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Bien représentés au conseil des ministres au cours des derniers gouvernements, les électeurs de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ont décidé de n’élire aucun député du Parti québécois. Quel sera désormais le poids de la grande région de Québec à l’Assemblée nationale?
C’est une première depuis 1867 qu’un gouvernement ne fait pas élire au moins un député dans la Capitale-Nationale.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a remporté 15 des 18 circonscriptions de la grande région de Québec. Les deux châteaux forts de Québec solidaire en Taschereau et Jean-Lesage sont encore debout tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ) a effectué un retour dans Jean-Talon.
Ainsi, aucun des 59 élus péquistes ne représentera la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches à l’Assemblée nationale.

Le chef du Parti québécois et premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, célèbre sa victoire.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Malgré ces résultats, Québec demeure une région stratégique et attractive pour les partis politiques, croit Yannick Dufresne, directeur du Centre d'analyse des politiques publiques et professeur titulaire au département de science politique à l’Université Laval.

Yannick Dufresne est directeur du Centre d'analyse des politiques publiques et professeur titulaire au département de science politique à l’Université Laval.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
D’une élection à l’autre, on peut penser que, dans la région de Québec, le vote est très volatile. Les autres partis le savent et le parti au pouvoir le sait aussi. D’entendre cette voix forte là, ça envoie un signal qu’il faut prendre des positions qui sont proches de ces électeurs-là pour se faire entendre, analyse-t-il.
C’est le même son de cloche pour Marc-André Bodet, professeur titulaire au département de science politique à l’Université Laval.
Les comtés non conservateurs sont en minorité dans la grande région de Québec. Donc, la force de frappe du PCQ dans le discours public sera peut-être même plus forte que celle du PLQ, qui est vraiment plus éloigné du pouvoir à Québec, estime-t-il.
Le gouvernement ne peut pas abandonner cette région-là. Il va vouloir la reconquérir [dans une prochaine élection]. Il aura besoin de la région de Québec.
Selon ces deux experts, des projets d’envergure comme celui du chantier Davie font en sorte qu’un gouvernement ne peut pas ignorer la région.
C’est une entreprise d’exportation et fortement associée à l’identité nationale, c’est le type de projet que le Parti québécois aura tendance à plus rapidement s’y associer, ajoute Marc-André Bodet.
Le poids des ministres
La Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ont connu leurs lots de ministres sous les deux gouvernements de la Coalition avenir Québec. Cette fois-ci, les deux régions devront se débrouiller dans l’opposition. Une telle réalité a ses avantages et ses inconvénients.
La recherche tend à démontrer que lorsqu’une région a un ministre. Ce ministre sent le besoin d’éviter de favoriser la région d’où il vient. En ce sens, un ministre n’amène pas nécessairement des avantages pour une région, explique Marc-André Bodet.

Marc-André Bodet est professeur titulaire au département de science politique à l’Université Laval.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Le professeur titulaire reconnaît toutefois qu’un siège au conseil des ministres permet des relations plus directes pour faire avancer des projets locaux ou régionaux.
Pour Yannick Dufresne, un électorat devrait toujours voter pour un candidat qui représente les valeurs qu’il défend.
De ne pas avoir de ministre dans la région, c’est quelque chose, mais de ne pas avoir de personne qui représente cette voix-là, c’est autre chose aussi. D’avoir des gens autour de la table, mais qui ne partagent pas tes valeurs, est-ce que l’électeur est vraiment plus avancé?, se questionne-t-il.

Le département de science politique de l'Université Laval présentait une soirée électorale transpartisane où plus d'une cinquantaine d'étudiants, professeurs et amateurs de politique se sont rassemblés.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Que la vague conservatrice ait connu une ampleur aussi importante et que le PQ n’ait pas réussi à y faire élire un seul député dans la région a quelque chose de surprenant. Toutefois, Marc-André Bodet estime que les prochaines élections risquent de créer de plus en plus de surprises de la sorte.
Est-ce que c’est une élection historique? Oui, mais, en même temps, le Québec vit une forte volatilité électorale à la fois au provincial et au fédéral. Je pense que ce type d’élection raz-de-marée sera de plus en plus fréquent, conclut-il.


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