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Une grosse victoire, et un gain énorme en termes d’expérience

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Un athlète fier comme Brendan Gallagher, qui avait été laissé de côté pour quatre des cinq derniers matchs de la saison et pour les quatre premiers de la série face au Lightning de Tampa Bay, n’allait pas fanfaronner parce qu’il a joué mercredi soir. Ni même parce qu’il a marqué un but extrêmement important qui a donné le ton à la rencontre.

Oui, en dépit de son utilisation limitée, Gallagher a été au centre de la victoire de 3-2 du Canadien qui lui permet de prendre l'avance 3-2 dans sa série face au Lightning.

Sa présence et sa contribution sont un événement, alors que, pendant des années, elles allaient de soi.

S’il est employé tous les soirs, Gallagher est un maillon faible dans la formation. Mais un Gallagher reposé, qui a la rage d’un animal en cage et qui piaffe d’impatience de jouer, constitue un atout précieux si Martin St-Louis abat cette carte au bon moment.

Et il l’a fait mercredi soir.

Après la défaite, de la manière qu'on a perdu après avoir mené 2-0, émotionnellement, ça peut t’assommer un petit peu, a expliqué St-Louis. Je pensais que ça pouvait donner un élan à notre équipe de voir un vétéran comme ça et la manière dont il se comporte.

Ce n’est pas facile pour un vétéran d’être laissé de côté comme ça, avec toute l'expérience qu'il a. Mais ce n'est pas facile non plus pour un coach de laisser de côté un vétéran de même. Mais je pense qu’à ce moment-là, c'était la décision à prendre.

Le match n’était vieux que de trois minutes quand Corey Perry s’est rendu coupable d’un revirement en zone centrale sur lequel Alex Newhook a bondi. Newhook a attaqué le filet, il a forcé un retour de lancer et Gallagher est venu le cueillir.

Par la suite, le Lightning s’est épuisé toute la soirée à rattraper le pointage. Après cinq rencontres, il n’a eu l’avance dans un match que pendant 27 minutes.

On s’est assis et on les a regardés, on s’est fait battre de vitesse vers notre filet et c’était 1-0, a résumé l’entraîneur-chef Jon Cooper. Dure façon d’entreprendre un match, il n’y a aucun doute là-dessus.

Dans des matchs serrés comme ceux-là, où les pointages sont toujours bas, tu ne peux pas de donner de buts gratuits. Et on leur a donné un but gratuit à ce moment-là.

Il s’agissait de la première présence dans le match de Gallagher, lui qui s’est assuré d’avoir un impact maximal à l’intérieur de ses 6:48 de jeu. Et quand son trio a eu le dessus sur celui de Perry, cela a mis en relief une réalité des séries éliminatoires, mais de cette série Canadien-Lightning en particulier : si des joueurs d'élite comme Suzuki et Kucherov sont pour être tenus en échec et s’annuler mutuellement, les joueurs de soutien doivent prendre le relais.

Ceux du Canadien l’ont fait dans chacune des trois victoires qui le mènent désormais aux portes d’un passage au deuxième tour.

Leur profondeur et, oui oui, leur expérience, leur ont servi à plus d’un titre dans ce match.

Gallagher et l'humble triomphe

Restons un moment du côté de Gallagher, si vous le voulez bien. C’est le feel good story de la soirée, celui pour qui tout le monde est heureux au terme de ce cinquième match.

Gallagher était là, en 2021, quand l’équipe a perdu en finale de la Coupe Stanley dans le même édifice où il a repris le collier, mercredi.

Je ne peux pas entrer dans cet aréna sans y penser, a reconnu Gallagher. Je me souviens de ce que j’ai ressenti en quittant la patinoire ce jour-là, et c’est un sentiment qui restera gravé dans ma mémoire aussi longtemps que je vivrai.

Mais aujourd’hui, on a l’occasion de se remettre à l’épreuve. Je sais ce que ce groupe a traversé, je sais à quel point on a fait nos preuves pour en arriver là. C’est un groupe vraiment talentueux.

C’est un groupe tellement talentueux qu’il n’y a guère plus de place pour lui sur une base permanente.

Le rôle de Gallagher diminue à mesure que l’équipe devient compétitive, ce qui est un peu tragique quand on y pense. Il fait désormais partie de ceux qui doivent se tenir prêts quand l’occasion va se présenter.

Si Gallagher ravale sa gomme, s’il comprend sa situation sans pour autant l’accepter, il peut quand même être utile à l’équipe et partager son expérience.

C’est ce qu’il a essayé de faire dernièrement.

Il y a des moyens d’apprendre même quand on ne joue pas, a dit Gallagher. On regarde le match, bien sûr, puis on discute avec les gars, on écoute ce qu’ils pensent. Et l’un des avantages d’être plus âgé, c’est qu’on a déjà vécu certaines choses, on a de l’expérience. Si on remarque quelque chose, on peut aider les autres en cours de route.

C’est un rôle qui me plaît. Je me souviens que des gars m’avaient aidé à l’époque, surtout à cette période de l’année. Peu importe la façon dont on apporte une contribution, on essaie simplement de faire ce qu’on peut et de jouer notre rôle.

