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Le nombre de saumons quinnats présents dans le fleuve Yukon est en baisse depuis de nombreuses décennies, et ce, malgré les efforts de conservation. Une nouvelle étude pointe maintenant vers une vague de chaleur dans la mer de Béring pour expliquer une partie de ce déclin.
L’étude, qui provient de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), met en lumière deux périodes de baisse dans la population de saumons quinnats, l’une en 2003 et l’autre en 2023.
Le coauteur et professeur adjoint à l’Université de l’Alaska à Fairbanks, Curry Cunningham, explique qu’avant 2013, les saumons ont subi un court déclin avant que la population ne parvienne à se rétablir dans les années subséquentes. Or, en 2016, les conditions ont commencé à changer.
Il semble qu’avec le temps, ce soit associé avec cette vague de chaleur marine que nous avons observée dans l’est de la mer de Béring, explique-t-il, en ajoutant que cette vague de chaleur s’est poursuivie jusqu’en 2020, ce qui a eu un impact sur les saumons et leurs proies.
La gestionnaire des pêches pour le Conseil des Premières Nations du Yukon, Elizabeth MacDonald, considère l’étude comme exacte et convient que les changements climatiques ont joué un rôle majeur dans l’effondrement de la population de saumons quinnats.
Un moratoire a d’ailleurs été mis en place sur la pêche au saumon dans le fleuve Yukon autant au Canada qu’aux États-Unis pour une période de 7 ans, soit entre 2023 et 2030. Elizabeth MacDonald souligne qu’au Canada, les Premières Nations n’ont pas pêché le saumon, une source de nourriture traditionnelle, depuis des décennies.
La plus grande chose que nous pouvons contrôler, c'est le nombre de poissons que nous prenons dans le fleuve, soutient-elle. Même de prendre 10 poissons peut équivaloir à l’extinction de toute une population d’un ruisseau ou d’une zone de frai dans 4 ou 5 ans advenant une autre vague de chaleur.
De son côté, Curry Cunningham admet qu’il est difficile de savoir s’il y a lieu d’espérer, puisque le réchauffement tend à continuer.
Les saumons peuvent incroyablement bien s’adapter, souligne-t-il en rappelant que les saumons de l’Alaska et du Yukon ont encore un habitat de frai intact, ce qui lui permettrait de s’adapter si les conditions venaient à changer.
Avec des informations de Julia Parrish


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