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La trentaine de familles évacuées à la suite d'un incendie majeur dans le quartier Saint-Michel, à Montréal, lundi, ne savent toujours pas à quel moment elles pourront réintégrer leur logement. Entre-temps, les sinistrés prennent leur mal en patience, mais les plus vulnérables, eux, n'ont pas le luxe d'attendre.
L'incendie, qui a ravagé les 36 logements d’un immeuble d’habitation de l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, n’a causé aucun décès ou blessé grave. Au lendemain des événements, l’angoisse est toutefois palpable pour la centaine de personnes, dont plusieurs familles, qui se sont retrouvées à la rue.
Présentement, 35 familles sont hébergées à l’aréna sur la rue Jarry, a expliqué le conseiller de la Ville du district Saint-Michel, Josué Corvil, en entrevue, mardi, à l'émission Tout un matin. M. Corvil était allé à la rencontre des sinistrés le matin même pour écouter leurs besoins et pour savoir comment on peut assister, leur nombre étant porté à augmenter.
À l’aréna, la Croix-Rouge porte assistance aux locataires touchés. Ça représente environ 87 personnes adultes et enfants, a estimé la directrice de l'intervention d'urgence à la Croix-Rouge canadienne, Josiane Castonguay.
En entrevue à Radio-Canada, Mme Castonguay a affirmé que la Croix-Rouge avait offert des services de première nécessité, des services d’urgence, donc de l’hébergement d’urgence, de l’alimentation et, aussi, de l’habillement aux gens qui en avaient besoin.

Les pompiers ont procédé à des opérations d'évacuation et de sauvetage, certains locataires étant coincés sur leur balcon. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Hugo Therrien
Devant l’aréna, certaines familles ont fait état de leur situation personnelle.
Ils nous ont passé un peu d’argent pour les vêtements, la nourriture et tout, a raconté une jeune fille accompagnée de ses parents.
Ils vont nous chercher une maison, a-t-elle dit, en faisant référence à un hébergement d’urgence. A-t-elle hâte de pouvoir rentrer à la maison? Je ne pense pas qu’on va y retourner, parce qu’il y avait beaucoup de dégâts.
La centaine de sinistrés dans le besoin pourront compter sur l’aide de la Croix-Rouge pour les 72 heures suivant l’incendie, y compris l’hébergement d’urgence à l’hôtel.
Pour la suite, il s’agira de voir avec le propriétaire quelles sont les possibilités, a expliqué Martin Guilbeault, chef de division pour le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).
Les locataires devront toutefois prendre leur mal en patience avant de retourner habiter dans leur chez-soi. Naturellement, pour le moment, le bâtiment n'est pas accessible, n’est pas habitable, a précisé M. Guilbeault.

La Croix-Rouge offre une assistance d'urgence pour les 72 heures qui suivent un sinistre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sarah Law
C’est vraiment difficile. Moi, je suis diabétique, j'ai mon insuline à la maison, s'est désolé un autre sinistré de l’incendie.
Pour l'hôtel, on a juste trois jours. Après ces trois jours, où doit-on aller? se demandait-il.
M. Guilbeault a toutefois rappelé la chance des locataires dans leur malchance. Il y a seulement trois personnes qui ont été transportées à l'hôpital pour une inhalation de fumée mineure, a rappelé le chef de division du SIM. L’incendie n’a blessé aucun des 70 enfants de la garderie située au rez-de-chaussée.
Personne ne se retrouvera à la rue
L’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension s’est d’ailleurs engagé, dans une déclaration transmise par courriel, à soutenir la relocalisation de la garderie afin de permettre aux enfants affectés de retrouver, dans les meilleurs délais, un milieu de garde sécuritaire, stable et réconfortant.
Jeanine Giffa, chargée de communication pour l’arrondissement, a indiqué dans sa déclaration que des équipes ont été mobilisées pour accompagner les personnes sinistrées dans cette épreuve.
Nous mettons tout en œuvre pour leur offrir soutien, écoute et accompagnement, tout en facilitant les échanges entre les différents partenaires et organismes du milieu afin d’accélérer les démarches d’aide dans notre champ d’action, ajoute la déclaration.
Mme Giffa précise que des liens étroits ont également été établis avec l’Office municipal d’habitation de Montréal [OMHM] afin d’appuyer les démarches de recherche de logement. Plusieurs autres organismes spécialisés en relogement ont offert leur aide en guise de solidarité, selon la chargée de communication.
De son côté, le Service d’aide à la recherche de logement (SARL) accompagne les ménages vulnérables en offrant une aide qui varie en fonction de la situation de chaque ménage, selon la déclaration envoyée à Radio-Canada.
Il peut s’agir d’hébergement temporaire, d’aide pour remplir une demande de logement subventionné (si admissible), d’aide à la recherche de logement et de prise en charge temporaire, grâce à un partenaire, d’animaux de compagnie, peut-on lire.
Le SARL, qui collabore avec la Croix-Rouge, assure que personne ne se retrouvera à la rue entre l’hébergement d’urgence coordonné par la Croix-Rouge et l’hébergement temporaire offert par l’OMHM.
Une vague de soutien de la population locale se fait sentir, dit-on, allant jusqu’à des propriétaires privés qui offrent leur assistance au SARL pour trouver des solutions de logements abordables [pour les] personnes touchées.


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