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C'est la première défaite de Bernard Drainville en six campagnes électorales. Malgré ce résultat décevant pour lui et son équipe, ses partisans l'ont acclamé chaleureusement à son arrivée lors de son rassemblement à Lévis.
Ému, il a pris soin de les remercier d'avoir été là pour lui durant 39 jours de campagne, il a d'ailleurs nommé plusieurs d'entres eux par leurs prénoms, avant de remercier sa femme Martine Forand et sa fille Rosalie qui ont également mené cette course à ses côtés. Sans toi je n'aurais jamais pu m'investir dans cette aventure comme je l'ai fait a-t-il lancé à son épouse avant de l'étreindre et de l'embrasser.

Bernard Drainville est arrivé en troisième position.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Il a aussi félicité celle qui lui a ravi le comté, la conservatrice Karine Laflamme en plus de souligner l'engagement de tous les candidats partout en province.
Puis, il a expliqué combien il était fier du travail accompli dans Lévis au cours des quatre dernières années en rappelant les dossiers clés sur lesquels il a travaillé. Bernard Drainville a aussi évoqué ceux pour lesquels il aurait voulu faire avancer, comme ce fameux troisième lien qui fait saliver bien des électeurs.
Un nouveau lien entre les deux rives, c'est pas un caprice : c'est un besoin. La population de notre région ne renoncera jamais, a-t-il affirmé, après sa défaite.
Lors de son discours, il n'a pas évoqué son avenir, mais a lancé avec honnêteté à ses partisans qu'il aurait aimé un résultat différent. Mais Lévis a parlé, a-t-il dit. Malgré l'écrasante défaite de la CAQ , il a voulu mettre l'accent sur l'importance qu'aura toujours à ses yeux cette troisième voie pour le Québec.
Ça va être important de garder vivante cette troisième voie nationaliste et autonomiste. Le nationalisme c'est ce qui a gardé le Québec vivant, c'est ça pour moi la troisième voie, se renforcer sans renoncer à ce que nous sommes.

Bernard Drainville est arrivé en troisième position dans Lévis, derrière la conservatrice Karine Laflamme et le péquiste Yanick Godbout.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
La peur est derrière nous
Martine Forand, l'épouse de Bernard Drainville, est bien évidemment déçue du résultat pour son mari et son équipe, mais elle se dit aussi soulagée que cette campagne qu'elle qualifie de violente touche à sa fin. En plus de ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux , elle évoque entre autre le moment où sa fille Rosalie, enceinte de 7 mois, s'est fait violemment agresser verbalement dans un quartier de Lévis lorsqu'elle faisait du porte à porte avec une autre bénévole.
Ça a été troublant, troublant pour Bernard, à partir de ce moment-là tu te demandes "est-ce que ça vaut la peine? Il y a une réflexion à avoir.

Le ministre sortant Bernard Drainville qui regarde les résultats avec sa famille.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière
Quand on lui demande si elle pense que son mari reviendra en politique malgré cette défaite et ce climat qu’elle dénonce, elle répond : La politique, je sais qu'il en mange mais je pense qu’il va prendre du recul, croit-elle.
Bernard Drainville, persévérant jusqu’à la fin
C'était sa sixième campagne électorale, une campagne menée à sa manière, avec combativité, lucidité et humour. Trente neuf jours de présence ininterrompue sur le terrain où jamais il n’a baissé les bras malgré la baisse de popularité de son parti.
Jour après jour, il a parcouru sa circonscription, il a visité des organismes, des résidences pour aînés, serré des mains. Accompagné de son équipe, mais aussi de sa fille Rosalie, il n'a pas ménagé ses efforts pour mener ce marathon dont le but était de convaincre les Lévisiens de lui accorder un second mandat.

Bernard Drainville et sa fille Rosalie lors d'un rassemblement de la FADOQ Saint-Romuald
Photo : Gracieuseté de l'équipe de Bernard Drainville
Ce ténor du gouvernement caquiste a joué le tout pour le tout. Il faut dire qu'après avoir été élu quatre fois sous la bannière péquiste – après avoir tenté de diriger le PQ et la CAQ – cet acteur politique coloré connaît toutes les facettes de la joute politique.