Gallagher est non seulement le doyen du Canadien, c’est aussi celui qui a joué le plus de matchs éliminatoires dans la formation. Celui de mercredi était le 77e de sa carrière. Et le feu qu’il a encore fait brûler dans ce match a marqué le gardien Jakub Dobes, l’un des héros de cette victoire avec ses 38 arrêts.

On a juste envie d'être comme lui. On veut travailler aussi dur que lui, on veut jouer avec sa passion. J'ai l'impression qu'il est fait pour ce genre de hockey. Alors, je suis vraiment content pour lui qu'il ait marqué et qu'il ait joué un bon match.

Un gardien fait face à un tir.

Jakub Dobes s'est dressé devant les assauts du Lightning. Le gardien recrue du Canadien a réalisé 38 arrêts mercredi soir.

Photo : Getty Images / Mike Carlson

L'apprentissage continue

Gallagher fait partie du petit contingent de vétérans aguerris chez le Canadien, à l’instar de son pote Phillip Danault.

L’expérience de ce dernier a également servi le CH quand il s’est battu bec et ongles pour protéger son avance.

L’équipe a résisté aux assauts tardifs du Lightning lorsque le gardien Andrei Vasilevskiy a été rappelé au banc à la faveur d’un sixième attaquant, avec 2:33 à faire dans le match.

Danault a passé les 3 dernières minutes et 31 secondes sur la patinoire.

Ça s’en venait un peu intense, a convenu le Québécois, qui a aidé à endiguer une menace, mais aussi ce qui a constitué un problème cette saison. On parle après tout de l’équipe qui a donné – et de loin – le plus de buts à 5 contre 6 cette saison.

Elle a appris, visiblement.

Oui, il y a un écart d’expérience entre la verte équipe de l’an dernier et celle qui affronte le Lightning, mais l’apprentissage continue encore cette année sur une base quotidienne.

Martin St-Louis l’a encore constaté quand il a demandé un temps d’arrêt avec 88 secondes à jouer, lorsque les cinq joueurs mandatés se sont agglutinés le long de la bande.

J'ai demandé un temps d’arrêt. Et, bien sûr, Trevor (Letowski) était avec eux. Mais ils participent tous à la recherche d'une solution, a expliqué St-Louis. Ils font partie de la solution, ils discutent entre eux, ils s'entraident, et ils trouvent une solution avec l'aide de Trev et tout ça. Mais ils sont vraiment impliqués. Et ensuite, ils vont sur la glace et ils mettent ça en pratique, ils bloquent des lancers… C'était génial.

D'un match à l'autre

L’expérience s’acquiert au fil des rencontres.

La présence d’un vétéran comme Gallagher dans la formation s’expliquait entre autres par la volonté de réécrire le scénario, comme l’avait illustré St-Louis, la veille, en plaidant que la mise en échec de Max Crozier sur Juraj Slafkovsky n’avait pas à devenir l’emblème de cette série.

Ce n’est pas juste Gallagher. Toute l’équipe s’est appliquée à écrire la suite de cette série en tirant des leçons de ce qui était survenu dimanche, quand le Lightning a effacé un retard de deux buts pour finalement l’emporter 3-2.

J’ai l’impression que, lors du dernier match, on a peut-être un peu paniqué, a admis Dobes. On a été un peu surpris par ce qui se passait. Mais aujourd’hui, on était tout simplement une meilleure équipe.

J’ai l’impression qu’à chaque match des séries, on s’améliore en tant qu’équipe et on gagne de l’expérience en apprenant à gérer ces situations. Et je trouve qu’aujourd’hui, tout le monde a fait du bon travail, pour faire en sorte que ce qui s’est passé lors du dernier match ne se reproduise plus.

Il glisse sur son genou droit.

Alexandre Texier célébrant le but qui a donné la victoire à son équipe.

Photo : Getty Images / Mike Carlson

St-Louis aussi a beaucoup appris

St-Louis a complètement remodelé ses trios pour ce cinquième affrontement. Il s’est fait violence, d’une certaine façon, en renonçant à des recettes éprouvées et en mettant à l’essai certaines combinaisons que l’on n’avait jamais vues cette saison.

Revoir Josh Anderson avec Suzuki et Caufield, un truc qui a foiré à chaque tentative au fil des ans, n’a guère été plus concluant qu’à l’époque. Mais au moins, St-Louis a été capable d’aller chercher un équilibre chez ses quatre trios, ce qui lui a permis d'exploiter une profondeur plus intéressante que celle du Lightning.

Puis, il y a eu le déploiement de chacun de ces joueurs.

Il était étourdissant de voir toutes les combinaisons qu’il a tentées en troisième période. St-Louis n’a pas eu souvent recours à Caufield, et il a cloué Ivan Demidov au banc pour les sept dernières minutes du match.

Quand on vous dit qu’il se faisait violence…

Ce n’est pas ce que veut St-Louis, ce n’est pas ce qu’il aime, mais c’est ce que la situation commandait.

Le match de ce soir me donne l'expérience de ces situations-là, de gérer ton banc, faire des ajustements, différentes confrontations et tout, a avoué St-Louis. Ça a été du positif pour mon expérience, mais je ne te dirais pas que j'ai eu bien du fun à faire ça, là.

Bref, ce match n’est pas qu’une victoire au dossier du Canadien. C’est aussi, à plusieurs égards, l’expérience qui rentre, qui est mise à profit, et qui le fait gagner.

C’est majeur.

 Tellement hockey

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