pas pu identifier dans l’immédiat, même si elle avait « bien vu ses yeux », malgré le casque et la cagoule.

Même en faisant « le tour de chaque policier » a posteriori avec plusieurs amis et élus qui se trouvaient là, la manifestante n’a pas réussi à reconnaître son agresseur présumé. Elle précise que de nombreux membres des forces de l’ordre présents ce jour-là ne portaient pas leur numéro d’identification réglementaire, le fameux RIO qui identifie individuellement chaque fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. « J’espère que l’on pourra retrouver le policier et qu’il sera sanctionné », a déclaré la trentenaire à l’AFP.

La police pointée du doigt depuis le début du mouvement lycéen

Un élu municipal parisien, Simon Duquerroir, compagnon de la plaignante et qui se trouvait à ses côtés, portant son écharpe tricolore, confirme à l’AFP l’avoir entendue crier qu’elle se faisait agresser sexuellement : « Je l’ai tirée pour l’extraire de l’autre côté », a précisé le conseiller de Paris, qui assure pour sa part avoir été frappé au visage par un policier, comme il l’a expliqué sur les réseaux sociaux et au Parisien.

Sollicité par l’AFP, l’avocat de Cécile, Me Simon Appriou a fait savoir que sa cliente « reste profondément choquée par les faits qu’elle a subis, qui relèvent à la fois de violences sexuelles et de violences policières exercées à l’encontre des personnes mobilisées », soulignant le « contexte » actuel où « la difficulté à identifier les agents mis en cause engendre indéniablement de l’impunité ».

Ce n’est pas la première fois que les forces de l’ordre sont mises en cause depuis le début de la mobilisation lycéenne. Plusieurs accusations de violences policières ont émergé – on peut citer le cas du lycéen (lui-même accusé de violences) qui assure qu’un policier a essayé de le noyer ou encore le cas du jeune de 16 ans éborgné lors du blocage d’un lycée à Tours. Au total, une vingtaine d’enquêtes ont été ouvertes depuis le début de la contestation lycéenne par l’IGPN, la « police des polices ».

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