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Bernard Drainville alors qu'il était journaliste à Radio-Canada. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En campagne
Dans le dernier droit de sa course mardi dernier, nous l'avons accompagné pour vivre une journée de campagne à ses côtés. C'est à la résidence du Précieux-Sang, située au cœur de Lévis, que la journée a commencé.
Rosalie Drainville, sa fille, l'accueille dans le stationnement de la résidence privée pour aînés. La complicité est visible entre le père et sa fille. À ses côtés depuis le début de cette campagne, la jeune femme, au ventre rebondi, attend le premier petit-fils du parlementaire. L’heureux événement est prévu pour décembre, un grand bonheur qu’il partage avec des étoiles dans les yeux.

Bernard Drainville et sa fille Rosalie
Photo : Radio-Canada
Le propriétaire de la résidence privée les amène à la rencontre des résidents. Le courant passe entre l'homme et tous ceux qui croisent son chemin. Il prend le temps de jaser, de s'intéresser à ses interlocuteurs, d'aborder cette chaude lutte dans Lévis.
Installé au pied du lit de M. Jean-Yves Guay, il affirme : Je vais vous dire honnêtement, M. Guay, si je passe ici dans Lévis, c'est que les gens vont voter pour l'homme.

Bernard Drainville avec Jean-Yves Guay, résident de la résidence du Précieux-Sang
Photo : Radio-Canada
Une fois la visite terminée, prochaine étape : un point de presse pour l'inauguration du centre de pédiatrie sociale de Lévis. Le centre est aménagé dans l'ancien presbytère de l'église Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy.
Sur place, des gens d'affaires, des employés du centre et, bien sûr, quelques-uns de ses adversaires dans cette course, des adversaires qu'il s’empresse de saluer. Puis, il félicite la directrice du centre, Maude Julien. Il discute aussi avec le père de cette dernière, Gilles Julien, celui qui a fait entrer la pédiatrie sociale au cœur des pratiques médicales au Québec. La cause des enfants lui tient à cœur, tout comme celle des organismes communautaires de sa circonscription.
D'ailleurs, sur place, il profite de l'occasion pour solliciter les dons des gens d'affaires afin de venir en aide à un autre organisme du milieu, le comptoir alimentaire Le Grenier qui a subi du vandalisme et perdu 10 000 $ en nourriture en plus de se retrouver à devoir investir 20 000 $ pour réparer un appareil.
En serrant les mains des dirigeants de Desjardins, de la Davie et d'autres représentants de grandes entreprises lévisiennes, il les persuade de donner au Grenier. Pas question pour l'homme politique de rater cette occasion de ramasser des fonds pour ce comptoir alimentaire qui aide 450 familles chaque semaine.
Un 5000 $ ici, un autre là. Il a bientôt en main l'argent qu'il faut pour aider l'organisme dans cette épreuve. D'ailleurs, malgré sa journée déjà très chargée, il ajoute une visite au comptoir afin d'annoncer l’heureuse nouvelle aux employés et bénévoles.

Bernard Drainville écoute un intervenant lors d'un point de presse sur le déménagement du centre de pédiatrie sociale.
Photo : Radio-Canada
Autre étape maintenant : le dîner de la FADOQ St-Romuald. La directrice le présente et le remercie pour l'aide financière qu'il leur a généreusement accordée dans les dernières années. Les convives l'applaudissent.
Il est en territoire conquis, mais il profite tout de même de l'occasion pour dire aux personnes présentes qu'il espère être encore là pour quatre ans, mais, dit-il, ça dépend de vous. En toute humilité, il admet que son gouvernement n'est pas sans faille.
Tout n'est pas parfait, il y a des erreurs parfois qui sont commises, faut les reconnaître. Puis, il faut s'engager à faire mieux la prochaine fois. Sa déclaration entraîne de nouveaux applaudissements.
Puis, il continue avec l'humour qu'on lui connaît. Des fois, on me reproche mon franc-parler, mais n'oubliez jamais que j'ai une voix mélodieuse et que, si jamais je suis battu, je vais être obligé de revenir chanter. Je vais avoir du temps pour chanter. Voulez-vous ça? Posez-vous la question.
Les convives s'amusent. Avant d'aller leur serrer la main, il leur présente Rosalie. Il ne manque pas l’occasion de leur préciser, à eux-aussi, qu’il sera grand-père en décembre.
Une dose d'humour, une touche de franchise, un soupçon d'émotion, Bernard Drainville est un fin communicateur et sait comment toucher les gens.
C'est d'ailleurs sur sa personnalité qu'il mise pour se faire réélire comme député. Mais la vague conservatrice aura davantage charmé les Lévisiens, cette fois-ci.


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